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Bure : des militantEs anti-nucléaire jugéEs pour « association de malfaiteurs » !

Par Paul Conge

Du 1er au 3 juin, sept opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure, dans le Meuse, sont jugés à Bar-le-Duc pour des dégradations et l’organisation de manifestation non-déclarées. L’enquête avait été marquée par des opérations de surveillance massives.

Cela fait trois ans qu’ils n’ont pas pu se voir, se parler, ni même se trouver dans la même pièce. Sept opposants au projet de centre industriel de stockage géologique de déchets radioactifs (Cigéo) à Bure (Meuse), sont de nouveau côte à côte au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, où ils sont jugés, du 1er au 3 juin, pour « association de malfaiteurs ». À ces anciens occupants de la zone à défendre (ZAD) de Bois-Lejuc, la justice reproche des « destructions, dégradations ou détériorations de bien par substance explosive » mais aussi l’organisation d’une manifestation non-déclarée, le 15 août 2017. Ces trois hommes et quatre femmes, âgés de 28 à 48 ans, avaient été placés sous contrôle judiciaire strict leur interdisant de se voir. Presque tous encourent dix ans de réclusion.

DÉCHETS RADIOACTIFS POUR PLUS DE 1 000 ANS

Pendant les « journées anti-nucléaires », en 2017, les choses avaient tourné au vinaigre dans les environs de Bois-Lejuc, foyer de la protestation antinucléaire en France. Car c’est là, à 500 mètres sous terre, que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entend enfouir d’ici 2035 plus de 85.000 mètres cubes des rebuts les plus dangereux de l’industrie atomique. Dont certains produiront un rayonnement radioactif pendant plus de 1 000 ans.

C’est aussi là que la contestation a bouillonné. Le tribunal doit ainsi se pencher sur une série de débordements survenus au cours de l’année. Dans la nuit du 16 au 17 février 2017, une quarantaine de personnes, visage dissimulé, attaquent le site de l’« écothèque » de l’Andra. Des projectiles sont ensuite tirés sur une voiture de gendarmerie. Puis, le 12 juin au matin, une trentaine de personnes font intrusion dans l’hôtel-restaurant Le Blindeuil, situé près du laboratoire d’enfouissement, et tentent d’y mettre le feu. Enfin, le 15 août, une manifestation baptisée « Bure’s Zombie Walk », rassemblant plus de 150 personnes encagoulées et masquées, vire à la bataille rangée avec les gendarmes. Dans un champ de la commune voisine de Saudron (Haute-Marne), les pandores sont cibles « de jets de pierres, de bouteilles incendiaires et de feux de Bengale », selon un commandant du peloton d’intervention entendu par le juge d’instruction. Il y a eu deux blessés dans leurs rangs. Quatre côté manifestants.

SURVEILLANCE MASSIVE

Un mois plus tard, le 20 septembre 2017, la base arrière du mouvement, la « Maison de la résistance », composée d’un bâtiment et de six caravanes, est perquisitionnée. Les enquêteurs y découvrent « des pétards artisanaux, des tubes mortiers (…) 25 casques noirs, des boucliers rectangulaires artisanaux », entre autres masses et bouteilles incendiaires. Des documents d’identité sont également saisis. L’expulsion du Bois-Lejuc, le 22 février 2018, occasionne enfin la saisie d’autres engins incendiaires.

Pour tenter d’identifier les opposants cagoulés, mais aussi d’établir leur organigramme, les gendarmes dégainent de gros moyens. Plus de 85.000 interceptions téléphoniques, prises de vues en hélicoptères, utilisation de la technologie de la cellule criminelle Anacrym, leur permettant d’accéder à des techniques d’analyse ordinairement réservées à l’élucidation des crimes les plus graves… Des écoutes retranscrivent, entre autres, des échanges téléphoniques entre différentes personnes situées sur la « barricade nord » et la « barricade sud » à Bois-Lejuc, alors que des affrontements avaient lieu avec les forces de l’ordre. Mais, malgré le déploiement de tels moyens de surveillance, aucun des responsables des dégradations à l’hôtel-restaurant, ni aucun des émeutiers de la manifestation d’août 2017, n’a pu être formellement identifié. La plupart des prévenus nient les faits dont on les accuse et ont gardé le silence en garde à vue.

