27/10 /2012
Depuis la place des Droits de l’Homme à Evry (91), les jeunes majeurs s’adressent à François Hollande.
Monsieur le Président de la République,
Nous sommes comme tous les jeunes, et pourtant, tout nous sépare d’eux : des lois, des lois absurdes et injustes font de nous des transparents, des exclus, des hors-la-loi. Les hasards de notre naissance, pas toujours heureux, ceux de nos courtes vies, font qu’à 18 ans, à l’âge où nos copains s’inscrivent sur les listes électorales, passent leur permis, tombent amoureux, nous nous retrouvons sans papiers, sans avenir, notre jeunesse volée!
Nous vous avons demandé de nous recevoir. En vain. Nous vous avons invité aujourd’hui. Si vous aviez répondu à cette invitation, vous auriez rencontré les anciens lycéens que les gouvernements précédents voulaient expulser et que la solidarité de leurs camarades a sauvé. Vous les auriez entendu témoigner de ce qu’ils sont aujourd’hui, aide-soignante, cadre, plombier, assistante de vie, ingénieur. Français pour beaucoup, parents pour certains … et comme nous, vous auriez été fiers de ce qu’ils sont.
Monsieur le président, vous avez déclaré vouloir faire de la jeunesse une priorité de votre quinquennat. Il faut passer à l’acte. La circulaire que vous préparez doit régulariser les jeunes scolarisés sans papiers. Leur donner une chance, c’est aussi donner la chance à la société de les accueillir. C’est un geste important pour eux. C’est aussi un geste important pour toute la jeunesse, la génération la plus métissée que ce pays ait jamais connue. Les jeunes verront dans cette décision la reconnaissance de ce qu’ils sont.
Nous, lycéens aujourd’hui sans papiers,
Nous adultes jeunes et moins jeunes ayant été lycéens sans papiers, devenus citoyens français pour certains, appelés à le devenir pour d’autres, parents ou futurs parents d’enfants français, membres de plein droit de la société,
Nous, élèves, étudiants, enseignants, parents d’élèves, citoyens engagés, artistes, élus, la multitude qui empêche que ces jeunes soient expulsés.
Nous avons arraché la régularisation de leurs aînés et nous arracherons la leur.
Nous proclamons sur cette place des droits de l’Homme que les jeunes majeurs scolarisés ou qui l’ont été, les mineurs aujourd’hui isolés, tous ces jeunes, quelle que soit leur nationalité actuelle, sont légitimes ici.
Ils y ont leur présent et leur avenir. Ils doivent être régularisés.