S’appuyant sur des procès-verbaux et un rapport des services de renseignement, Mediapart confirme dimanche que l’assaut du Raid à Saint-Denis, le 18 novembre, s’est déroulé dans une grande confusion et une violence barbare : les djihadistes n’auraient tiré qu’une dizaine de balles, contre plus de 1.500 pour les hommes d’élite, certains essuyant des tirs de leurs collègues.

 Reuters Assaut de Saint-Denis : seulement onze tirs attribués aux terroristes Les constatations ne correspondent pas aux déclarations publiques des autorités. Mediapart reprend dimanche en détail le récit de l’assaut du Raid à Saint-Denis, le 18 novembre dernier, qui a permis de neutraliser deux membres du commando terroriste auteur cinq jours plus tôt des attentats, dont Abdelhamid Abaaoud.

Citant des procès-verbaux de policiers un rapport du 24 novembre, rédigé par la DGSI et la Sous-direction antiterroriste (SDAT), chargé de l’enquête, le site confirme que les djihadistes ont très peu tiré contre l’unité d’élite : « onze munitions » leur sont au final attribuées, selon les services de renseignement.

Aucune n’appartient à des kalachnikov, contrairement à ce qui était évoqué. Dans la foulée de l’assaut, Mediapart rappelle pourtant que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait affirmé que les hommes du Raid avaient « essuyé le feu pendant de nombreuses heures dans des conditions qu’ils n’avaient jusqu’à présent jamais rencontrées ». 

Une version précisée ensuite par le directeur du Raid, Jean-Michel Fauvergue, dans Le Figaro. Ce dernier évoquait plusieurs séries de tirs « très nourris », tandis que les policiers avaient eux tiré plus de 5.000 munitions. 

Aucun tir n’a tué les djihadistes

Dans un procès-verbal, un commandant explique que ce sont en fait les calibres de 1.576 munitions qui ont été « retrouvées dans les parties communes de l’immeuble », rapporte Mediapart. Celles-ci « provenant vraisemblablement […] des tirs effectués par les effectifs de police du Raid », ajoute le journal. 

Comment expliquer une telle disproportion entre les deux camps? L’analyse du porte-bouclier et des boucliers a révélé en réalité que les impacts étaient plus nombreux « à l’intérieur des équipements de protection », ce qui signifierait que « la plupart des coups de feu essuyés par les policiers ont donc été le fait de leurs propres collègues », par l’arrière de la colonne d’assaut et les snipers. 

Des constatations qui montrent la confusion qui a entouré l’opération, qui pousse même Mediapart à s’interroger sur la nature de la munition qui a été fatale au chien d’assaut, Diesel. Le rapport d’autopsie révélait également le mois dernier qu’aucune des victimes n’avaient succombé à des tirs.

Les deux terroristes ont été tués par l’explosion de la ceinture que portait l’un d’eux, Chakib Akrouh. Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abaaoud, a quant à elle été asphyxiée sous les décombres. L’assaut du Raid a permis toutefois d’éviter un nouveau drame, selon le procureur de Paris, François Molins, puisque Abdelhamid Abaaoud projetait un autre attentat à La Défense le jour ou le lendemain de cette opération. Tout reste dans l’ordre sauf cette outrance qui fait craindre en plus de se trouver pris dans un attenta d’être pris dans la riposte des diverses forces armées !!! Au fait les habitants de ces lieux ont-ils été reclassés ? LA POLICE NOUS PROTÈGE MAIS QUI NOUS PROTÉGERA DE LA POLICE ?