DES « SABOTAGES OCCULTES »

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, le juge d’instruction Kévin Le Fur pointe toutefois l’« influence significative » de trois prévenus sur le groupe antinucléaire de Bure. Parmi eux : Joël D., 38 ans, co-président de l’association Bure Zone Libre et gérant de la « Maison de la résistance », désigné comme une personnalité « incontournable ». Ce dernier a déploré dans une lettre la « cruelle impréparation » de la manifestation du 15 août. « Ces difficultés ne sauraient à elles seules mettre à néant l’organisation, certes incomplète mais existante, intervenue en amont de cette manifestation », fait valoir le magistrat. À ses yeux, ce rassemblement avait pour but de commettre des violences et notamment des « sabotages occultes ».

Deux autres prévenus, Angélique H., 46 ans, une militante anti-nucléaire de longue date, et Florian L. M, 32 ans, qui portait un talkie-walkie le jour de la manifestation, sont suspectés d’avoir quant à eux participé à des « réunions préparatoires ». Leur présence à l’hôtel-restaurant dégradé n’a pas pu être établie. Le jugement pourrait être connu dans la semaine. Ou renvoyé à plus tard. 

Procès des opposant-es à l’enfouissement des déchets nucléaires : exigeons la relaxe des qualifiés de « malfaiteurs »

En juin, cela fera 4 années que les portes des opposant.e.s au projet CIGEO d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure ont volé en éclat sous les coups de boutoir d’une instruction pour « association de malfaiteurs ». Vingt domiciles perquisitionnés, dix militants et militantes interdits de se voir pendant 2 ans et demi, 100 téléphones placés sous écoute, 16 années cumulées de communications enregistrées, des balises posées sous des voitures, un escadron de gendarmes mobiles harcelant les habitants et habitantes au quotidien… Cette scandaleuse traque d’Etat a tenté de paralyser ce mouvement de lutte vieux de 30 ans contre le plus gros projet industriel européen, dont les risques sont connus. 100 organisations locales et collectifs dont le CAN84 ont signé ce mercredi 12 mai 2021  une tribune de solidarité qui paraît simultanément dans les médiasPlus de 250 signataires expliquent en quoi ce qui se joue à Bure nous concerne, tous et toutes, et demandent la relaxe des mis en examen dont le procès s’ouvre le 1er juin prochain.

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(tribune parue simultanément dans les médias ReporterreBastamagMediapartPolitisLundi Matin,, TerrestresContretemps et Libération.)

Le 1er, 2 et 3 juin se tiendra le procès des inculpé.e.s « malfaiteurs » de Bure. Nous, universitaires, artistes, autrices, journalistes, syndicalistes, enseignant.e.s, agriculteurs.ices, éditeurs, musicien.ne.s, humoristes, auteurs de bande dessinées, activistes, comédien.ne.s, réalisatrices, architectes, scientifiques, élu.e.s, ami.e.s, affirmons notre profonde solidarité.

Bure nous concerne toutes et tous parce que c’est un des laboratoires de la généralisation de l’autoritarisme en France – depuis les quartiers populaires jusqu’aux luttes écologistes en passant par les gilets jaunes. Le 1er juin sera le procès de l’autoritarisme et de « l’association de malfaiteurs », dispositif pénal hérité des lois scélérates et de l’antiterrorisme qui dote les autorités de moyens de surveillance colossaux pour paralyser toute forme d’organisation collective.


Bure nous concerne toutes et tous, parce que le projet CIGEO est indispensable à la relance de la filière nucléaire française. Cette industrie est à un moment charnière et joue son va-tout pour obtenir la construction de 6 nouveaux EPRs, alors que les vieilles centrales rafistolées sont plus dangereuses que jamais, que ses coûts explosent, que les déchets débordent. Le 1er juin sera le procès de l’énergie nucléaire, qui se prétend meilleure alliée du climat mais s’impose depuis des décennies dans un déni total de démocratie et verrouille toute transformation profonde de nos systèmes énergétiques.

Bure nous concerne toutes et tous, parce que c’est un territoire emblématique de toute la résilience et la résistance qu’il nous faut conjuguer pour fabriquer dès maintenant des mondes désirables sans attendre un hypothétique « monde d’après ». A Bure, il n’y a pas eu besoin d’attendre la pandémie de Covid-19 : la catastrophe agroindustrielle et écologique menace de transformer la région en désert social. Le 1er juin sera le procès d’un système capitaliste et productiviste de plus en plus irrespirable qui sacrifie les vies et les territoires au nom du profit.

Bure nous concerne toutes et tous, parce qu’en dépit de la répression énorme, cette lutte où se mêlent plusieurs générations est l’un des foyers vitaux où s’allient des manières d’habiter un territoire contre une industrie mortifère, de reprendre en main nos conditions d’existence et d’inventer des relations libérées des rapports de domination. La lutte pour des vies dignes et heureuses se joue aussi, singulièrement, à Bure.

