Il est loin le temps où les grands-mères et les grands-pères étaient des personnes
respectables et respectées, écoutées, dont la parole comptait. Non seulement aujourd’hui ils ont
disparu du paysage urbain conçu pour une frange de population en possession de tous ses moyens
physiques et financiers, ceux qu’on appelle les actifs, comme si par opposition les retraitées et les
retraités n’étaient que des passifs, mais par dessus le marché on leur met sur le dos la responsabilité
de la mauvaise situation économique de la france, la dette, le déficit, voire le chômage des jeunes.
Et comme si ça ne suffisait pas, totalement irresponsables, ils n’ont rien fait contre le réchauffement
climatique. Rendez-vous compte, dès le lendemain de la fin de la guerre, selon la théorie fumeuse
de l’économiste libéral Jean Fourastié auteur de l’invention des « Trente Glorieuses », nos grands-
pères et nos grands-mères se sont éclatés, ont dépensé sans compter, sans se soucier de leur
descendance. Tout viendrait de là. Cette théorie fumeuse est enfourchée et amplifiée par la droite et
la gauche institutionnelles. Aux travailleurs immigrés, aux allocataires du RSA, aux chômeurs, et
bien d’autres, vient donc aujourd’hui s’ajouter un nouveau bouc émissaire, les retraité(e)s qui ont
thésaurisé toute leur vie, assis(es) sur leur patrimoine immobilier, sillonnant la France en camping-
car, jouant au golf… Qui peut croire ça ? Jeter en pature une catégorie de population, diviser,
opposer, mentir, n’a d’autre objectif que de justifier des réformes rétrogrades pour les retraité(e)s
comme pour les actifs. Vieillir n’est pas une sinécure, s’en prendre aux personnes vulnérables est
déshonorant pour les auteurs de cette politique. Les retraité(e)s, les personnes âgées en perte
d’autonomie ou pas, les grands-parents, ne souhaitent qu’une chose, finir leurs vieux jours
tranquilles, qu’on leur foute la paix !
Des nouvelles du Conseil départemental du Loiret
Il vient de voter le 30 janvier une délibération prévoyant la création de places de repli temporaires
au sein de trois MARPA (Ervauville, Nesploy et Corbeilles-en-Gâtinais, seule sur la CC4V). Les
MARPA (maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie) accueillent généralement des
résidents autonomes ou peu dépendants. Le but pour le Conseil départemental est d’offrir aux
aidants familiaux un répit en plaçant temporairement un parent dépendant dans ces structures. Cette
délibération s’inscrit dans le cadre du projet de l’EPNAK en lieu et place de l’EHPAD les
Hirondelles à Dordives fermé. L’EPNAK a été choisi en octobre 2024 pour se substituer aux
Hirondelles mais le moins qu’on puisse dire malgré les propos rassurants du président du
département et de son adjoint Christian Braux le projet a du mal à décoller. L’EPNAK a du mal à
recruter et n’a toujours pas trouvé de médecin, il s’est donc tourné vaers le CHAM pour conclure un
partenariat. Pas difficile de comprendre que tout ce que fait l’EPNAK l’EHPAD de Dordives pouvait
le faire pour deux fois plus de personnes âgées, mais que tout ce que faisait l’EHPAD l’EPNAK ne
peut pas le faire. Et en premier lieu une présence permanente de jour comme de nuit.
