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Santé publique en région Centre Val de Loire : une mort programmée

ARS Centre-Val de Loire : Les femmes ne lui disent pas merci

Dans le cadre des restructurations tous azimuts des hôpitaux publics, l’ARS a comme cible principale les maternités. Longtemps épargnée par les coupes claires financières à cause de son sous-équipement notoire, la région Centre Val de Loire affronte à son tour l’austérité et les technocratiques plans de retour à l’équilibre.

 

Pour rappel la région Centre est la lanterne rouge en France pour sa démographie médicale et infirmière. Notre région est aussi une des dernières en terme d’offre hospitalière. C’est dans ce cadre très défavorable pour l’accès aux soins que la direction de l’Agence Régionale de Santé vise avec une violence rare toutes les maternités de la région.

 

C’est une véritable avalanche de fermetures, de coups bas budgétaires au nom, tantôt de la sécurité, tantôt de la rentabilité. La seule règle faire des économies sur une activité médicale qui accompagne la naissance et l’épanouissement des femmes et des familles. Peu importe les pertes de chances et leurs cortèges de souffrance, peu importe si les accouchements risquent de plus en plus de se dérouler sur les bords d’une nationale ou d’une départementale. Les technocrates parasites de l’ARS déroulent, sans aucun état d’âme, leur mécanique infernale. Finie la médecine hospitalière de proximité, vivent les usines à bébé impersonnelles et froides !

 

Dans cette région, championne de France des déserts médicaux (43 recensés par l’Ordre des médecins pour 6 départements), l’ARS ne recule devant rien, quitte à renier ses engagements passés. Seule compte la vaste casse de la santé publique pour pouvoir répondre aux injonctions du gouvernement et du MEDEF de baisse des dépenses de santé et des cotisations sociales. Les 3 nouveaux milliards d’économies imposées sur le budget de la sécurité sociale ne font qu’aggraver les politiques des gouvernements précédents. Toujours les mêmes recettes indigestes pour les hospitaliers et la population ! Et en avant vers les paradis fiscaux, la corruption et les trafics en tous genres. Là c’est “no limit” !

Ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient frappés !

L’Indre, l’Indre-et-Loire, le Loiret sont parmi les premiers départements sinistrés. L’hôpital du Blanc a ouvert le bal, puis ceux de Pithiviers, Vierzon, Amboise et Orléans maintenant. Petites structures locales ou centres hospitaliers régionaux, tous sont frappés à des degrés divers.

Le Blanc avait espéré échapper au jeu de massacre en s’adossant à Châteauroux. Las, le contrat liant les deux établissements n’a jamais été appliqué par l’hôpital référent faute de moyens. Les menaces de fermetures de la maternité et de la chirurgie se précisent. Après les manifestations historiques de 2011 (plus de 8000 personnes dans les rues du Blanc), la population a de nouveau exprimé sa juste colère le jour de la Saint Just, le 14 octobre dernier. Plus de 3000 personnes refusent de voir disparaitre leur hôpital très isolé géographiquement. Le bras de fer population-élus-hospitaliers contre ARS fait de nouveau la une des médias locaux. Le rapport de force semble puissant en faveur des habitants mais suffira-t-il face à l’obscurantisme techno-libéral de l’ARS et du ministère ?

A Vierzon c’est la carte du déficit qu’a abattu l’ARS. La maternité, plus de 500 accouchements par an, est menacée de fermeture et d’être transformée en centre de périnatalité. 40 suppressions d’emplois sont aussi sur la sellette. On a laissé le choix à l’hôpital, maternité contre emplois ! A vous de choisir. Quel cynisme et quel mépris.

Les habitants refusent cette mécanique suicidaire pour leur hôpital. Une pétition largement approuvée par la population,18 000 signatures, a été remise par une délégation motivée à l’ARS le 24 octobre dernier. Elus, hospitaliers, syndicats CGT et FO (la CFDT préférant être reçue à part) on fait part de leur refus de ce marché de dupes. Le maire de Vierzon espère un soutien financier exceptionnel pour reculer l’échéance mais l’ARS reste bien silencieuse et joue le pourrissement de la situation comme à son habitude.