Si lutter à Bure de multiples manières équivaut à faire partie d’une « association de malfaiteurs », si se sentir touché.e.s par ce qui se joue au sein de ce territoire en lutte est suspect, alors : nous sommes toutes et tous des malfaiteurs !

Nous sommes solidaires des sept prévenu.e.s de Bure et nous en demandons la relaxe. Nous demandons l’abandon du projet CIGEO.

Tribune toujours ouverte aux signatures de personnalités en signant ICI : https://framaforms.org/signer-la-tribune-au-proces-de-bure-nous-sommes-toutes-des-malfaiteurs-1620064378 ou envoyer un mail à l’adresse tribunesoutienbure@riseup.net en précisant [Prénom Nom Fonction] dans l’objet du mail, merci !
https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org/tribune-au-proces-des-malfaiteurs/

LES SIGNATAIRES (mis à jour au fur et à mesure)

Corinne Morel-Darleux, écrivaine et conseillère régionale . Geneviève Azam, économiste . Pablo Servigne, auteur et chercheur in-Terre-dépendant . Alain Damasio, écrivain . Eric Beynel, syndicaliste . Jérôme Baschet, historien . Isabelle Frémeaux, activiste et artiste . John Jordan, activiste et artiste . Christophe Bonneuil, historien . Miguel Benasayag, philosophe . David Dufresne, journaliste . Étienne Davodeau, auteur de bande dessinée . Guillaume Meurice, humoriste . Yves Cochet, ancien ministre de l’environnement . Alessandro Pignocchi, auteur de BD . Jean-Marc Rochette, auteur de bande-dessinée et peintre . Jules Falquet, sociologue . Adel Tincelin, fée atomique . Elsa Dorlin, philosophe . Nathalie Quintane, écrivain . François Jarrige, historien . Isabelle Stengers, philosophe . Bénédicte Zitouni, sociologue . Marie Toussaint, députée européenne EELV . David Cormand, député européen EELV . Julien Bayou, secrétaire national d’EELV . Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EELV . Alain Coulombel, porte-parole d’EELV . Jean-Luc Mélenchon, député LFI . Mathilde Pannot, députée LFI . Christine Poupin, porte-parole du NPA . Thierry Bonnamour et Xavier Fromont, porte-paroles Confédération Paysanne Auvergne-Rhône-Alpes . Elie Lambert, secrétaire national Union syndicale Solidaires . Julie Ferrua, secrétaire nationale Union syndicale Solidaires . Franck Gaudichaud, historien . Ali Boulayoune, enseignant-chercheur . Hugues Jallon, président des éditions du Seuil . Rémy Toulouse, éditeur . Nicolas Haeringer, chargé de campagne de 350.org . Odile Hélier, anthropologue . Matthieu Rigouste, associé . Les Ogres de Barback, groupe de musique . HK, chanteur . Danakil, groupe de musique . Antoine Back, adjoint au Maire de Grenoble . Maxime Combes, économiste . Camille Louis, philosophe et dramaturge . Sezin Topçu, chercheuse . Dominique Bourg, philosophe . Ludivine Bantigny, historienne . Renda Belmallem, militante . Fanny Madeline, historienne . Claire Tatin, réalisatrice . Jean Gadrey, économiste . Frank Barat, journaliste . Michel Kokoreff, professeur des universités . Alexis Zimmer, enseignant-chercheur . Michèle Rivasi, députée européenne . Flore Roumens, éditrice . Frank Bergeron, dessinateur et éditeur . Josep Rafanell i Orra, psychologue, écrivain  . Vincent Verzat, vidéaste-activiste . Florent Massot, éditeur . Johan Badour, éditeur . Sophie Gosselin, philosophe . Serge Quadruppani, écrivain et traducteur . Alèssi Dell’Umbria, auteur-réalisateur . Yves Frémion, ancien député européen . Laure Noualhat, réalisatrice et auteure . Catherine Zambon, autrice . Amélie Mougey, rédactrice en chef de La Revue Dessinée Inès Léraud, journaliste . Morgan Large, journaliste . Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS . Isabelle Cambourakis, éditrice . Leïa Barkaoui, artiste . Julie Gorecki, universitaire et militante écologique et féministe . Juliette Rousseau, autrice, journaliste, éditrice . Monique Dental, présidente réseau féministe Ruptures . Oristelle Bonis, éditrice Editions iXe . David Gé Bartoli, philosophe . Xavier Mathieu, comédien . Camille de Toledo, auteur . Roland Desbordes, physicien . Karine Parrot, enseignante-chercheuse . Christian Mahieux, syndicaliste . François Cusset, écrivain . Francine Bavay, conseillère régionale honoraire . Paul Poulain, spécialiste des risques et des impacts industriels . Gauthier Chapelle, chercheur in-Terre-dépendant . Aurélien Gabriel Cohen, doctorant et membre de la revue Terrestres . Emmanuel Lepage, auteur de bandes dessinées . Camille Besombes, épidémiologiste . Sara Aguiton, sociologue . Jean-Marc Salmon, chercheur en sciences sociales . François Chesnais, économiste . Benoit Rougelot, architecte du vivant . Florence Cerbaï, conseillère régionale . Tancrède Ramonet, réalisateur et chanteur . Pierre Khalfa, Fondation Copernic . Emilie Hache, philosophe . Christiane Vollaire, philosophe . Odile Hélier, anthropologue . Leyla Dakhli, historienne . Marie-Pierre Vieu, journaliste et editrice . Alessandro Stella, directeur de recherche au CNRS . Emmanuel Dockès, professeur de droit, université Lyon 2 . Michèle Riot-Sarcey, historienne . Bertrand Berche, universitaire . Isabelle Krzywkowski, universitaire, syndicaliste . Fabrice Flipo, professeur . Marnix Dressen-Vagne, enseignant-chercheur émérite . Laurent Jeanpierre, politiste . Alice Canabate, sociologue, vice-présidente de la Fondation d’Ecologie politique . Georges Menahem, directeur de recherche au CNRS . Jean-Marie Harribey, économiste . Bruno Alonso, chercheur CNRS . Mathilde Larrère, historienne . Jacques Testard, biologiste . Helène Gaudy, écrivaine . Pacôme Delva, physicien . Fabrice Capizzano, écrivain . Stéphane Trouille, réalisateur . Yannis Youlountas, réalisateur . Gwen de Bonneval, auteur de bande dessinée . Gilles Kuntz, ancien adjoint à Grenoble . Frédéric Boone, chercheur . Jean Rochard, producteur de musique . Françoise Boireaud, animatrice d’un espace culturel . Corinne Iehl, sociologue . Gilles Martinet, géographe . Luc Chelly, auteur . Olivier Royer, conseiller fédéral EELV . Matthieu Goeury, coordinateur artistique Centre d’Arts Vooruit . Gaëtan Dorémus,  illustrateur . Julie Maurel, militante . Anne-Sophie Trujillo Gauchez, entrepreneuse en SCOP . Efflamm Omnes, assistant Pédagogique . Marianne Fischman, professeure de SES, militante féministe . Estelle Bardin, professeure . Olivier Piazza, enseignant à l’université . Jean-Luc Kop, enseignant-chercheur . Danielle Moyse, professeur de philosophie . Frédérique Muller, chargée de projet culturel . Laure Plassard, enseignante . Frédéric Delarue, historien . Bénédicte Thevenot, enseignante . Alain Dutech, chercheur INRA . Jean Malifaud, maitre de conférences . Delphine Grenez, professeur . Josyane Ronchail, géographe . Cécile Veillard, Enseignante . Bertrand Berche, universitaire . Marion gentilhomme, éditrice . Clément Cordier, enseignant . Gaël Leveugle , artiste . Luc Quinton, plasticien . Michel Simonin, professeur . Marie Baudry, enseignante . Vincent Lhuillier, enseignant-chercheur . Daniel Juteau, chercheur . Laurent Walin, enseignant . Antonin Boniface, professeur des écoles . Roland Pavot, blogueur . Michelle Lecolle, universitaire . Isabelle Dubois-Ferté, enseignante . Valerie Schwob, enseignante . Laetitia bonnet, enseignante . Julien O’Miel, maître de conférences en science politique . Corinne Dumoulard, Conseillère principale d’éducation . Francis Landron, citoyen . Laure Vieu, linguiste et informaticienne . Montserrata Comas, professeure d’espagnol paris . Nourredire Bounechada, enseignant . Thomas Metzinger, professeur des écoles . Hélène Conjeaud, chercheuse . Philippe Boursier, enseignant. Carole Teyssedou, enseignante . Jean-Manuel Traimond, écrivain . Anne Cheviron, enseignante . Sylvie Mellon, enseignante . Géraldine Paumier, université Sorbonne . Daniel Lartichaux, professeur documentaliste . Magali Jacquemin, professeure des écoles . Cécile Cée, artiste . Vincent Delmas, agriculteur syndicaliste . Anne-Lise Vallas, artiste du spectacle

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Cette entrée a été publiée le 15 juin 2021 par dans ANTINUCLEAIRE, BURE, CONTESTATIONS et REVOLTES, ETAT POLICIER, FRANCE.
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