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Face aux arguments Fallacieux en faveur de la loi El KHomri

L’un des arguments avancés tant par le gouvernement que le patronat et la droite pour défendre la loi El Khomri est qu’elle permettrait à la France de faire aussi bien que, par exemple, l’Allemagne ou les Etats-Unis. Ils prétendent aussi que le plafonnement de l’indemnisation des salariés en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse permettrait de stimuler l’emploi, surtout dans les PME.

S’agissant des indemnités prud’homales, une étude réalisée par Thierry Kirat, Directeur de recherche au CNRS (Les indemnités prud’homales en pratique : étude de 83 jugements de conseils de prud’hommes) confirme le contraire. L’analyse de ces cas « ne permet pas de conclure à une contrainte forte qu’exerceraient les conseils de prud’hommes sur les PME ». Selon l’étude : « Sous réserve de confirmation de ce constat par d’autres analyses sur une base de jugements plus étendue, il semble réaliste de considérer que les juridictions prud’homales prennent en considération la situation économique des employeurs lorsqu’elles statuent sur les demandes d’indemnité pour licenciement abusif. »

En ce qui concerne le chômage et l’emploi, une étude du cabinet Xerfi, spécialisé dans les études économiques, permet de déconstruire ce mythe (1).

Aux états-Unis, 5 % de la population en âge de travailler est au chômage.

Mais ce taux, présenté comme synonyme de « plein emploi » par les économistes libéraux, est inférieure de 4,5 points aux niveaux qui prévalaient au tournant des années 1990-2000. Cela représente 8 à 9 millions emplois « évaporés», notamment parmi les 15-30 ans.

Statistiquement, sept pays européens font mieux que la France en matière de chômage et de taux d’emploi (l’emploi rapporté à la population âgée de 15 à 30 ans) : l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Finlande et le Royaume-Uni. Leur

différence majeure avec la France est un taux d’emploi des jeunes plus élevé. Pour autant, on ne saurait considérer cela comme « la preuve d’une insertion des jeunes » rappelle l’étude. « La réalité, c’est une insertion massive des jeunes sur des emplois à temps partiel, qui ne sont rien d’autres que des petits jobs alimentaires… C’est ensuite, pour l’Allemagne, l’Autriche, et dans une moindre mesure le Royaume-Uni, des institutions qui diffèrent en matière d’apprentissage, avec un emploi cofinancé par le public et le privé donc.

Alors qu’en France, beaucoup de stages de courte durée ne sont pas, ou peu comptés en emploi », poursuit l’étude.

La seconde différence, c’est aussi l’emploi féminin, avec un recours au temps partiel, notamment aux Pays-Bas, en Autriche, en Allemagne, au Royaume-Uni, qui confère à l’homme le rôle pivot de soutien de famille, quand beaucoup de femmes en couple se cantonnent à fournir un revenu d’appoint.

En résumé, « le plein emploi » dont on nous parle dans ces pays renvoie à « l’insertion partielle », notamment pour les femmes. C’est beaucoup de cofinancement public pour certaines économies socialisées et beaucoup d’emploi qualifié pour les financer. Ou/et ce sont, dans les pays plus libéraux, des jobs du soir, du dimanche pour des jeunes confrontés à des études coûteuses, dans des services tournant 7 jours/7. C’est une multitude d’emplois dans le soutien scolaire dans des systèmes où il faut payer pour se démarquer »

 

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Cette entrée a été publiée le 23 juin 2016 par dans anticapitalisme.