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TOURS Urgences sous tension : “ Du jamais vu ”

Quand donc les confédérations syndicales organiseront-elles une mobilisation nationale de tous les hôpitaux, avec l’appui des usagers et patients, contre les politiques de restrictions budgétaires poursuivies par la ministre en place ?

Ca suffit de se battre hôpital après hôpital, service après service pour les mêmes motifs : Fermetures de lits, réductions de personnels et externalisations vers le privé !

 

Les temps d’attente s’allongent aux urgences du CHU de Tours, en raison notamment de l’indisponibilité de lits dans les services d’hospitalisation.
Plusieurs témoignages de patients et de soignants décrivent des urgences saturées au CHU de Tours. Pour la direction, il n’y a “ rien d’anormal ”.

Les alertes arrivent, éparses. De cet homme âgé qui a attendu plus de dix heures aux urgences du CHRU de Tours, un lendemain de Noël, finalement pris en charge le lendemain à la clinique de l’Alliance pour une occlusion intestinale.

De ce presque trentenaire qui a patienté 13 heures dans les couloirs, quatre jours après le début de l’année 2018, avant que les urgentistes écartent tout soupçon de méningite.

De ce quinquagénaire arrivé après une chute de vélo mardi dernier, reparti 24 heures plus tard avec sa double fracture du poignet toujours en attente d’une opération jugée urgente.

Les syndicats Sud et CGT évoquent des délais d’attente pouvant atteindre jusqu’à 12 heures avant le premier contact médical, et 40 heures avant un transfert en hospitalisation.

Les périodes de tensions sont fréquentes dans les services d’urgence. Pour la direction du CHU, qui compte de son côté un temps d’attente moyen de 2 heures, la situation n’a rien d’anormal « au regard de la saison et des années précédentes ».

« A ce point de difficultés, on n’avait jamais vu », lâche pourtant un membre (*) de l’équipe des urgences.
Des perfusions posées dans le couloir Les pires tableaux dépeignent une salle d’attente bondée, « jusqu’à 40 personnes qui attendent au triage », des prises de sang et des perfusions « posées dans le couloir », des personnes affaiblies affalées sur des chaises faute de brancards disponibles, des patients laissés « sans aucune explication ni traitement » pendant plusieurs heures, d’opérations « urgentes » reportées plusieurs fois…

En cette période d’épidémie grippale, notamment, l’activité a bien connu une hausse conséquente, passant d’une moyenne de 130 passages par jour à 180, selon le syndicat Sud – « 140 ce jeudi et vendredi », rapporte la direction – mais « le principal problème, ce sont les lits d’aval [lits d’hospitalisation dans les différents services, NDLR] y compris dans les périodes normales : on ne peut pas faire sortir les patients des urgences », explique un soignant.

Ces derniers occupent alors les brancards qu’attendent de nouveaux patients. D’où les heures qui s’étirent dans les sas d’attente.

Des personnes victimes de fractures de col du fémur sont ainsi gardées des heures sur des brancards aux urgences en attendant qu’une place se libère dans le service d’orthopédie. « Service où 12 lits ont été fermés cet été », rappelle Claire Delore, représentante CGT.

D’autres encore attendent une nuit dans un box une opération de l’appendicite. Et reviennent même parfois en postopératoire aux urgences, faute de lits dans les services de chirurgie digestive. « Il arrive même qu’il manque de places en réanimation », souffle un urgentiste.

En quête de lits, le service sollicite régulièrement les hôpitaux périphériques du département, et même les cliniques. « Nous avons au niveau de l’établissement une soixantaine de lits de disponibles », répond de son côté la direction.

Les témoignages que nous avons recueillis prennent pourtant le visage de soignants épuisés qui courent, parfois littéralement, d’un patient à l’autre, de pompiers « qui stagnent » auprès de patients en attente alors que leur centre opérationnel a besoin d’eux, de patients qui s’épuisent, de familles qui s’inquiètent.

« Il n’y a pas pour l’instant de défaut de prise en charge », concède un soignant. Avant d’ajouter : « Mais très clairement une forme de maltraitance », pour le personnel comme pour les patients.

« On ne connaît pas les conséquences des retards de prises en charge », ajoute un autre. « Des interventions reprogrammées, reportées plusieurs fois du fait de manque de lit et de personnel, cela peut créer des situations plus complexes, ébauche François Baudry, représentant Sud. Il y a un vrai danger pour la population. »

témoignage

“ Du paracétamol et une promesse d’opération… à la clinique ”

Les vacances scolaires sont terminées, l’épidémie de grippe semble régresser, et pourtant. Une chute de vélo, un mardi soir. Aux urgences de l’hôpital Trousseau, l’accueil est rapide : « En dix minutes, le dossier était entre les mains de l’infirmière de régulation », raconte Anne, venue accompagner son conjoint. Trente minutes plus tard, Olivier passait une première radio. « On s’est dit que c’était super efficace », se souvient le couple. Le bilan arrive rapidement : une double fracture assortie d’un arrachement osseux. Le chirurgien orthopédiste est prévenu, et se met en quête d’un lit dans son service, et d’une place au bloc opératoire.
« A 22 h, j’étais encore assis sur une chaise avec du paracétamol », raconte Olivier. La prescription pour calmer la douleur n’arrivera qu’une demi-heure plus tard avec la visite d’un médecin. « A 23 h, j’avais une place sur un brancard, et une opération programmée pour le lendemain matin », se rassénère alors le blessé. Au matin, on lui annonce le report de son opération à l’après-midi, faute de place. « Je n’avais pas mangé ni bu depuis la veille au soir, et le jeûne devait continuer jusqu’à l’opération », raconte Olivier. L’après-midi, l’opération est finalement annulée. « On lui a donné le nom d’un médecin à la clinique de l’Alliance qui pourrait l’opérer le vendredi », rapporte Anne. « Je l’ai récupéré 24 heures après notre arrivée en caleçon et en blouse d’hôpital, on avait déjà récupéré le brancard », ajoute-t-elle. Rentré chez lui avec « du paracétamol et une promesse d’opération », Olivier se verra bien confirmer son opération par la clinique le jeudi après-midi. « Le personnel a été super, gentil, le chirurgien était vraiment embêté… Mais l’hôpital est plein, c’est cela qui est scandaleux », peste le couple, amer.

 

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Cette entrée a été publiée le 14 janvier 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, HÔPITAL, santé.