NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

« Nucléaire, danger immédiat » : le parc français au bord de la rupture

Dans leur enquête Nucléaire, danger immédiat, les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude mettent en lumière ce que nous dénonçons au quotidien à propos du parc nucléaire français : des incidents en cascade aux installations vieillissantes de plus en plus dangereuses, les centrales françaises sont au bord de la rupture. Pourtant, EDF envisage encore et toujours de les prolonger. L’hypothèse d’une catastrophe semblable à celle de Fukushima en France semble de plus en plus probable.

L’état réel des centrales nucléaires françaises de nouveau pointé du doigt

Le livre Nucléaire, danger immédiat, qui sortira le 7 février 2018, écorne sérieusement l’image d’Epinal des centrales nucléaires françaises. Menée par deux journalistes d’investigation, l’enquête au long cours fait état de défauts – structurels ou liés à l’usure – fragilisant dangereusement certaines centrales, dans un contexte où plus des deux tiers des réacteurs français auront atteint leurs 40 ans de fonctionnement à l’horizon 2028 et où EDF fait son possible pour les prolonger. Cet ouvrage fait écho à La farce cachée du nucléaire de Nozomi Shihiro, paru en mars 2017 et édité par le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui révèle les arcanes de l’industrie atomique, dévoile les mensonges d’EDF et l’état réel de nos centrales. Dans Nucléaire, danger immédiat, les auteurs alertent notamment sur les défauts constatés de certains réacteurs qui rendent la perspective de la prolongation de ceux-ci d’autant plus irréaliste. « Selon EDF, 10 cuves en exploitation ont des fissures qui datent de leur fabrication. […]Si elles grandissent, elles pourraient percer la cuve », écrivent ainsi les auteurs.

Nucléair danger immédiat

Tricastin sous le feu des projecteurs

« Tricastin, avec son réacteur n° 1, est la pire centrale du pays. Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans ! » indiquent les journalistes, ajoutant même à la liste un risque non-négligeable d’inondation. Ils rappellent à ce sujet les mots du président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, qui avait indiqué « qu’en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima ». En septembre 2017, ces quatre réacteurs avaient d’ailleurs été mis à l’arrêt. Officiellement pour les risques d’inondation encourus en raison de l’état lamentable de la digue qui sépare le site nucléaire du canal. Officieusement, quand on creuse un peu les évènements survenus dles mois précédents, on comprend encore mieux cette décision de l’Autorité de sûreté nucléaire (consulter notre article « Pourquoi Tricastin est à l’arrêt« ). L’ensemble du site a redémarré en décembre 2017, mais les problèmes n’ont pas cessé pour autant. Lors du redémarrage du réacteur 3, c’est un des capteurs du niveau d’eau d’un générateur de vapeur qui dysfonctionne et n’est pas remis en état dans les temps. Inquiétant quand on sait que la mesure du niveau d’eau dans les générateurs de vapeur est essentielle pour la sûreté de l’installation en fonctionnement normal, mais aussi pour la conduite du réacteur en situation accidentelle. Quelques jours plus tard, évacuation du personnel du bâtiment auxiliaire n°9 et des bâtiments réacteurs 1 et 2. Une erreur lors de manœuvres sur les vannes du circuit de traitement du réservoir des effluents gazeux a provoqué des rejets de gaz radioactifs dans les bâtiments et dans l’environnement. Les personnes évacuées ont du subir un test de contrôle de contamination. La Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD) a d’ailleurs interrogé EDF sur ces rejets gazeux, la communication de l’exploitant restant comme à son habitude minimaliste et minimisante.

Des défauts semblables aux cuves des réacteurs belges

Parmi les autres révélations au cœur de ce livre, il y a les carences de la machine utilisée pour l’inspection des cuves des réacteurs, qui analyse l’état de l’acier mais « que sur une toute petite partie de l’épaisseur de métal ». Au début des années 2010, des défauts décelés sur plusieurs cuves de centrales belges (notamment Doel et Tihange) similaires à celles françaises ont poussé l’ASN et l’IRSN à tenir un discours rassurant : « En France, le même type de contrôle que celui réalisé à Doel est effectué lors de chaque visite décennale des réacteurs. A ce jour, aucun défaut comparable n’a été mis en évidence sur un réacteur en service en France ». Pourtant, ces malfaçons constituées de bulles d’hydrogène dans le métal qui auraient été emprisonnées au moment de la fabrication, sont également présentes sur six cuves en France, d’après des tests menés par EDF elle-même.

« Pour n’importe qui, un acier fissuré, fracturé, est bien évidemment moins solide qu’un acier sans défaut. En est-il de même pour l’industrie nucléaire ? » interrogent enfin les deux auteurs du livre. L’industrie nucléaire ne peut pas continuer à menacer plus longtemps la sécurité des populations européennes : la sortie du nucléaire s’impose en urgence !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 5 février 2018 par dans anticapitalisme, nucléaire.