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Le sauvetage très politique de l’entreprise GM&S

La société basée dans la Creuse devrait être reprise à la rentrée par le groupe GMD, qui prévoit de conserver 120 des 277 salariés. Un dossier sensible dans lequel l’État a joué les pompiers.

La quatrième fois aura été la bonne, ou presque. Lundi, le tribunal de commerce de Poitiers, qui avait reporté sa décision à trois reprises ces dernières semaines, a autorisé la poursuite de l’activité de l’équipementier GM&S et surtout ainsi validé l’offre de reprise – la seule – déposée par le groupe GMD. L’opération ne sera cependant définitivement actée que le 4 septembre, une fois réalisées les consultations légales du comité d’entreprise.

En attendant la décision du tribunal, les salariés de l’entreprise de La Souterraine qui avaient fait le déplacement à Poitiers oscillaient entre soulagement et résignation. Car la reprise de GM&S ne concerne que 120 des 277 salariés.

Le sauvetage de l’activité de GM&S, en redressement judiciaire depuis décembre dernier, a été une course contre la montre et une course d’obstacles. Ces dernières semaines, sous la pression exercée par le gouvernement, le repreneur GMD a obtenu plusieurs avancées déterminantes pour parvenir à une solution. L’État, PSA et Renault se sont engagés à investir à hauteur de 15 millions d’euros au total sur le site GM&S, auxquels s’ajoutent les investissements d’outillages spécifiques des deux constructeurs, nécessaires pour que l’usine produise les pièces qui leur sont destinées à chacun. Surtout, PSA et Renault ont signé des promesses de commandes sur les cinq ans à venir, de 12 millions et 10 millions d’euros par an respectivement. L’État a par ailleurs donné des garanties à GMD concernant le bail de l’usine – que GMD pourra racheter 1 million d’euros – et la dépollution du site.

PSA et Renault en première ligne

Restait à obtenir le feu vert des salariés qu’Alain Martineau, le patron de GMD, souhaitait obtenir avant de s’engager. Il ne l’a pas eu formellement, puisque les instances représentatives du personnel ne pouvaient se réunir avant la décision du tribunal. Mais le repreneur et les représentants des salariés se sont longuement entretenus jeudi dernier. À l’issue, le premier s’était dit prêt «a priori» à lever cette dernière condition.

«Les collègues vont pouvoir partir en vacances sans avoir à recevoir une lettre de licenciement. Ils seront tranquilles de ce côté-là, c’est déjà bien», a concédé Jean-Marc Ducourtioux, élu CGT. La bataille reprendra donc à la rentrée. L’avocat des salariés, Jean-Louis Borie, les encourage à la poursuivre pour obtenir plus de la part de PSA et de Renault. Les deux constructeurs sont mis en cause par certains chez GM&S pour avoir peu à peu (Renault dès 2012, et PSA depuis 2014) organisé leur chaîne d’approvisionnement en faisant de moins en moins appel à GM&S. Les deux groupes se refusent en tout cas, en plus de leur implication dans le sauvetage de l’entreprise, à s’engager à verser des indemnités supralégales de licenciement aux salariés.

Une fois la reprise confirmée, GMD devra intégrer le site de La Souterraine dans son dispositif de sous-traitance pour les grands noms de l’automobile. Le groupe, spécialisé dans l’emboutissage, la plasturgie, la fonderie, et l’étanchéité, compte 3750 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros.

 

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