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General Motors va fermer cinq usines aux États-Unis et au Canada, supprimant 14 700 emplois !

Pour une contre-offensive sociale contre les suppressions d’emplois !

Par Jerry White
28 novembre 2018

Les responsables de General Motors ont annoncé hier que le constructeur basé à Détroit allait fermer cinq usines aux États-Unis et au Canada en 2019 et deux autres usines, encore non spécifiées, situées en dehors de l’Amérique du Nord. L’élimination de 14 700 emplois dans la production et chez les cols blancs fait partie d’un plan visant à réduire les coûts de 6,5 milliards de dollars d’ici 2020.

La décision de GM devrait être suivie d’une destruction d’un nombre similaire d’emplois par Ford et d’autres entreprises dans le cadre d’une nouvelle restructuration de l’industrie automobile mondiale. Avec la diminution des ventes de véhicules et les pressions incessantes de Wall Street pour augmenter les marges bénéficiaires, GM cherche à devancer ses concurrents en supprimant des milliers d’emplois, en particulier sur le marché des voitures de tourisme moins rentables.

Pour riposter, les travailleurs de l’automobile devraient préparer un mouvement social, y compris une grève à travers les États-Unis et le Canada, pour défendre tous les emplois et s’opposer à de nouvelles attaques contre les salaires, les avantages et les conditions de travail. Cela nécessitera la formation de comités d’usine de base, indépendants des agences pour l’emploi à bas salaire connues sous les noms des syndicats United Auto Workers (États-Unis) et Unifor (Canada), afin de rassembler les travailleurs de l’automobile et des équipementiers dans l’industrie et à l’échelle internationale.

Usine Lordstown a Cruze

Les usines de Lordstown à Warren, Ohio

Les usines qui seront fermées en 2019 sont les suivantes : l’usine d’assemblage de Detroit-Hamtramck, qui emploie 1500 personnes ; l’usine de montage de Lordstown à Warren, dans l’Ohio, avec 1600 emplois ; et l’usine d’assemblage d’Oshawa, dans la banlieue de Toronto, en Ontario, avec 2 500 emplois. En outre, 645 emplois seront supprimés dans les usines de transmission de Warren, dans la banlieue de Detroit, et dans les installations de Baltimore à White Marsh, dans le Maryland.

GM supprime également les emplois de 8 000 salariés, soit 15 pour cent de ses ingénieurs, concepteurs et autres cols blancs en Amérique du Nord. Ford prévoit également de réduire des postes de salariés, mais n’a pas encore annoncé de nombre.

« Ces démarches augmenteront les bénéfices à long terme et la liquidité potentielle en trésorerie de la société », a déclaré Mary Barra, PDG de GM. Wall Street a célébré les fermetures d’usines en faisant grimper la valeur boursière de l’entreprise de près de 7 pour cent après l’annonce. Le constructeur automobile, qui a enregistré une hausse de 37 pour cent de ses bénéfices d’exploitation en Amérique du Nord au troisième trimestre, est embarqué dans un programme de deux ans de rachat d’actions à tout-va et la distribution de dividendes aux riches investisseurs à la hauteur de 10 milliards de dollars.

Les fermetures vont avoir un effet dévastateur sur les communautés déjà touchées par des décennies de fermeture d’usines et de licenciements collectifs. L’usine de Detroit-Hamtramck, ouverte en 1985, est l’une des rares usines d’automobiles restantes dans la ville anciennement connue comme Motor City, maintenant la grande ville la plus pauvre du pays. L’usine de l’Ohio est située juste à l’extérieur de Youngstown, une ancienne ville sidérurgique où 59,2 pour cent des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté officiel. Après des années de fermeture d’usines dans « Autoplex » à Oshawa, un enfant sur quatre grandit dans la pauvreté.

Ce dernier assaut sur les travailleurs de l’automobile est facilité par les syndicats de l’UAW et Unifor, qui collaborent depuis des décennies avec les constructeurs automobiles pour réduire les emplois, réduire les salaires et supprimer les avantages sociaux. Ils travaillent pour bloquer toute tentative des travailleurs de résister à l’attaque, tout en préparant une nouvelle série de concessions et d’abandon des acquis des conditions de travail.

Les travailleurs de l’usine d’Oshawa ont débrayé lundi, exprimant leur indignation devant les mensonges sans fin de l’entreprise et des syndicats. Le président d’Unifor à l’usine, Greg Moffat, a demandé aux travailleurs en grève de reprendre le travail mardi en déclarant : « Nous reprendrons le travail demain et vous allez construire les meilleurs véhicules que vous puissiez fabriquer. »

L’UAW et Unifor ont signé des accords salariaux au rabais en 2015 et 2016 face à une opposition généralisée, affirmant que l’offensive de plus contre les salaires et les avantages sociaux « sauverait des emplois ». Le président national d’Unifor, Jerry Dias, a déclaré aux travailleurs en colère en 2016 : « L’engagement envers Oshawa se chiffre en des millions de dollars, notre crainte d’une fermeture en 2019 est donc surmontée. » C’était un mensonge.