Pithiviers a déjà été lourdement frappé. Sa chirurgie avait été sacrifiée il y a 20 ans et sa maternité, il y a un an. Le budget de l’établissement affiche un déficit de 3 millions d’euros en 2017. La fermeture de la maternité n’a donc rien arrangé question budget, bien au contraire. La perte du financement des plus de 600 accouchements par an et de l’activité des urgences liées à l’obstétrique explique ce déficit en grande partie. Finalement cette fermeture à la hussarde imposée par l’ARS et Marisol Touraine “sinistre” de la santé à l’époque n’a rien réglé. Elle aura simplement permis de sauver l’obstétrique de la clinique commerciale Oréliance en grande difficulté par manque de médecins et surtout à cause des dépassements d’honoraires et des multiples “petits suppléments” restant à charge des parturientes. Plus le temps passe, plus le constat est clair. L’ARS a fait le choix délibéré de sauver une activité de santé commerciale plutôt que d’assurer la sécurité et la qualité de prise en charge dans un hôpital public de proximité.

Alors qui fera les frais de ce déficit. Le centre de périnatalité comme à Amboise ? Les contractuelles en CDD ?

Le maire, président du conseil de surveillance se veut rassurant. Mais il n’est qu’une marionnette sans pouvoir et sans vision pour l’hôpital de sa ville. Sa solution : l’aide apportée par le CHRO. On a vu le résultat pour la maternité où la direction et les médecins du CHR ont laissé crever sciemment Pithiviers au mépris de la santé publique de ce territoire.

Orléans est en déficit de 15 millions d’euros sur 2017. Comment aider sans moyens, en plein “plan de retour à l’équilibre” qui sacrifie particulièrement l’emploi, un autre hôpital ? Mission impossible. La seule certitude, le CHR va essayer de récupérer les dernières activités rentables de Pithiviers et cet hôpital de proximité va se transformer en centre gériatrique et en un immense EHPAD. Voilà le réel objectif des joyeux pARaSites.

Amboise est aussi en grand danger. L’ARS a imposé fin août, sans aucune concertation, par un simple courrier, une nouvelle baisse de 250 000 € du budget du centre de périnatalité (sur 1,5 millions) alors que l’activité du centre a déjà augmenté de 24 % cette année.

La maternité a fermé en 2003 et c’est à Tours que les accouchements se déroulent depuis. Les bébés et mamans sont ensuite rapatriés sur Amboise pour l’hospitalisation, environ 3 jours. Sur ce territoire de plus de 100 000 habitant-es l’ARS fait clairement le choix du désert hospitalier. Là aussi la mise en place d’un groupement hospitalier de territoire va concentrer sur le CHU de Tours toutes les activités rentables au mépris de la médecine hospitalière de proximité.

Et là aussi les 12 millions d’euros de déficit du CHU confronté à un plan de retour à l’équilibre n’augurent rien de bon quant à une aide éventuelle d’établissement à établissement. Suppression d’emplois (400 dans un premier temps et 800 à terme), fermetures de 100 lits en 2018, plus de 350 pour les années à venir et de 16 salles d’opérations, le CHU est en pleine tourmente sociale et médicale (et immobilière avec, entre autre, la fermeture de Clocheville, l’hôpital pour enfants).

La population d’Amboise est en colère et tous les élus sont en révolte contre cette nouvelle décision technocratique des joyeux pARaSites. Certains réclament à juste titre la réouverture pure et simple d’une maternité. Une pétition de plusieurs milliers de signatures circule, premier pas dans l’expression de cette colère. Un rassemblement à l’appel de SUD et FO a eu lieu le 14 octobre avec plus de 200 participants.

