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Le fret ferroviaire déraille (aussi) : L’entreprise de fret Euro Cargo Rail supprime 300 postes

La filiale française du groupe Deutsche Bahn avance comme explication à ce plan des « hausses de péages » et la « dégradation » du système ferroviaire français.

Sale temps pour le fret ferroviaire français. L’entreprise Euro Cargo Rail (ECR), filiale du groupe allemand Deutsche Bahn, a en effet annoncé, jeudi 8 décembre, la suppression prochaine d’environ 300 postes, soit un quart de ses effectifs. « La rentabilité d’ECR s’est fortement dégradée, en particulier depuis 2013 », justifie la société dans un communiqué, soulignant les « hausses des péages » et la « très forte dégradation de la qualité de service » du système ferroviaire français.

La direction de l’entreprise a présenté aux syndicats une nouvelle stratégie « visant à retrouver une stabilité pour assurer la viabilité de l’entreprise », qui se traduira d’abord par une diminution des effectifs. « Le nombre des agences en France sera réduit et environ 300 postes seront supprimés, au siège comme dans les régions », précise ECR, qui indique avoir déjà engagé des discussions avec des concurrents à la recherche de conducteurs de trains. Le dialogue avec la SNCF semble le plus avancé, la filiale de Deutsche Bahn évoquant de possibles « reclassements dès le début de l’année 2017 » au sein de l’entreprise publique française.

« Nous condamnons ces licenciements »

« Les mesures annoncées aujourd’hui sont indispensables, certaines sont difficiles, mais elles permettront notre croissance durable et les emplois de demain en France », a assuré le PDG d’Euro Cargo Rail, Gottfried Eymer. Les syndicats, eux, sont vent debout. « Nous condamnons ces licenciements et demandons que l’Etat prenne ses responsabilités, avec la SNCF, pour reprendre la totalité des salariés concernés », a déclaré Fabrice Charrière, secrétaire général adjoint de la fédération syndicale FO-Cheminots.

C’est une semaine cruelle pour le rail français. Alors que les grandes villes françaises étouffent sous la pollution, le secteur ferroviaire, qui devait venir au secours des usagers privés de leur voiture lors de la circulation alternée imposée dans plusieurs villes, connaît une série noire.

La rupture de caténaire qui a immobilisé, mardi 6 décembre, une partie des lignes B et D du RER ou le blocage quasi complet de la gare du Nord, mercredi, ont été les premiers épisodes les plus spectaculaires. Jeudi, c’est le fret ferroviaire, bien plus vertueux au niveau de la pollution que les poids lourds, qui s’est rappelé au bon souvenir du grand public.

Euro Cargo Rail, la division française de la Deutsche Bahn spécialisée dans le fret ferroviaire, a annoncé, jeudi 8 décembre, un plan social. Trois cents postes vont être supprimés, soit un quart de ses effectifs dans l’Hexagone. Depuis 2013, la société a cumulé 63 millions de pertes.

Un simple problème de gestion ? Si c’était aussi simple… La grève du printemps de la SNCF aurait plombé les comptes de la société, mais c’est un prétexte. La concurrence des transporteurs routiers, aidés par la baisse du gazole, est rude surtout lorsque la SNCF se fait elle-même concurrence avec Ouibus !. Et aucune société de fret ferroviaire ne gagne aujourd’hui d’argent en France.

Cela a des conséquences fatales. En avril, Combiwest, une société bretonne de fret ferroviaire agricole, a mis la clé sous la porte. La filiale d’Eurotunnel, Europorte, lutte pour être à l’équilibre. Quant à Fret SNCF, l’ancien monopole public, il ne relève toujours pas la tête. Sonné par l’ouverture du marché en 2006, il n’a jamais connu autre chose que des pertes depuis dix ans, ce qui explique deux tiers de la dette actuelle de SNCF Mobilité – qui culmine à plus de 7 milliards d’euros. En 2016, la société publique prévoit encore de perdre 120 millions d’euros, contre une prévision initiale de 50 millions d’euros de déficit ! Et ses effectifs fondent toujours comme neige au soleil.

Equilibre financier plombé

Alors qu’en 1947, l’âge d’or du fret ferroviaire, 75 % des marchandises transitaient en France par le rail, le taux est passé sous la barre de 15 %. Qu’il paraît loin, le Grenelle de l’environnement de 2007 et sa grande ambition pour la relance du fret ferroviaire à l’horizon 2020 ! Qu’elle manque cruellement, cette écotaxe jetée aux oubliettes par Ségolène Royal, la ministre du développement durable ! Cette taxe sur le transport routier devait financer la rénovation du réseau ferroviaire et soutenir la renaissance du fret.

Le régulateur du rail veut renforcer l’encadrement de la dette de SNCF Réseau

L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) a rendu, mercredi 7 décembre, un avis attendu sur le projet de décret dit « règle d’or », qui plafonne la dette de SNCF Réseau, la société chargée de l’entretien et de la construction des voies ferrées. Or, le gendarme du rail estime que le gouvernement doit revoir sa copie. Cette règle, votée en 2014 par le Parlement, stipule que SNCF Réseau n’a pas le droit de s’endetter au-delà de dix-huit fois sa marge opérationnelle. Et, fin juin, la dette avait atteint 44 milliards d’euros alors qu’elle devrait être plafonnée à 38. Réseau ne peut donc plus creuser son déficit pour investir dans de nouvelles lignes. Reste à définir quels investissements sont concernés. L’Arafer demande au gouvernement de mieux distinguer les dépenses d’entretien courant de celles qui « ne peuvent être considérées comme de la simple maintenance ».

Si l’Etat subventionne largement ces investissements, les sociétés de fret ont également dû mettre la main à la poche, en acquittant des péages plus importants pour utiliser le réseau. Cela plombe leur équilibre financier. Pis, le millier de chantiers annuels de régénération de l’infrastructure sont le plus souvent organisés la nuit, quand les trains de fret sont censés circuler. Comme pour les passagers, il faudra encore attendre dix ans pour les entreprises de fret pour que le réseau soit plus fonctionnel dixit Pepy d’ici là le FRET SNCF risque d’avoir disparu…..Au fait où en sont les conclusions et coupables de l’accident de Brétigny ? Toujours « en cours d’instruction » ?

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Cette entrée a été publiée le 16 décembre 2016 par dans anticapitalisme, écologie, services publics, transports.