NPA Comité Orléans Loiret

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Médecins des riches et “serment d’hypocrites” !

Vous lirez en suivant un article signé Christian Bidault, Rédacteur en Chef à Mag’Centre concernant « les déserts médicaux » et la Région Centre Val de Loire. Cette politique ne date pas d’aujourd’hui ! Elle a montré le bout du nez sous la ministre Bachelot dans sa forme quasi définitive et les Présidents et gouvernements successifs ont toujours joué des partitions différentes: L’une pour les usagers : « Nous améliorons le système en le concentrant autour d’unités super efficaces et dotées de structures et d’infrastructures dernier cris » ! L’autre pour les financiers, assureurs et investisseurs en laissant le champ libre à la privatisation des moyens jusqu’à proposer de permettre aujourd’hui le travail des infirmières de l’hôpital à l’extérieur…comme la plupart des médecins ! Comme cela ces derniers pourraient avoir leurs « petites infirmières » dans leurs cabinets privés ! Il manque de soignants et de personnels à l’Hôpital mais tout est bon pour privatiser !   NPA Orléans

En matière de médecine il existe deux tabous: la liberté d’installation des médecins alors que les six départements de la région Centre-Val de Loire sont ceux qui souffrent le plus en France de la désertification médicale. Deuxième tabou, au pays des deux métropoles, l’installation d’un CHU (Centre Hospitalier Universitaire) dans la capitale régionale, Orléans. 

Pourtant, certains commencent à mettre les pieds dans le plat. Comme Hugues Saury devenu sénateur le 24 septembre et qui se lâche sur ce problème de carence de médecins devenu un cancer de notre société. “Il est plus facile de construire des bâtiments que de faire venir des médecins”, lance t-il lors d’une émission Agora sur RCF. “Le problème c’est celui de la répartition des médecins sur le territoire. Ce n’est un secret pour personne les médecins qu’ils soient généralistes ou spécialistes, dès lors qu’ils en ont la liberté, préfèrent s’installer sur la côte d’azur ou sur la côte Basque. Alors les collectivités locales, régions départements, selon le terme du sénateur du Loiret, “draguent les médecins”. Tapis rouge pour les attirer. Des millions d’euros sont dépensés (l’argent du contribuable, donc du patient) pour construire des MSP (Maisons Pluridisciplinaires de Santé) où l’on propose aux médecins de s’installer avec des professions paramédicales  (infirmière, kiné…).

Problème: bien souvent ces MSP sont occupées par des médecins qui avaient déjà un cabinet dans la même commune mais qui trouvent en MSP un confort de vie  avec notamment des gardes partagées… Pire, dans d’autres petites villes les MSP sont vides ou presque, comme à Bray-en-Val dans le Loiret. 

35 mesures régionales

Durant la session qui vient de s’ouvrir la région a proposé “35 mesures pour la santé” avec “dix actions phares”. “La désertification médicale c’est la rupture du pacte républicain”, lance convaincu François Bonneau le président de région qui veut lier son action “à celle de l’État”. (Lire par ailleurs). 

Récemment le Conseil départemental du Loiret s’est aussi mobilisé. Outre la construction de 125 maisons de santé contre 100 prévues, la région va maintenant jusqu’à proposer d’accompagner financièrement le conjoint. Elle demande aussi à l’État de relever le numérus clausus à 300 médecins, formés à Tours. “On peut se demander si les collectivités ne vont pas au delà de leur rôle”, s’interroge Hugues Saury, pharmacien à Olivet à l’origine, qui prend l’exemple de sa profession de santé, elle parfaitement réglementée. “Je suis pour une forme d’organisation et de contrainte“, dit Hugues Saury, “peut être pas aussi drastique que celle des pharmaciens…afin que l’on puisse avoir un médecins près de chez soi”.

Quant à la télé-médecine, la tarte à la crème servie pour pallier à la désertification, va t-elle aboutir  demande-t-il,  à “des médecins installés dans des régions à haute qualité de vie et de l’autre des patients soignés devant leur écran qui n’auront la perspective que d’avoir comme médecin un praticien installé dans une zone ensoleillé”, se demande le sénateur.

Ce sera surtout pratique pour ces signataires du serment d’Hippocrate qui pourront ainsi d’un œil soigner leur patient et de l’autre surveiller la santé de leur voilier amarré dans le port de Cannes ou de Saint-Jean-de-Luz ?