Orléans Le CHR semblait à l’abri du massacre, du moins pour sa maternité, la plus importante de toute la région et une des plus grosses de France (près de 5000 accouchements/an). C’était méconnaitre la déloyauté de sa direction et de l’ARS.

Devant le déficit de 15 millions, provoqué par une tarification inadaptée à l’exercice hospitalier public, le CHR d’Orléans n’échappe pas plus au plan de retour à l’équilibre que des centaines d’autres hôpitaux en France.

L’obstétrique qui à elle seule génère plus de 20 % du budget de l’hôpital et qui est largement excédentaire, entre dépenses et recettes, doit passer à la moulinette comme les autres. Prétextant un léger tassement de l’activité la direction supprime brutalement au printemps des lits et des emplois sans réelle concertation. Puis l’activité très rapidement revenue et dépassant même le niveau précédent, la direction “oublie” de remettre les emplois avec les lits ré-ouverts en catastrophe. Trou de mémoire volontaire, Alzheimer précoce, nul ne sait. Sans doute le burn-out de certains cadres de direction dépassés par l’ampleur de la tâche lorsqu’ils doivent choisir bagnoles de fonction et luxueux meubles de bureau. Mais le mal est là.

Dans l’équipe médicale et paramédicale, celles et ceux qui avait fait la sourde oreille aux appels au secours de leurs collègues de Pithiviers déchantent et réalisent que c’est une attaque d’ensemble contre toutes les maternités de la région et de France qu’a lancé le ministère et les ARS.

La lutte démarrée dans l’unité syndicale, SUD, CFDT, CGT, FO et la participation massive du personnel énervent technocrates et décideurs.

Une grève reconductible ponctuée d’actions médiatiques a été lancée avant les vacances de Toussaint. La direction a massivement assigné les collègues au travail et joue l’enlisement du mouvement. Le personnel ne désarme pas et tient bon jusqu’à satisfaction : envahissement du CTE et du conseil de surveillance, interpellation des élus, assemblées générales, adresses au public et à la presse, pétition sur les réseaux sociaux ayant déjà recueilli en quelques jours plus de 12 000 signatures, action le lendemain du 1er novembre avec mise en scène des obsèques de la qualité tragiquement assassinée par une direction totalement sourde aux appels au secours, préparation d’une future marche vers la ville et l’ARS… Le personnel ne manque pas d’idées et de détermination. Quel contraste avec les culs serrés de la direction arcboutés à leurs certitudes comptables. C’est là qu’on voit qui sont les véritables défenseurs de l’hôpital public et qui sont les casseurs.

LES METTRE EN ÉCHEC ET MAT

Dans toute la région et dans tout le pays les hôpitaux entrent en bagarre les uns après les autres contre les plans d’austérité et de retour à l’équilibre. Chaque année les déficits se creusent par la baisse de la tarification et des budgets complémentaires. Jusqu’où iront-ils si on ne les arrête pas ?

Cette destruction lente mais inexorable du système hospitalier public et de son offre de soins met directement en péril patients et familles. La tension monte entre soignant-es débordé-es et usagers. L’agressivité se répand comme une épidémie incontrôlable nourrie du manque de personnel et de la dégradation des conditions de travail. Les temps d’attentes invraisemblables dans les services d’urgence, le manque de lits, les délais de rendez-vous pour les consultations et examens à plus de 6 mois, tout concourt à la perte de chance pour les patients, à l’épuisement et au burn-out pour le personnel.

Il faut en sortir tous ensemble et réaffirmer avec force notre attachement à une santé publique de qualité. Nous n’y arriverons pas si nous restons divisé-es et isolé-es. Les centrales syndicales, les associations d’usagers et les partis politiques attachés aux droits des femmes et des hommes de ce pays doivent se lever et faire barrage à cette lugubre politique de mise à mort de la santé publique.

Des maternités aux EHPAD, contre leur mort comptable, faisons triompher la vie.

Jean

 

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Cette entrée a été publiée le 9 novembre 2017 par dans anticapitalisme, HÔPITAL, services publics.