NPA Comité Orléans Loiret

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La liberté de la presse menacée?

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Les patrons de presse nationale ou régionale ainsi que ceux sont à leurs services:  les « journalistes médiatiques », les « grands éditorialistes »,  les «plumes » comme on dit, accusent régulièrement le syndicat du Livre ou celui de la distribution des journaux CGT, de mettre en péril, par leurs grèves, la survie des quotidiens.

Au nom de la liberté de la presse, évidement…

Alors que les salariés de ces journaux, depuis ces années, ne font que se défendre face à l’arbitraire des patrons de presse, de plan de restructuration en plan de restructuration, la grève reste leur seule arme.
La liberté de la presse, ils sont les seuls à la défendre.

Le patronat de la presse lui s’assoit dessus; son seul objectif affirmé se résume à la concentration des journaux dans des ensembles géographiques bien déterminés.

De fait la répartition des groupes de presse régionale en France est devenue une géographie des grands ensembles.
Huit grands groupes se partagent aujourd’hui la quasi-totalité des quotidiens régionaux, et la tendance ne fait que s’accélérer.
Avec en tête le Crédit mutuel  (voir sa pub « la banque mutualiste »…) qui possède tous les titres de Nancy à Grenoble : les Dernières Nouvelles d’Alsace, le Bien public, le Dauphiné libéré…
Suivi du Groupe Ouest-France, avec son quotidien mastodonte « Ouest-France » (750 000 exemplaires vendus par jour), présent dans douze départements.

Au Sud et Sud-Ouest, La dépêche et Sud-Ouest (Sud-Ouest et Midi-Libre) règnent en maitre. Pour la région parisienne c’est le groupe Amaury qui fait la loi.
Du Pas-de-Calais à l’Aube, c’est le belge Rossel qui tient le monopole (la Voix du Nord). Le groupe a récemment étendu son influence avec l’acquisition des journaux du nord-est de l’empire Hersant (l’Union).

Le Sud-Est vient de voir arriver Bernard Tapie associé à famille Hersant (la Provence).

De 1944 à aujourd’hui, le nombre de quotidiens régionaux est passé de plus de 170 à moins de 60. Sur la même période, le nombre de départements comptant un seul journal est passé de 7 à 44.
C’est ce qu’on appelle la concentration industrielle, un phénomène qui touche aussi bien l’automobile que la métallurgie.
Par sa concentration, la presse quotidienne régionale (PQR) française n’a qu’une vision: élargir une implantation, en absorbant tous les titres des départements autour du titre phare du groupe, et récupérer les petits titres de chaque nouveau département conquis de siphonner  la publicité locale.
Dans ces zones où les grands groupes sont en situation de monopole, le pluralisme, pourtant inscrit dans la Constitution, n’est plus assuré par la PQR. Avec le risque de n’offrir qu’une seule vision de l’actualité.
Certains affirment que ce pluralisme de l’information n’est plus assuré par les régionaux depuis bien longtemps, on peut parfois les croire. Par exemple, Ouest-France, a traité le mariage pour tous avec son biais démocrate-chrétien.
Seuls les lecteurs du Finistère, du Morbihan et des Côtes-d’Armor ont pu trouver une alternative en kiosque, avec le Télégramme de Brest.
La loi française anti-concentration interdit à un même acquéreur de détenir plus de 30% de la diffusion totale des quotidiens d’information politique et générale, qu’ils soient nationaux, régionaux ou locaux. C’est large : le premier groupe de PQR, le Crédit mutuel, n’atteint pas 20%.
Faudrait-il, alors, baisser les seuils de concentration ?
Cette question enferme le débat sur la seule problématique de la rentabilité d’un journal. Comme celle de la question de la nature des patrons.

Nous devons poser plutôt la question du contrôle par les journalistes, les salariés, les citoyens, du fonctionnement démocratique des journaux et d’exiger du pouvoir les possibilités économiques d’une presse de qualité.

Faire en sorte que les subventions que touche la QPR, car elle touche déjà d’énormes subventions, se retrouvent dans la vie du journal et pas dans les poches des patrons.

Et cette logique capitaliste de concentration n’est pas terminée, idéologiquement le système en voudra une encore plus forte.
En quelques années il a élargi sa zone d’influence au cœur du pays. Y a-t-on gagné en pluralisme, en espace démocratique? Le mouvement social continue à être à la merci du bon vouloir des rédac-chefs. Les salariés journalistes, ouvriers de la QPR à la menace de restructurations internes, détériorations des conditions de travail.

Ne croyez pas que notre environnement local passe à côté de cette concentration de la QPR. C’est le groupe Centre France qui règne en maître avec le titre phare la Montagne.
Inquiétante  la volonté de ce groupe d’imposer des grands choix économiques capitalistes. Le groupe est pour l’économie de marché, il défend les intérêts du capital.
Sa campagne, pour imposer le TGV Grand Centre, éclaire sur ses objectifs, mettre aux services des capitalistes et des élites locales sa feuille de chou pour imposer à la population un seul projet.
Déjà sur le dessin de présentation du dossier on voit un TGV affublé du logo « La Montagne groupe centre », tout un programme! Tout est décliné sur le bienfait du TGV, sur le désenclavement des départements et villes, le long de la longue trouée dans les terres agricoles.
Le conseil général du Loiret nous avait vendu la même chose avec la construction de l’autoroute A79 dans l’arc nord du département du Loiret, désenclavement, arrivée d’entreprises, la première autoroute écologique.

Résultat: une trouée dans des terres agricoles, pour une rentabilité zéro ou bien loin des objectifs fixés, et un arc nord du Loiret au bord de la crise sociale où chômage et misère flambent.
Le mouvement social est souvent confronté au débat sur la liberté de la presse. L’on peste régulièrement contre les comptes rendus de nos luttes, cela ne va jamais dans notre sens. On se sent souvent floués. C’est un débat sans fin, qui va se perpétuer tant que l’on ne sortira pas la « liberté de la presse » du bien vouloir d’un patronat tout puissant, et d’une logique capitaliste de rentabilité.
C’est aussi un combat idéologique que le système capitaliste a bien compris, la presse est un moyen d’intervenir dans le débat politique, grands groupes dans la QPR, grands décideurs capitalistes pour la presse nationale.

Le mouvement ouvrier a souvent déserté ce combat, il y a des tentatives d’essayer de contourner ce monopole par la création de sites d’informations locaux, mais dans la logique du système dépendant de la publicité pour vivre, et qui souvent manque car le quotidien mastodonte local siphonne largement.

Les outils, le support existent, il reste la seule question de leur contrôle par les journalistes, les salariés, les citoyens, garantie du fonctionnement démocratique des journaux et d’exiger du pouvoir les possibilités économiques d’une presse de qualité.

On doit comprendre que la défense de la liberté de la presse ne peut se défaire d’un débat sur la  sortie de la société de la domination capitaliste. Car nos vies valent plus que leurs profits.

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