En 2015, l’UAW a réussi à faire passer ses accords en faveur de l’entreprise par une combinaison de menaces, d’intimidation et de fraude, notamment en annulant le vote « non » des ouvriers qualifiés de GM.

Ce ne sont pas des organisations de travailleurs, mais des antennes du patronat employant des cadres supérieurs dotés de revenus leur permettant de figurer dans les 5 pour cent les plus riches de la population. Selon la déclaration déposée de l’UAW auprès du ministère du travail américain, son actif s’élève à plus d’un milliard de dollars. Tandis qu’il collecte 175 millions de dollars de cotisations auprès des travailleurs, 75 millions de dollars ont été dépensés pour les cadres et le personnel et 2,7 millions de dollars en indemnités de grève.

L’UAW a également indiqué avoir reçu 6,2 millions de dollars en 2017 provenant des centres de formation gérés par GM, Ford et Fiat Chrysler. Depuis le début des années 80, ces combines corporatistes ont permis à l’UAW d’obtenir des milliards de dollars de dessous de table. Cela inclut les millions de dollars de pots-de-vin aux dirigeants de l’UAW qui ont signé les accords de 2007, 2009 et 2015. Ces accords ont considérablement réduit les coûts de main-d’œuvre en établissant un système de salaires et d’avantages sociaux à deux rangs et en accélérant le remplacement des travailleurs permanents à temps plein mieux rémunérés par des travailleurs à temps partiel temporaires.

Travailleurs Lordstown

Les travailleurs de Lordstown lors du dernier jour de travail en juin de la deuxième équipe

Dans une déclaration de l’UAW, Terry Dittes, qui négociera l’accord en 2019, a fanfaronné que l’UAW s’opposerait aux licenciements « par toutes les voies légales, contractuelles et de négociation collective qui s’offrent à nos membres ». En fait, le seul « combat » que l’UAW et Unifor aient l’intention de mener est celui contre les travailleurs de la base qui résistent à la conspiration syndicats-patronat pour imposer de nouvelles régressions plus dévastatrices des conditions de travail.

Cela comprend le maintien de l’épée de Damoclès de fermetures au-dessus de la tête des travailleurs afin de faire passer des accords de « sauvegarde des usines » qui créeront un précédent pour une nouvelle phase d’attaques. Selon le Wall Street Journal, « Un porte-parole de GM a déclaré que les usines du Michigan et de l’Ohio tourneront au ralenti et que leur sort serait évoqué l’année prochaine lors de la négociation par la société d’un nouvel accord de quatre ans avec l’UAW ». Pour « d’avantage améliorer les performances de l’entreprise », a déclaré le communiqué, GM « poursuivra ses efforts pour améliorer les autres coûts de fabrication, la productivité et la compétitivité des salaires et des avantages ».

Dans leurs efforts pour réprimer l’opposition des travailleurs, l’UAW et Unifor ont recours à la promotion du poison nationaliste. Gardant délibérément le silence sur la fermeture de l’usine d’Oshawa au Canada, le président de l’UAW, Gary Jones, s’est fait l’écho de la diatribe nationaliste de Trump en appelant les « consommateurs patriotes » à se joindre à l’UAW pour « dire “non” aux entreprises américaines qui choisissent des travailleurs étrangers aux dépens des travailleurs américains. »

L’UAW et Unifor crachent depuis longtemps des saletés nationalistes et racistes pour diviser les travailleurs et justifier leur « partenariat » avec les entreprises automobiles. Les ennemis des travailleurs de l’automobile américains et canadiens ne sont pas les travailleurs en Asie, en Amérique latine, en Europe ou ailleurs, mais les sociétés automobiles mondiales et les banques et institutions financières géantes, qui s’en prennent aux travailleurs du monde entier.

La nouvelle série de fermetures en Amérique du Nord fait suite à l’annonce par GM de la fermeture prévue de son usine de montage à Gunsan, en Corée ; la vente de ses opérations européennes Opel et Vauxhall au constructeur automobile français PSA ; et la fermeture de ses usines en Australie et en Afrique du Sud.

***PHOTO***

Des travailleurs quittant l’usine de Detroit avant la suppression de la deuxième équipe en mars 2017

Seule une contre-offensive internationale coordonnée par les travailleurs peut combattre les géants mondiaux de l’automobile et le système de profit capitaliste. GM met en œuvre une stratégie soutenue par la classe dirigeante et ses instruments politiques, les Partis démocrate et républicain, pour transférer des richesses de la classe ouvrière vers les marchés financiers et les poches des élites patronales et financières.

Il faut travailler à constituer de nouvelles organisations de lutte, des comités d’usine de base, indépendants de l’UAW et d’Unifor. Ces comités constitueront la base d’une contre-offensive sociale visant à défendre les emplois et le niveau de vie et à inverser les niveaux grotesques d’inégalité sociale créés par le système d’exploitation capitaliste.

Cela doit être associé à une nouvelle stratégie politique pour la classe ouvrière fondée sur l’unité internationale des travailleurs et la lutte pour le socialisme, qui comprendrait la transformation des sociétés géantes, y compris GM, en entreprises publiques, collectivement détenues par les travailleurs et contrôlée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes.

 

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