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Arcelor, PSA, Petroplus… Exproprions les licencieurs

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Encore une fois, c’est le Medef, par la voix de Laurence Parisot, qui défend le plus clairement les intérêts de sa classe sociale : « Toute notre société est construite sur un principe essentiel, celui du droit de propriété (…) Ébranler ce principe… c’est très grave ».
Côté gouvernement ce sont reculades et aplatissement. Pourtant, tout avait (presque) bien commencé avec Montebourg : « Nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu’ils n’ont pas respecté la France ». Mais bien vite, il s’auto-désavouait, avant d’être enterré par Ayrault et faire mine de démissionner en raison de l’abandon de sa modeste proposition de nationalisation provisoire.
Enfin, l’accord secret entre le gouvernement et Mittal contiendrait non seulement la fermeture de l’alimentation en gaz des hauts-fourneaux (c’est-à-dire leur mort) en mars 2013, mais aussi un deal concernant le maintien de l’activité d’une usine située dans la circonscription d’Ayrault.

Nationalisation des pertes et privatisation des profits
Certes, la nationalisation provisoire du site de Florange n’emportait qu’une adhésion circonspecte des salariéEs du site. Elle n’offrait pas de garantie pour le maintien de l’emploi, mais était perçue par les salariés comme une claque pour Mittal.
Ces doutes se fondent aussi sur la douloureuse expérience des nationalisations dans la sidérurgie. La fermeture de Florange viendrait après une longue liste de suppressions de sites et de d’emplois : 150 000 emplois perdus en un demi-siècle, avec une succession de plans français puis européens. Les chocs pétroliers de 73 et 79 et la fin de l’exploitation du charbon dans le Nord-Pas-de-Calais accélèrent la concentration et le transfert de la sidérurgie lourde vers les sites portuaires de Dunkerque et de Fos. En 1978, Barre, le Premier ministre de l’époque, transforme les dettes en prise de participation de l’État : 22 milliards de francs de fonds publics engloutis et 21 000 emplois supprimés. Mais si la sidérurgie est à l’avant-garde de l’organisation des patrons (les maîtres des Forges, précurseurs de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, actuel pilier du Medef), la résistance ouvrière y est tout aussi traditionnelle. Au printemps 1979, les manifestations tournent à l’émeute à Denain.
En 1981, Mitterand nationalise la sidérurgie, sans que les patrons y perdent un centime. En juin 1982, l’État supprime 12 000 emplois mais quand, moins de deux ans plus tard, Mauroy annonce la suppression de 21 000 emplois supplémentaires, la colère ouvrière monte. Le 4 avril, 150 000 manifestants défilent en Lorraine et, le 13, les syndicats organisent une grande marche des sidérurgistes sur Paris. En nommant, en mai 1984, le secrétaire général de la métallurgie CFDT Jacques Chérèque (père du tout récent ex-secrétaire général de la CFDT) comme préfet pour le redéploiement industriel en Lorraine, Mauroy inaugure le dialogue social et la reconversion négociée. En 1986, Usinor et Sacilor sont fusionnés en une seule entreprise, privatisée par la droite en mars 1995. En 2001, la concentration se poursuit avec la création d’Arcelor, qui rassemble Aceralia, Arbed et Usinor. C’est ce groupe que Mittal acquiert en juin 2006, à l’issue d’une offre publique d’achat. Dix-huit mois plus tard, il ferme l’aciérie de Gandrange malgré la promesse de Sarkozy.
S’opposer au patronat et au gouvernement
Il y a encore quelques semaines, nous étions peu à oser mettre en question la propriété privée patronale des moyens de production contre le projet de fermeture du site d’Aulnay par la direction de PSA. Mais qui oserait aujourd’hui, au vu des manœuvres, mensonges, turpitudes de Mittal et du gouvernement, envisager autre chose que la réquisition de l’ensemble de la sidérurgie ? Il faut mettre hors d’état de nuire un personnage pour qui les 180 millions d’euros d’investissements dans Florange représentent un tiers des 542 millions que vaut son patrimoine immobilier londonien, au milieu de ses 34 milliards d’euros de fortune personnelle. Pas étonnant dans ces conditions que Mittal ait déclaré qu’« il est positif que nous soyons parvenus à un accord sur l’avenir de nos activités à Florange. Dans le cadre de l’environnement économique actuel, il s’agit d’un bon accord ». TouTEs les salariéEs du groupe savent ce que valent les engagements de Mittal en matière d’investissements : fermeture de Gandrange, 300 millions d’euros jamais vus à Florange. Le maintien à l’arrêt du site de Florange, et plus encore sa fermeture, va entraîner des milliers de suppressions d’emplois dans toute la région. Le projet ULCOS pour une filière industrielle prétendument écologique nécessiterait des investissements très importants pour lesquels il ne faudra pas compter sur Mittal. La sauvegarde de centaines de milliers d’emplois suppose non seulement l’expropriation des licencieurs mais aussi l’interdiction des licenciements et la réduction du temps de travail.

Des mesures que seule la mobilisation des travailleurs de Florange, des Chantiers de l’Atlantique, Petroplus, Sanofi, PSA et au-delà pourront imposer. Une véritable opposition de gauche aux diktats patronaux et à la politique du gouvernement.

Robert Pelletier

 

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Cette entrée a été publiée le 5 décembre 2012 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, économie, idées, national, partis, syndicats.