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Kurdistan : Briser le silence

 

Depuis plusieurs mois les villes du Kurdistan de Turquie vivent un véritable état de siège et les populations civiles subissent une répression féroce, sans que la presse occidentale s’en émeuve.

Peu d’articles dans la presse, pratiquement rien dans les journaux télévisés, quelles que soient les chaînes.

Pourtant les bribes d’information qui parviennent jusqu’ici décrivent des atrocités qui relèvent de crimes contre l’humanité : 60 civils réfugiés dans les caves d’un immeuble pour échapper aux bombardements turcs ont été brûlés vifs à Cizre ?

Quatorze jeunes tirés de leur lit à Van et exécutés en pleine rue ? Les cadavres de jeunes Kurdes jonchant les rues de Sur, le quartier historique de Diyarbakir, la police empêchant leurs parents effondrés de récupérer les corps, et pas un seul sujet de deux minutes à la télé ?

Il faut dire que Recep Erdogan, le président turc, est devenu l’homme à ménager depuis qu’il a vaguement promis d’endiguer le flot des réfugiés dont l’Europe ne veut pas. Erdogan qui, après avoir volontairement balayé le processus de paix avec le PKK, a promis d’annihiler (sic) les Kurdes pour se venger de sa défaite aux élections de juin 2015.

Le même qui a créé un climat de peur et de guerre civile dans le pays pour s’assurer une victoire aux élections de Novembre. Le même qui emprisonne et poursuit en justice des centaines de journalistes, intellectuels, professeurs d’université pour les punir d’avoir osé critiquer ses méthodes.

L’Europe ne s’émeut toujours pas, la liberté d’expression n’étant un étendard qu’à l’intérieur de ses frontières. Cet autisme européen a pour conséquence un exode massif des populations assiégées, privées d’eau, d’électricité, de nourriture, avec une armée qui empêche les ambulances de porter secours aux blessés, venant grossir les cohortes de réfugiés.

Bien sûr, comme la presse, nationale ou étrangère, a l’interdiction d’entrer dans les villes assiégées, le discours officiel fait état de centaines « d’insurgés » de « combattants » tués, sans parler des pertes civiles.

Les insurgés en question étant des jeunes gens et jeunes filles du YPS (unités de protection du peuple) qui résistent depuis des mois aux incursions de l’armée turque. Armés au début de leur seul courage, de pierres et de cocktails Molotov, ils sont maintenant un peu mieux armés mais loin de pouvoir tenir tête, sur le papier, à une armée de métier.

Ce qu’ils font pourtant, en payant un lourd tribut. Leurs barricades de moellons, les fossés creusés pour bloquer les chars, les draps tendus au dessus des rues, tout rappelle les tentatives de protection des quartiers assiégés d’Alep ou d’autres ville syriennes, juste de l’autre côté de la frontière.

Ce qui leur permet de tenir, c’est la solidarité sans faille de la population de ces villes et celle des villes environnantes.

Erdogan vient de promettre un pactole de dizaines de milliards de livres turques pour la reconstruction des villes qu’il a détruites. Il espère sans doute racheter les voix et la collaboration d’une partie de la population kurde, la petite bourgeoisie, les commerçants, ceux qui votaient pour l’AKP avant que la bataille de Kobané leur fasse perdre toute illusion.

Dans le même temps il annonce une nouvelle constitution qui sera complètement « Turque », c’est à dire sans aucun droit pour les minorités. Ses menaces contre le parti HDP se précisent, bien qu’il ait obtenu, dans un contexte d’assassinats et de violence, 59 sièges au Parlement turc.

Dans le même temps aussi, il bombarde aussi les positions des Forces démocratiques syriennes au nord d’Alep, pour tenter de protéger ses alliés d’Al Nosrah, la branche syrienne d’Al Qaeda. La grande peur d’Erdogan, une jonction entre les trois cantons de Rojava, ce projet démocratique qui secoue le cocotier des califats présents et futurs est en train de se réaliser.

Il faut briser le mur du silence médiatique autour des massacres commis au Kurdistan de Turquie par tous les moyens.

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Cette entrée a été publiée le 20 février 2016 par dans anticapitalisme.