Vigier en pointe

 

Pour le député d’Eure-et-Loir, Philippe Vigier, (UDI) pharmacien de formation lui aussi, auteur de la proposition de loi visant à établir un accès équitable aux soins sur tout le territoire, qui avait été retoqué sous la gauche, le plan présenté par le gouvernement sera malheureusement insuffisant pour stopper la progression des déserts médicaux. « S’il présente de vraies avancées, ce plan n’est pourtant pas à la hauteur de la fracture médicale qui mine notre cohésion sociale et territoriale.”. Philippe Vigier demande en outre, “où est la suppression du numérus clausus, promise par Emmanuel Macron?”.

Pour sa part le CESER (les socio-économiques) de la région qui siégeait lundi en amont du conseil régional, prône aussi l’augmentation du numerus clausus en région Centre-Val de Loire de à 300 médecins qui est “indispensable” (255 en 2017), mais qui ne “portera ses fruits que dans quelques années”.

Mais il suggère aussi d’aller au-delà des transferts d’internes et de praticiens au niveau chefs de clinique du CHU de Tours vers CHRO d’Orléans. Il ose demander, “dans le cadre de la métropolisation”, il serait “nécessaire que les deux métropoles de la région disposent d’un centre hospitalier universitaire, Orléans demeurant la seule capitale régionale à ne pas en être dotée”.Conseil suivi par la droite régionale qui propose une vraie fusion des deux hôpitaux métropolitains.

Organiser l’installation territoriale des médecins dans les régions et créer un CHU à Orléans: avant que ces deux réformes ne voient le jour, nombreux seront encore pendant des années les patients à se casser le nez pour décrocher une rendez-vous chez un généraliste ou un spécialiste.

Ch.B. 

Les médecins des “fonctionnaires libéraux” qui font “le serment d’hypocrites”

 

Pour soigner la Région Centre-Val de Loire, premier désert médical français, la classe politique s’est prononcé à l’unanimité pour des remèdes d’urgence. Pas un traitement de cheval, pas encore. En effet le Conseil régional, bien qu’il n’ait aucune compétence dans ce domaine s’est doté de plans “urgence santé” depuis 2011. Il investi 20 millions par an pour construire des Maison de Santé Pluridisciplinaires et 35 millions sur les formations paramédicales (infirmières,, kiné, orthophonistes…). Cautère sur une jambe de bois ? Droite et gauche se sont affichées déterminées à changer de logiciel. Témoin la “transgression” de Guillaume Peltier, le patron de l’opposition de droite qui n’hésite pas à dire à propos des médecins : “ce sont des fonctionnaires-libéraux”. Comment mieux qualifier en effet ces professionnels qui sont payés par la Sécurité sociale (et par les mutuelles) et qui ont a liberté de s’installer où bon leur semble? Le beurre et l’argent du beurre en somme. “L’État va devoir réfléchir à une forme de contrainte”, a poursuivi le député du Loir-et-Cher qui est allé jusqu’à évoquer “le serment d’hypocrite”. 

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Premier remède, le conventionnement sélectif

 

Pour Jean-Patrick Gille, le patron du groupe PS, “le conventionnement différent selon les zones géographiques”, proposé par le plan régional 2017 à l’adresse de l’État, n’est pas une panacée mais une bonne formule quant même. Contrainte, coercition, les mots tabous ont (enfin) été prononcés jeudi dans l’hémicycle régional.

Mais comme Harold Huwart, le vice-président à l’économie on peut s’étonner du grand “mystère” de la politique de santé en France: “nous sommes dans un consensus. Quand on écoute les élus, nous sommes tous d’accord pour aller plus loin que l’incitation”. Et l’élu de Nogent-le-Rotrou de citer  une saillie du  président du département d’Eure-et-Loir, Claude Térouinard, “fraîchement élu” mardi: “il est plus facile d’envoyer un cosmonaute sur la lune que de faire venir un médecin en zone rurale”. Et pas seulement en zone rurale, puisque selon Jean-Patrick Gille, même à Tours, ville du CHU, la métropole commence à manquer de généralistes. Conclusion d’Harold Huwart, “il n’y a qu’une seule personne favorable à la liberté d’installation, c’est la ministre de la Santé“, a dit le vice-président de région, évoquant aussi des“lobbies présents partout”.

Veut-il par là évoquer l’Ordre des médecins et  leurs confrères parlementaires? Quant à la ministre de la Santé d’avant, personne n’a oublié qu’elle s’appelait Marisol Touraine et comme son nom l’indique, qu’elle était élue de la région de France… la plus sinistrée en matière médicale. C’est dire si l’obstacle est de taille !

Ch.B

 

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Cette entrée a été publiée le 20 octobre 2017 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, HÔPITAL, santé.