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La grève de la SNCF impacte le transport des céréales !

La grève des cheminots et du fret ferroviaire impacte tout particulièrement les coopératives agricoles et leurs centres de stockage en Indre-et-Loire. A la veille des moissons, le temps presse pour vider les silos à grains.

Entamé il y a deux mois, le mouvement de grève perlée des cheminots a désormais des effets sensibles sur l’économie française dans son ensemble. Selon certains experts, le coût d’une journée de grève à la SNCF serait de l’ordre de deux milliards d’euros du fait de son impact sur l’activité des entreprises et la consommation des ménages.
En Indre-et-Loire, il est encore difficile de mesurer précisément les conséquences du mouvement. Pour ce qui est du fret ferroviaire, le département est sans doute moins touché que d’autres en raison d’une activité relativement limitée. Toutefois, un secteur apparaît plus particulièrement concerné : celui du transport des céréales.

La moitié des trains supprimés

En Touraine, près d’une dizaine de silos à grains sont directement « embranchés » sur le rail à Reignac-sur-Indre, La Celle-Saint-Avant, Villeperdue, Descartes, Neuillé-Pont-Pierre ou La Ville-aux-Dames. Alors qu’à cette période de l’année, les expéditions doivent s’accélérer pour vider les stocks et faire de la place aux prochaines récoltes à venir, près de la moitié des convois programmés par la SNCF ont été supprimés à cause de la grève séquencée des cheminots. Une situation inédite qui ne va pas sans poser des problèmes à trois semaines des premières moissons. « Habituellement, à cette saison, nous expédions vers le port de La Rochelle deux ou trois trains par semaine. Depuis le début de la grève, une quinzaine de trains au moins ont été supprimés. Bien sûr, nous essayons de compenser avec les transporteurs routiers, mais même avec 60 ou 70 camions par semaine, nous avons pris du retard », commente Jean-Michel Brunet, représentant d’Agrial, qui gère trois gros sites et près de 180.000 tonnes de stockage dans le département.

45 camions pour remplacer un convoi ferroviaire

Les préoccupations sont comparables chez Axéréal, autre grosse coopérative régionale qui dispose de quatre sites de stockage en Indre-et-Loire. « Aujourd’hui, notre priorité est de vider les silos. Mais il est très difficile de compenser le rail par la route dans la mesure où il faut 45 camions pour remplacer un convoi ferroviaire et que nous ne sommes pas les seuls à chercher des chauffeurs », indique Francis Paul-Hazard, le responsable d’exploitation départemental. Selon la direction d’Axéréal, la coopérative aurait déjà perdu 5 à 7 M€ en raison des suppressions de trains.

« Effet boule de neige »

Directeur de la coopérative des agriculteurs du Chinonais (Copac), Philippe Allard a lui aussi fait ses comptes. Selon lui, la grève SNCF devrait coûter 10.000 € à sa structure en raison du surcoût lié au remplacement des trains par les camions. « On assiste à un effet boule de neige, explique-t-il. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de chauffeurs pour répondre à la demande et les prix montent ».

“ Tout le monde cherche des camions ”

Au-delà du cas particulier des expéditions de céréales par le rail, la grève SNCF et ses conséquences sur le fret ferroviaire créent de réelles tensions sur le marché des transports routiers. Certains opérateurs du département en témoignent. « Actuellement, tout le monde cherche des camions. C’était déjà le cas l’an dernier à la même époque, mais c’est encore plus net cette année », indique un représentant des transports Fabrice Moisy à Montlouis. « Il y a une demande très forte mais on ne peut pas y répondre. Aujourd’hui, notre priorité, c’est d’abord de servir nos clients habituels », confirme-t-on chez Touraine Transports.
Depuis deux mois, la grève SNCF vient se conjuguer à une croissance d’activités déjà exceptionnelle pour saturer encore un peu plus le marché. « Aujourd’hui, il devient très difficile de trouver des chauffeurs en intérim. Nous sommes confrontés à une pénurie de main-d’œuvre qui s’aggrave », explique-t-on chez Servicolis. « Notre secteur d’activités est au plus haut. La grève SNCF et le ralentissement du fret ferroviaire nous donnent un volume supplémentaire dont nous n’avons pas besoin », estime Frédéric Moreau, patron des transports familiaux à L’Ile-Bouchard. En revanche, ce dernier évoque les dommages collatéraux de la grève des cheminots pour son entreprise qui travaille aussi avec la SNCF dans le cadre d’un contrat rail-route. « Aujourd’hui, je dois trouver des solutions de dépannage pour remplacer les trains manquants. Cela déséquilibre notre organisation et engendre des coûts supplémentaires », se désole Frédéric Moreau qui est à la tête d’une flotte de 50

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Cette entrée a été publiée le 4 juin 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, services publics, SNCF.