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Pourquoi Lutte Ouvrière a appellè à voter blanc et pas à l’abstention ?

Faire le choix de l’incivisme

S’il y a bien un terrain sur lequel les révolutionnaires se positionnent de façon tactique, c’est celui des élections. Pour ce second tour, Lutte Ouvrière se prononce « contre l’ennemie mortelle des travailleurs [et] contre le valet du grand capital », mais finit par appeler à voter blanc. Pourquoi tant de civisme face à un système pour lequel ne compte, au final, que les suffrages exprimés et, à la marge, le taux d’abstention ?

C’est bien là tout le problème. C’est d’ailleurs en raison de cet aspect absolument anti-démocratique du système que plusieurs candidats, de Mélenchon à Dupont-Aignan, appelaient, dans leur programme, à ce que le vote blanc ou nul soit reconnu et comptabilisé. Au final, le bulletin blanc, c’est tout bénéf’ pour les candidats du système : ça ne mord pas sur le taux d’abstention, qui indique, lui, à sa façon, le niveau de défiance ou d’indifférence existant vis-à-vis d’un système électoral aux mille obstacles anti-démocratiques. Les votes blanc et nuls, eux, n’entrent pas dans le décompte des scores tels qu’ils sont présentés à l’issue du scrutin.

Dans l’hypothèse où, dans un front commun, les organisations du monde du travail et de la jeunesse opposés à la fille du borgne et à l’ex-banquier auraient déployé dans un certain nombre de bureaux représentatifs des scrutateurs pour faire un décompte officieux des votes exprimant la colère du monde du travail qui aurait pu se traduire dans un bulletin propre appelant à battre Macron et Le Pen, l’appel au vote nul aurait eu un sens. Mais dans le cadre actuel, la position de LO interpelle. Cela pose, en dernière instance, le rapport des révolutionnaires vis-à-vis des institutions de la bourgeoisie, de ses codes, de ses procédures et des multiples pressions au civisme et au respect des normes qu’elles génèrent.

Dans le passé déjà, en 2007, LO avait appelé, au second tour, à voter pour Ségolène Royal, alors que ses militants, à commencer par Nathalie Arthaud, se faisaient élire sur des listes d’union de la gauche et n’ont jamais dérogé sur les votes en conseil, que ce soit dans le 93 ou dans le Rhône. On sait combien le vote d’un budget municipal est loin d’être neutre, tout comme le fait, par exemple, de valider un arrêté municipal anti-Rrom lorsque l’on continue à siéger avec la majorité « de gauche » du maire qui l’a édicté.

Lors du pseudo-débat à 11, lors des tours de passage des candidats, Nathalie Arthaud avait par ailleurs reconnu que l’état d’urgence, « dans un premier temps », avait pu avoir une utilité. Lorsque l’on sait à quoi il a servi et que la militarisation renforcée par Hollande n’a contribué qu’à faire le lit du tout-sécuritaire, on peut être perplexe. Sur cette question, d’ailleurs, Lutte Ouvrière avait refusé de maintenir son appel à la manifestation contre l’état d’urgence du 29 novembre 2016, à Paris, interdite par la Préfecture de police et à la suite de laquelle 317 militants et militantes d’extrême gauche et écologistes ont été raflés.

Dans le sillage des manifestations policières de l’automne dernier, LO a même tenté de dialoguer avec la colère de ceux qui ne seraient, au final, que de « petits fonctionnaires ». Le livret de campagne de sa candidate va, d’ailleurs, dans le même sens. Ce n’est pas un hasard, donc, si LO se risque à la redondance dans l’édito du 1er mai en invitant à laisser le vote FN aux « policiers racistes ». Comme si l’un, structurellement, et indépendamment des individus qui composent la police, ne pouvait aller sans l’autre.

Ainsi, au lieu de faire un appel à la seule position antisystème qui existe, dans le cadre électoral actuel, à savoir celui de l’abstention, défendue dans la rue, dans la manif du 1ermai, dans les discussions sur les lieux de travail, par des centaines de milliers de jeunes, de salariés, d’électeurs et de militants du PCF, de la CGT, de la France Insoumise, LO a donc invitè à voter blanc.

C’est une fleur qui est faite au système, alors qu’il faut que pas une voix n’aille au FN, que Macron ne soit pas élu avec un score de dictateur, pour reprendre l’expression d’Arlette Laguiller en 2002, lors du second tour Chirac-Le Pen, et que, par conséquent, l’abstention soit la plus élevée possible. C’est la seule façon pour dire que, dès le 8 mai, c’est dans la rue, dans les boites et sur nos lieux de travail, que ça va se passer.

 

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Cette entrée a été publiée le 10 mai 2017 par dans anticapitalisme, idées, présidentielles.