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Européennes 2024 : quels sont les lobbies les plus puissants au Parlement européen ?

Dans moins d’un mois, vous serez amené à voter, dans le cadre des élections européennes, pour les députés chargés d’examiner nombre de lois aux conséquences importantes sur votre quotidien. Des lois sur lesquelles les lobbyistes tentent de peser de tout leur poids. Mais qui sont-ils exactement ?

© Capital Adobe Stock – Après les géants de la tech, l’industrie pharmaceutique arrive en deuxième position des secteurs injectant le plus d’argent à Bruxelles, avec le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, qui a dépensé 6 millions d’euros en 2023, selon lobby facts.

Par Sarah Younan Journaliste Business

Ils murmurent à l’oreille des politiques et des parlementaires. Les groupes d’influences ou lobbies agissent depuis l’échelle locale jusqu’aux instances internationales. A Bruxelles, l’un des lieux de travail du Parlement européen, environ 12 417 de structures de lobbying sont installées. Ce qui en fait la deuxième ville accueillant le plus de monde après Washington. Et leur nombre ne cesse de croître d’année en année. En 2019, ils étaient 11 826 à être inscrits au registre européen de la transparence, une base de données répertoriant les organisations qui cherchent à influencer le processus législatif.

Concrètement, le travail des lobbyistes consiste à se rendre au Parlement européen afin de rencontrer des députés pour leur exposer leur point de vue. Leur but : convaincre les élus de suivre l’intérêt défendu par le lobby. Pour cela, tous les moyens sont bons. Certains invitent à dîner, offrent des cadeaux, des voyages… Plus le lobby dépense, plus il a d’influence. Cinq secteurs en particulier mènent la danse à Bruxelles et disposent de budgets colossaux (lire ci-dessous) pour vendre leurs intérêts économiques et bien sûr politiques.

Une influence qui vaut des millions d’euros

Les lobbies les plus actifs à Bruxelles ne sont pas des ONG, des think tank ou encore des communautés religieuses. Car pour réussir à convaincre les 705 députés du Parlement européen, les membres de la Commission et les ministres du Conseil, il ne suffit pas de leur faire les yeux doux. Il faut avoir les moyens financiers de déployer à l’année des escadrons de collaborateurs capables de suivre au jour le jour ce qui se trame au sein des institutions européennes. Et qui peut se permettre de dépenser des sommes astronomiques ? Les multinationales. Parmi celles dont l’activité de lobbying est la plus puissante, environ 20% sont originaires des Etats-Unis, tandis que la Chine ne représente que 1% des activités de lobbying à Bruxelles, selon le site lobby facts qui analyse les données issues du registre européen de la transparence.

Des entreprises américaines représentées par un secteur en particulier depuis quelques années : la tech. En 2023, l’ensemble des sociétés de la tech américaine ont dépensé 113 millions d’euros en activités de lobbying, toujours d’après les données recueillies par le site lobby facts.

Avec 8 millions d’euros de budget annuel, Meta (Facebook, Instagram, Threads) est le groupe qui dépense le plus en lobbying à Bruxelles, suivi d’une partie des autres GAFAM. Apple alloue 7 millions d’euros au lobbying à Bruxelles, Google, 5,5 millions et Microsoft, 5 millions d’euros. Le secteur de la tech n’a pas toujours tenu la première place dans ce domaine. Il y a seulement cinq ans, seul Google faisait partie du top 10 des entreprises dépensant le plus d’argent en lobbying au Parlement européen. Cette montée en puissance des géants du web s’analyse comme une réaction à la volonté de Bruxelles, ces dernières années, de réguler et encadrer les services numériques (DSA), les marchés numériques (DMA) ou encore dernièrement les systèmes d’exploitations d’intelligence artificielle.

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Cette entrée a été publiée le 16 Mai 2024 par dans anticapitalisme.