Oui il faut essayer de maintenir à domicile les personnes âgées dépendantes qui le souhaitent, mais
ce doit être un choix, pas par défaut parce qu’il n’existe pas de structures médicalisées pour les
accueillir, sinon il s’agit d’une contrainte, avec isolement social, nuits seules en attendant le passage
des aides à domicile ou personnel soignant. Quant aux aidants, c’est à dire essentiellement la
famille, ils sont souvent loin, partis faire leur vie ailleurs, vieillissants aussi, pas forcément
disponibles et en bonne santé, cela est une réalité de terrain. Le Conseil départemental explique qu’il
ne fait que répondre au souhait de 85 % des personnes âgées de rester à leur domicile, comme si
c’était une découverte alors que ce pourcentage est une constante soulignée par un rapport de l’IGAS
(Inspection Générale des Affaires Sociales) de 2024 sur le maintien à domicile et les risques qu’il
comporte. La délibération a été votée par la totalité du Conseil départemental, majorité et
opposition, et une abstention. Mais que connaissent les conseillers départementaux de la réalité de
la situation sur la CC4V ? Que la majorité vote pour on peut aisément le comprendre, mais
l’opposition ? Est-elle au courant du vent de fronde des vingt maires de la CC4V qui réclament un
nouvel établissement médicalisé pour accueillir les personnes âgées en grande dépendance ? On en
est rendu à cette situation absurde où l’EHPAD de Dordives accueillait des résidents du département
voisin la Seine et Marne et où maintenant ce sont des Dordivoises et des Dordivois qui sont
accueilli(e)s dans des EHPAD de Seine et Marne faute de place sur la CC4V qui ne compte aucun
EHPAD public et où le privé est inabordable financièrement. Contrairement aux affirmations du
président du département et de son adjoint zélé, le modèle des EHPAD n’est pas dépassé, encore une
affirmation sans fondement, il correspond à un besoin à un moment où les maladies neuro
dégénératives type Alzheimer sont en forte augmentation, l’EHPAD de Dordives comptait douze
places permanentes en PASA (pôle d’accueil spécialisé Alzheimer) jamais l’EPNAK ne pourra les
suppléer, où iront les personnes concernées, comment se fera leur prise en charge, le Conseil
départemental n’y répond pas. Son credo c’est le maintien à domicile quels que soient les maux dont
sont atteintes les personnes âgées. Aux familles de se débrouiller et de s’épuiser pour se muer en
aidants, quand il y a des aidants. Car la famille proche ne l’est plus tant que ça au sens de proximité
géographique, partis souvent loin faire leur vie ailleurs, vieillissants aussi, pas forcément
disponibles, une réalité non prise en compte.
Le Conseil départemental ce sont 42 membres en binôme qui représentent 21 cantons et parmi eux
4 socialistes, 1 EELV, un communiste, un seul représentant du canton de Courtenay qui englobe
Dordives et les communes de la CC4V, Frédéric Nayraud, binôme de Corinne Melzassard,
estampillée Centre droite. Autant dire que Marc Gaudet, président du département joue sur du
velours avec 36 membres acquis du Centre ou de droite. Pas étonnant donc que le sort de l’EHPAD
à Dordives où la plupart n’ont sans doute jamais mis les pieds soit le cadet de leurs soucis. Ce sont
pourtant eux qui votent pour l’avenir des personnes âgées sur la CC4V sur simple demande et
présentation du président du département, une formalité pour lui. Mais la démocratie
représentative en prend un coup, comment peuvent-ils prétendre représenter les personnes âgées
dépendantes et prendre des décisions pour elles en toute connaissance de cause ?
Malheureusement au Conseil départemental de droite vient s’ajouter le mauvais cheval pour lequel
sur lequel ont parié les électeurs de la quatrième circonscription du Loiret, Thomas Ménagé, député
du RN. Sous ses faux airs de gendre idéal, son abattage est inversement proportionnel en aide aux
électeurs de sa circonscription qu’il est présent sur le terrain. Il s’est invité à chaque cérémonie des
vœux de tous les maires de la CC4V, toujours bien en vue sur les photos. Ne manquant pas de culot
il marque à la culotte la moindre réunion des maires et/ou du collectif Santé Est Loiret pour
réclamer un EHPAD sur la CC4V. Sans en informer le collectif montargois, il a même organisé et
obtenu une conférence en visio avec Stéphanie Rist, la ministre de la santé, et des maires. Ce ne
serait pas si grave s’il ne brassait que de l’air, mais par dessus le marché il a un double langage, il
trompe ses électeurs en votant à l’Assemblée nationale des lois qui amputent de 5 milliards d’euros
le montant des dotations accordées aux collectivités locales, ces mêmes collectivités locales qui ont
en gestion les personnes âgées dépendantes et les EHPAD publics, dont le Conseil départemental.
Où était Thomas Ménagé quand est paru l’arrêté de fermeture de l’EHPAD de Dordives ? Pourquoi
n’a-t-il pas saisi le tribunal administratif comme il pouvait le faire ? Pourquoi a-t-il attendu que
l’EHPAD soit fermé pour se manifester ? Thomas Ménagé parle bien, mais à qui fera-t-il croire qu’il
pourra obtenir la création d’un EHPAD sur la CC4V, il ne prend pas fait et cause dans cet objectif, il
l’utilise dans son intérêt, et personne ne doit être dupe
Solidaires 45