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Le point sur les mobilisations étudiantes et lycéennes

27 mars 2018

La mobilisation contre la sélection à l’université, couplée à un mécontentement social lié à la destruction du service public, semble enfin prendre de l’ampleur en région parisienne. La fac de Tolbiac a voté la grève et l’occupation. Plusieurs RDV devraient circuler dans les prochains jours.

En région parisienne

  • Lycées : Plus d’une trentaine de lycées bloqués en région parisienne le 22 mars, le RDV 11h Nation a rassemblé environ un millier de personnes avant de retrouver la manif des cheminot.e.s. Certain.e.s lycéen.ne.s avaient décidé quant à elleux de rejoindre directement le cortège de la fonction publique.
  • Paris 4 : Blocage le 22 du site de Clignancourt
  • Nanterre : Blocage le 22 de certains bâtiments et perturbation d’une commémoration officielle de Mai 68. Prochaine AG le jeudi 29 mars à 12h30 (amphi D1)
  • Paris 7 : Prochaine AG le jeudi 29 mars à 12h30
  • Paris 1 : Le 22, la plupart des bâtiments universitaires étaient fermés administrativement, une AG a cependant pu se tenir place de la Sorbonne avant de partir en manif sauvage pour rejoindre le cortège de la fonction publique. Lundi 26, une AG de 700 personnes à la fac de Tolbiac (13e arrondissement) a voté le blocage avec occupation pour toute la semaine. AG du site St-Charles le mercredi 28 mars à 11h.

Prochains rendez-vous :

  • Mardi 27 mars, rdv 16h devant la Sorbonne contre la venue de Vidal.
  • AG éducation Inter-établissements, mardi 27 mars à 18h, à la Bourse du travail de Paris
  • Assemblée Générale de l’Education dans le 93, mardi 27 mars à 18h30 à la Bourse du travail de St-Denis
  • Coordination éducation du Val-d’Oise, mardi 3 avril, heure et lieu à déterminer
  • Programme permanent à Tolbiac occupée
  • Nanterre : Prochaine AG, jeudi 29 à 12h30 en salle D1
  • Paris 7 : Prochaine AG le jeudi 29 mars à 12h30
  • Paris 1 St-Charles : AG du site le mercredi 28 mars à 11h
  • Paris 1 Tolbiac : AG jeudi 29 mars à 10h, amphi N

Agression fasciste à Montpellier, réactions partout

Dans la nuit du 22 au 23 mars, un groupuscule fascistes, armés de bâtons et de tasers, pénétre dans l’amphi occupé de la fac de Droit de Montpellier, avec l’aide et la complicité du doyen, Philippe Pétel. Ils agressent violemment plusieurs étudiants, certain.e.s seront hospitalisés, avant de se réfugier dans la fac. Parmi les attaquants, les étudiant.e.s reconnaissent certains de leurs profs, chargés de TD et d’autres étudiants. La responsabilité de Pétel dans cette attaque est établie. La présence de membres de groupuscules néo-nazis pourraient également être confirmée. L’attaque s’inscrit dans une recrudescence des actions violentes de l’extrême-droite, comme au Lycée autogéré de Paris, et en particulier la montée en puissance du GUD (Groupe Union Défense, un groupuscule ultra-violent et antisémite).

A lire aussi : Le lycée autogéré de Paris à nouveau attaqué par des individus d’extrême-droite

 

Si le doyen a démissionné sous la pression, il demeure en poste, ainsi que les profs reconnus. C’est toute la structure de la fac de Montpellier, où le GUD a pendant plusieurs années eu un local officiel, qui serait remise en question s’il était question de faire le ménage. C’est d’autres facs de droit, creusets de l’extrême-droite universitaire (avec des profs qui ne cachent pas leurs sympathie nazie), à Assas ou Lyon 3, qui seraient remises en cause.
Des rassemblements et manifs solidaires avec les étudiant.e.s de l’amphi occupé ont eu lieu dans toute la France : Tours, Paris, Toulouse, Saint-Etienne, à Lille, où un amphi a été occupé en fac de droit, ou encore Lyon où un Gala de la fac de Droit auquel Pétel était invité a été envahi

La mobilisation en France

  • Lycées : Difficile de dresser une liste, selon quelques échos des réseaux sociaux il semble que de nombreux lycées aient tout de même été bloqués un peu partout en France le 22 mars.

A lire aussi : Quelques conseils pour bien bloquer son lycée

Du côté des facs, la semaine a été marquée par différentes attaques policières et fascistes sur les campus en lutte. La mobilisation semble avoir franchi un nouveau cap : plus d’universités étant en effet mobilisées le 22, et plus d’étudiant-e-s en AG et en manif dans celles qui l’étaient déjà, en comparaison des dernières journées d’appel national.

