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Chômage : Pierre Gattaz décrète « l’état d’urgence économique »

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Pour le patron du Medef, le chômage est cause de tous les maux de la société : radicalisation et montée des extrêmes. D’où la batterie de propositions choc dévoilées mardi. A l’adresse des politiques et des syndicats ouvriers.

 La France « va mal ». Dixit Pierre Gattaz.

Brossant, mardi 15 décembre, un tableau apocalyptique de la situation économique et sociale du pays, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef) a appelé le gouvernement, les partenaires sociaux et l’ensemble des partis politiques – Front national et Front de Gauche compris – à décréter « l’état d’urgence économique », afin de traiter le chômage endémique: « Comme on l’a fait pour le terrorisme », a-t-il déclaré.

Le rôle vital de l’entreprise

Le constat du patron des patrons est simple : trois « récents séismes » ont secoué la France ces dernières semaines : les attentats du 13 novembre, l’explosion du chômage en octobre (+42.000) et la progression fulgurante du FN aux élections régionales.

Dans ce paysage dévasté, « l’entreprise a un rôle fondamentale à jouer », a déclaré Pierre Gattaz, qui considère que le chomage, un véritable « fléau », fait « le lit de la radicalisation » islamique. Aussi préconise-t-il de remettre la France au travail de manière « musclée ». Et dans cette perspective: « C’est l’entreprise qui a la clé. »

Son plan est prêt. Il comprend une partie à très court terme qui, à l’en croire, permettrait de relancer la machine dès le premier trimestre 2016 et de faire baisser le nombre de chômeurs, qui représentent 10,50% de la population active, 25% chez les jeunes de moins de 25 ans et « 50 à 60% dans certaines banlieues », a-t-il précisé.

Une perspective séduisante à moins de 18 mois de l’élection présidentielle, surtout pour d’éventuels candidats en panne d’imagination et de programme économique…

 

Un « bouquet de solutions »

Le Medef a donc dégainé un « plan d’urgence d’embauche » dont la mise en œuvre sera subordonnée, il fallait s’y attendre, à ses conditions. Ce n’est pas la première fois que le président du Medef entonne un tel discours. Il l’avait déjà fait au lendemain des attentats djihadistes de janvier contre « Charlie Hebdo » et l’Hyper Cacher de Vincennes.

Le triptyque patronal est connu, qui repose sur le retour de la « confiance » afin que les entreprises embauchent, le développement de la formation initiale et continue ainsi que de l’apprentissage, et enfin « l’agilité » tous azimuts, un nouveau vocable dans la bouche de Pierre Gattaz, plus habitué à parler de mobilité et de flexibilité.

Cette fois, le patron des patrons a assorti son exposé de trois mesures concrètes et détaillées. Ce qu’il appelle, dans son langage fleuri, un « bouquet de solutions ».

1- Zéro charge : Intitulée « zéro charge pour un premier emploi », la première de ces mesures porte sur une exonération totale des charges sociales et fiscales des entreprises de moins de 250 personnes, sur toute nouvelle embauche pendant deux ans. Voire trois.Le patron du Medef rêve de l’appliquer selon un système en accordéon, car passée cette phase, une montée en puissance serait possible, avant la mise en œuvre d’une « dégressivité » pour les seniors.

2- Plus d’agilité: « L’agilité » à présent. Présentée par le Medef comme un moyen de « sécuriser les CDI », elle n’est autre que l’exigence d’un plafonnement des indemnités de licenciement devant les prud’hommes, une disposition phare de la loi Macron pour « la croissance, l’activité et l’égalité des changes », mais que le Conseil constitutionnel a invalidé.

Pierre Gattaz est formel : les patrons, ceux qui sont à la tête des petites et moyennes entreprises en particulier, ont « peur d’embaucher » en raison des « difficultés à licencier ». Il faut donc « revoir les clauses de rupture » des contrats de travail, avoir plus de « visibilité ».

3- Un Smic intermédiaire : Halte aux décrocheurs. Ils sont ainsi 150.000 jeunes à être ainsi déscolarisés et sans formation. Pierre Gattaz, qui avait rendez-vous mardi soir avec la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, jure que les entreprises sont disposées à les remettre dans le circuit. Sous conditions : que le CDD de 18 mois, renouvelable deux fois actuellement, soit assoupli. « Il pourrait être de trois ans », propose-t-il. Que les contrats de professionnalisation soient généralisés et pas rémunérés avec un Smic total mais un « Smic intermédiaire ».

Quant à l’apprentissage, un secteur relancé par l’ancien ministre du travail François Rebsamen, et qui peine encore à trouver son rythme de croisière, malgré les dégrèvements et autres avantages offerts aux entreprises, il faut en accélérer le processus. Il y a actuellement 250.000 apprentis. Pierre Gattaz en voudrait un million. Soit autant que les promesses d’embauche sur cinq ans qu’il avait annoncées en septembre 2014.

Le patron du Medef entend soumettre ses propositions aux membres du gouvernement, aux futurs présidents des régions, aux responsables politiques, la présidente du FN compris dont il avait critiqué le programme économique avant les élections régionales, et bien sûr à l’ensemble des partenaires sociaux.

Il s’amuse d’avance des contre-propositions qui lui seront faites, s’il y en a. Car, Pierre Gattaz est sûr de son fait : « Si on reste dans les postures politiques, on est foutu. »

 
Les salariéEs ont donc du souci à se faire si ces fausses « bonne idées » se développent,  en particulier si certaines organisations syndicales y foncent le stylo à la main…

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Cette entrée a été publiée le 19 décembre 2015 par dans économie, chômage/pauvreté/précarité, national.