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Chantage pur et simple chez Sanofi: La direction prête à investir si les salariés acceptent de rogner sur les RTT !

La Direction plaide pour une réduction du nombre d’heures de repos compensateur et pour des rythmes de travail plus flexibles…

Pièce jointe

« Améliorer la productivité », voilà l’un des arguments avancés par le groupe pharmaceutique Sanofi Pasteur pour justifier sa volonté de dénoncer l’ensemble des accords sur l’organisation du temps de travail. Actuellement, les 6.400 salariés français bénéficient de 21 jours de RTT. Un chiffre que la direction aimerait diminuer à 12 jours…

La direction de Sanofi Pasteur va dénoncer les accords d’entreprise concernant le temps de travail pour rendre la production de vaccins plus compétitive en France, en contrepartie d’investissements importants. Et entend céder ses activités historiques de sérum anti-rage et anti-tétanos. Lundi 30 novembre, une réunion s’est tenue sur les orientations stratégiques de cette filiale, numéro trois mondial du marché des vaccins avec 3,97 milliards d’euros de ventes l’an dernier.

Les trois sites français repositionnés
A l’horizon 2030, les trois usine de Sanofi Pasteur devront être repositionnées en pôles d’excellence. Le site de Marcy l’Etoile serait dédié à la formulation et la production de vrac et de vaccins pédiatriques, finie la mise sous forme et la répartition. Neuville, spécialisé sur la dengue, deviendrait le pôle d’innovation technologique. Et Val de Reuil se spécialiserait dans la production des vaccins anti-grippe et la mise sous forme. Des repositionnements qui vont se faire sur la durée, au fur et à mesure des investissements, veut rassurer la direction.
Objectif, préparer l’horizon à dix ans. Sanofi Pasteur entend doubler ses ventes, grâce à l’augmentation de ses parts de marché (en tirant notamment parti des difficultés rencontrées par son concurrent GSK dans les vaccins pédiatriques) et de nouveaux lancements : treize produits sont en cours de développement. Dont l’innovant vaccin contre la dengue, auquel est dédié le site de Neuville-sur-Saône (Rhône-Alpes), « Sanofi Pasteur a eu tellement de rendement sur la fabrication de ce vaccin, qu’en trois mois il a produit pour un an, raconte une source syndicale. Mais il se retrouve aujourd’hui avec 100 millions de doses dans les frigos. Des tests de stabilité sont menés pour essayer de repousser les dates de péremption et ne pas les jeter. Conséquence, la direction vient d’annoncer que le site de Neuville serait fermé pendant un an, et les 200 salariés y travaillant seront certainement réaffectés sur le site de Marcy L’Etoile », une usine voisine de Sanofi Pasteur pour quelques mois, nous révèle une source syndicale.

 
Mais l’outil industriel de Sanofi Pasteur se fait vieillissant, voire insuffisant, et les ruptures d’approvisionnement se sont multipliées sur ses produits. « A tel point que les campagnes de vaccinations ont dû être interrompues ou adaptées dans plusieurs pays », souligne un document transmis aux partenaires sociaux.

Concurrence avec les autres usines mondiales

Sanofi Pasteur a donc décidé d’investir massivement : « la société va investir 1,3 milliard d’euros sur trois ans au niveau mondial, dont 463 millions pourraient être alloués à la France, confie un porte-parole. Mais pour cela, nous faisons une analyse comparée de nos capacités de production. » Les trois sites français – situés à Marcy l’Étoile (Rhône-Alpes), Neuville et Val de Reuil (Eure) – sont donc en concurrence avec les usines d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine et d’Asie.

Trois critères ont été examinés, selon la direction : les compétences, la conformité aux exigences des autorités sanitaires, et la « capacité et souplesse »  de l’outil  de production. Or sur ce dernier point, le bât blesse: selon ses calculs, les salariés français travailleraient dans les faits 28 heures chaque semaine, contre 33 heures chez la concurrence. Et l’organisation trop rigide ne permettait pas de répondre à des pics d’activités liés aux appels d’offres, épidémies…

Des investissements conditionnés aux nouveaux accords

Pour gagner en flexibilité et en productivité, tout en gagnant du temps sur les procédures, Sanofi Pasteur a donc décidé de dénoncer les accords d’entreprise concernant l’organisation et le temps de travail. Y compris ceux des sites de Marcy l’Etoile, Val de Reuil et Lyon. « La direction voudrait s’attaquer aux rythmes de travail, y compris les RTT, et les simplifier: il en existe vingt à travers la France, mais c’est elle qui les avait mis en place !, s’inquiète un syndicaliste. Et elle fait planer la menace de non-investissement en cas d’absence d’accord. »

Le document est clair : « Ces investissements, s’ils sont réalisés en France, contribueraient à la pérennité de l’activité et des emplois sur nos sites en France. La refondation rapide de notre organisation du travail en est un prérequis. »

Ce mercredi 09, une première réunion d’information des délégués du personnel réunis en Comité central d’entreprise, devait définir les contours de ces négociations censées s’étaler sur trois mois. Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la division vaccins, expliquait la nécessiter « d’améliorer notre capacité à produire plus » et dénonçait des accords sur le temps de travail générant de la « complexité et de la rigidité ».

« Un coup de poing dans la gueule »

« Sanofi se targue d’être une entreprise modèle en matière de dialogue social, si c’est pour mettre un coup de poing dans la gueule de ses salariés… », souffle Thierry Bodin,coordinateur de la CGT au sein du groupe. Même incompréhension du côté de la CFDT, syndicat majoritaire chez Sanofi : « On est dans la résignation. Ils veulent toucher à nos acquis sociaux alors que l’entreprise est l’une des plus riches de France. Les salariés ont le sentiment de trinquer alors que l’on distribue toujours plus aux actionnaires ». En 2015, le chiffre d’affaires de la société serait en hausse de plus 11 % par rapport à l’année précédente.

463 millions d’euros d’investissements

Autre sujet de discorde : les conditions d’investissements données par la direction. 463 millions d’euros pourraient être injectés aux trois sites français si la réorganisation du travail est acceptée par les différentes parties. « Du chantage pur et simple, pour Thierry Bodin de la CGT, d’autant que cela fait des années que nous demandons des investissements ».

Si la direction n’a pas confirmé un tel accord, le document transmis aux organisations syndicales et cité par le magazine Usine Nouvelle, est clair : « Ces investissements, s’ils sont réalisés en France, contribueraient à la pérennité de l’activité et des emplois sur nos sites en France. La refondation rapide de notre organisation du travail en est un prérequis ». La prochaine réunion devrait se tenir le 15 décembre prochain.

Le NPA ne s’associe évidemment pas à ce genre de tractations et dénonce ce chantage. Ce sont les employés qui font vivre cette entreprise, ce n’est pas à eux de payer, de quelque façon que ce soit les choix commerciaux des capitalistes.

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Cette entrée a été publiée le 12 décembre 2015 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, économie, national, santé, syndicats.