  • Nancy : La fac est bloquée depuis le 22 mars. Voir sur Manif’Est.
  • Limoges : Malgré un début poussif de la mobilisation en octobre, les choses se sont accélérées fin janvier, avec des AGs plus massives, des barrages filtrants et une bataille de tags dans le campus. Voir sur La Bogue.
  • Toulouse : Un bilan de la situation à Toulouse dans cet article. L’AG du Mirail du 26 mars (2500 personnes !) a reconduit à une très large majorité le blocage et l’occupation au moins jusqu’à jeudi.
  • Grenoble : 150 personnes ont tenté de perturber un colloque réunissant de nombreux acteurs de la militarisation des frontières (Frontex, Euromed Police, Europol) sur le campus de l’université, et se sont fait violemment réprimé.e.s par les flics. Voir sur CRIC.
  • Poitiers : Un amphithéâtre est occupé par les étudiants depuis la semaine dernière.
  • Rennes : grosse mobilisation depuis plusieurs mois sur le campus de Rennes 2. AG massives, blocages totals récurrents. Le 22 mars, le bâtiment de la présidence de Rennes 2 a été bloqué, ainsi que l’IEP (science-po). Suivi de la mobilisation sur expansive.info. L’amphi B7 a été réoccupé.
  • Strasbourg : Occupation par une centaine de personnes puis expulsion par les flics du Palais universitaire le 22. Le Palais universitaire a été réoccupé le 26 mars et tient.
  • Nantes : Campus de lettres et sciences humaines bloqué le 22, AG de 600 personnes. Après déblocage par la présidence dans l’après-midi, le blocus a repris vendredi 23 mars. Les revendications dépassent la question de la sélection puisqu’il s’agit aussi du droit des migrants qui occupaient un bâtiment de la Fac. Le 27, 1000 personnes en AG.
  • Bordeaux : Blocage le 22 et occupation toujours en cours à Bordeaux 2 depuis la première intervention policière
  • Lille : Occupation puis expulsion par les flics d’un amphi à Lille 3, blocage de l’IEP le 22, lundi 26 une AG qui se tenait à Lille 2 a été attaquée par des fafs, en réponse les participant-e-s à l’AG sont partis en manif sauvage dans les rues de la ville jusqu’à 22h.
  • Pau : : Blocage de la fac les 21 et 22 mars, plus de 200 étudiant-e-s à la manif du 22 ce qui est très important pour une ville comme Pau.
  • Montpellier : Outre les réactions à l’agression fasciste à la fac de droit, blocage reconduit à la fac de lettres. Le 27 mars, 3000 personnes en AG à Paul Valéry.
  • Lyon : Le 22, blocage du campus des Quais à Lyon 2.
  • Rouen : Ça commence à bouger à Rouen également. 200 personnes en AG le 27 mars.
    (liste non-exhaustive)

Quelle coordination pour le mouvement ?

Il existe actuellement deux structures de coordination pour le mouvement étudiant :

  • La Coordination Nationale de Lutte, qui s’est rassemblée à Rennes les 17 et 18 mars et doit se réunir de nouveau le week-end prochain à Bordeaux.
  • La Coordination Nationale Etudiante (CNE), qui s’était réunie une première fois le même week-end à Montpellier, avant de se retrouver de nouveau les 24 et 25 mars à Toulouse au Mirail.

La coordination de Rennes les 17 et 18 mars avait abouti à des perspectives offensives (journées d’action dans l’éducation le 27 mars et le 3 avril avec les cheminots) et une prémonition : une réponse immédiate dans toutes les villes de France en cas d’attaque policière contre les étudiant.e.s en lutte. Ce qui n’a pas manqué dans la semaine qui suivit. Cette coordination ne prétend pas représenter le mouvement, et ne demande pas à ce que celles et ceux qui veulent y participer soient mandaté-e-s par des AG. Elle demeure donc essentiellement une force de proposition plus que d’organisation du mouvement à l’échelle nationale.

A lire aussi : [Universités] Depuis la Coordination Nationale de Lutte de Rennes, propositions stratégiques pour la poursuite du mouvement

 | 20 mars

La dernière Coordination Nationale Etudiante, réunie donc à Toulouse le week-end dernier, fonctionne en théorie sous le mode plus traditionnel des mandats et affiche l’ambition d’ organiser la mobilisation. Cependant cette coordination pose pour le moment problème. D’abord par sa composition : des facs non-mobilisées étaient présentes, représentées par l’UNEF, quand d’autres, en blocage, ne l’étaient pas. La présence massive de l’UNEF rappelle les mauvais souvenirs des précédentes mobilisations étudiantes. De nombreuses délégations émanaient d’ « AG » rassemblant parfois moins de 30 personnes, l’une d’elle avait même été mandatée… au cours d’une réunion dans un local du syndicat étudiant. L’UNEF, encore une fois, a tenté d’imposer son propre programme politicien, en dépit des mandats dont ils pouvaient être porteurs, balayant par exemple l’appel des occupant-e-s de la fac de Lille à une journée contre la répression le 28 mars, pour en proposer une le lendemain.

 

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Cette entrée a été publiée le 28 mars 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, ETUDIANTS, JEUNES, LYCEENS-NES.