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Mobilisés contre l’état d’urgence

communards

Compte-rendu de la manifestation contre l’interdiction de manifester à Paris
Flora Carpentier

A l’appel de diverses organisations associatives et politiques, environ 300 personnes ont à nouveau tenu tête à l’état d’urgence et aux interdictions de manifester ce jeudi soir sur la place de la République. La revendication centrale exprimée par tous les intervenants était précisément la liberté d’expression et le droit à manifester.

Alors que le gouvernement et sa police s’en donnent à cœur joie pour perquisitionner, interpeler, assigner à résidence, toutes les manifestations sociales, du monde du travail, de solidarité avec les migrants, et celles prévues en marge de la COP21 ont été interdites. En début de semaine, 58 personnes ont été convoquées au commissariat suite à la manifestation de solidarité avec les migrants ayant eu lieu dimanche 22 novembre. Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés fondamentales telles que le droit de manifester, que le gouvernement est en train d’infliger pour faire taire toute contestation de sa politique et tenter d’écraser les résistances aux attaques perpétrées contre le monde du travail. En même temps, la mobilisation de dimanche, la première à braver l’état d’urgence, a ouvert une brèche dans la peur de manifester et pour contrer les tentatives d’intimidation. L’appel à se rassembler ce jeudi soir, que nous publions ci-dessous, était donc relayé par de nombreuses organisations, dont les voix commencent à s’élever pour contester l’état d’urgence, conscientes que les attentats ne sont qu’un prétexte pour faire taire toute voix dissonante de la politique gouvernementale.

A quelques mètres de la statue de la République, dont le pied est jonché de fleurs, de bougies, de mots et hommages, les intervenants ont renouvelé leur hommage aux victimes du 13 novembre. Ils ont également souhaité rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme de l’Etat islamique, et pas seulement en France, ainsi qu’aux victimes « du terrorisme d’état » et du réchauffement climatique.

Les intervenants ont souligné combien ils n’étaient pas dupes concernant les interdictions de manifester qui s’abattent contre notre camp social alors même que les manifestations sportives, culturelles ou commerciales sont maintenues, à l’image du marché de Noël des Champs-Elysées. Concernant les mobilisations prévues en marge de la COP21, l’interdiction est d’autant plus flagrante qu’elle cible de nombreuses villes de France, comme si le danger terroriste se cachait derrière chaque chaumière. En réalité, il s’agit de ne perturber sous aucun prétexte cette grande farce qu’est la COP21, avec son flot de dirigeants tous autant responsables les uns que les autres de la crise écologique et des catastrophes humaines et climatiques qui lui sont liées. Un militant du Collectif des Désobéissants ironisait d’ailleurs sur le fait que la manifestation avait été interdite au motif qu’il n’y avait pas assez de policiers disponibles pour protéger les manifestants, mais que par contre, si la manifestation avait bel et bien lieu, il y aurait assez de forces policières pour arrêter tout le monde.
La CGT a insisté sur le fait que le gouvernement et le patronat cherchaient avant tout à museler le mouvement social, et qu’alors qu’ils nous interdisent de manifester, les attaques se poursuivent contre notre classe. Dans ce contexte, il est important de maintenir l’ensemble des mobilisations, et notamment en solidarité avec les camarades d’Air France mercredi 2 décembre à Bobigny. La CGT a ajouté que « la grève demeure le moyen d’expression le plus important », et qu’elle continuerait à soutenir les travailleurs sans papiers et les migrants.

Alors que les fourgons de police restaient distants, disséminés tout autour de la place, la foule rassemblée était déterminée, scandant « État d’urgence, état policier, on nous empêchera pas de manifester ! ». L’intervention du NPA, qui a été celle qui a le plus dénoncé la politique guerrière de Hollande, a été particulièrement bien accueillie. Alors que la prolongation des frappes contre la Syrie a été votée à la quasi unanimité, notre camarade a déclaré que « les bombes n’apportent que la désolation et la terreur » et qu’elles ne font que renforcer Daesh. Notre solidarité, elle, est sans frontières et s’adresse tout autant aux peuples syrien, palestinien, kurde, irakien, qu’à tous les peuples opprimés, victimes du terrorisme et de l’impérialisme. Contre le racisme et l’islamophobie, notre lutte est internationaliste et nous pouvons être fiers des combats que mène notre classe à l’international.

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Appel :

Manifestation contre l’interdiction de manifester
Liberté de manifester – Liberté d’expression !

À la suite des ignobles et cruels attentats du 13 novembre que nous condamnons sans réserve, le gouvernement a décidé dans le cadre de l’état d’urgence différentes mesures, parmi lesquelles l’interdiction de manifester, à Paris et dans de nombreuses autres villes.

Nous, mouvements sociaux, sommes interdits de nous rassembler et de manifester dans les rues, jusqu’à nouvel ordre. Plusieurs manifestations pacifiques, sans rapport avec les attentats ont déjà été interdites, sous menaces de sanctions pénales à l’encontre des organisateurs.

Les nombreuses initiatives de rue que nous avons prévues dans les prochaines semaines voire dans les prochains mois, pour faire entendre les injustices sociales économiques, écologiques, sociétales … sont purement et simplement censurées.

Femmes, migrants, défenseurs du climat et de la planète, altermondialistes, mal logés, salariés menacés, chômeurs et précaires, défenseurs des droits … sont visé(e)s, alors que sont autorisés les marchés de noël et autres initiatives commerciales à l’occasion des fêtes de fin d’année , tout comme les événements sportifs ou culturels.

Cette interdiction ne vise donc pas à nous protéger, ni à économiser les forces de l’ordre, puisque les activités mercantiles sont autorisées. Il s’agit bien de nous bâillonner ! Cette censure remet en cause une liberté fondamentale : le droit de manifester pour faire entendre nos revendications.

En ce sens, nous sommes fermement déterminés à nous mobiliser si des poursuites sont engagées contre les 58 camarades militant(e)s fichés par la police lors de la manifestation de soutien aux migrants du 22 novembre.

C’est pourquoi, pour protester contre cette atteinte au droit imprescriptible de nous rassembler et de manifester, pour exiger que soit mis fin à cette censure intolérable et nauséabonde, nous appelons à un rassemblement jeudi 26 novembre à 18h00 Place de la République.

Premiers signataires :

Droit Au Logement, Droits devant !!, UD CGT 75, COPAF, FTCR, AC !, APEIS, MNCP, MRAP Paris, Solidaires 75 et 92, IPAM, Collect. Des sans voix 18ème, CSP 75, Sortir du Colonialisme, CRLDHT, Ecologie Sociale, ATMF, FASTI, Collectif des Désobéïssants, Réseau pour une Gauche Décoloniale, Initiative Décroissante pour le climat, FUIQP, UJFP, Survie, Femmes Egalité, Sud Aérien, Artisans du Monde…

Et Alternative Libertaire, NPA, PCOF, Ensemble…

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