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Cette commission d’élu-es de l’Assemblée Nationale et du Sénat (1), créée le 31 janvier 2018 a débuté ses auditions le 15 février. Pendant cinq mois au cours de 48 réunions elles a entendu 83 personnes qui se sont exprimées sous serment au long de 43 auditions dont 8 à huis clos pour raison de « défense nationale ». Tiens, tiens le nucléaire serait-il aussi et avant tout militaire ? Les masques tomberaient-ils alors que depuis plus de cinquante ans on nous assure du contraire ?…

D’aileurs des membres de la commission se sont rendus également auprès des autorités militaires du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) où l’accueil et la collaboration des galonnés ne furent pas très chaleureux. La Commission des « élu-es du peuple » se plaignant de se voir opposer fréquemment le « secret défense » et le « circulez y’a rien à voir ». Aveux de taille prouvant que c’est bien l’armée et le lobby nucléaire qui orientent et décident de la politique du pays et non le gouvernement ou les élu-es.

Sacs d’embrouilles et écran de fumée : difficile d’approcher la réalité et la vérité

2017_epr-flammanville-chantier.jpgLa commission s’est déplacée aussi auprès de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et sur des sites nucléaires de production d’électricité EDF :  Gravelines dans le Nord et aussi l’un des plus obsolètes et dangereux : Tricastin. Ont reçu également la visite de cette Commission : le chantier du fiasco conjoint EDF-Orano de l’EPR à Flamanville en Normandie, le complexe de stockage et de traitement des déchets radioactifs par Orano-Areva à La Hague dans la Manche, les usines Orano-Areva d’enrichissement de l’uranium du Tricastin à Pierrelatte dans la Drôme, de stockage de déchets mortels dans l’Aube à Soulaines-Dhuys, le projet de la poubelle d’enfouissement souterrain Cigéo à Bure promu par la sinistre Andra l’agence aux ordres du lobby nucléaire. Vous les voudriez dans votre jardin ou sous vos pieds et ceux de vos enfants, vous, ces déchets radioactifs?

De son propre aveu, la Commission a été «  confrontée à des positions divergentes de ses interlocuteurs sur la question technique du refroidissement à sec ou en piscine des combustibles usagés encore hautement radioactifs » (p 13, introduction) . Aussi elle a demandé un « rapport sur les mérites et les inconvénients respectifs des deux méthodes d’entreposage ». Pour être cohérente à un organisme indépendant et neutre ? non pas, mais à l’IRSN bras technique de l’ASN, structures intégrées au lobby nucléaire et placée sous la tutelle conjointe des ministres chargés de l’écologie, de l’énergie, de la recherche, de la santé et de la défense. Quelle audace ! On ne pouvait faire mieux en  indépendance !

Confrontation des élu-es à la mainmise des théistes de l’atomisme et au lobby nucléaire de la terreur

La Commission a voyagé aussi à l’étranger et s’est rendue au Japon. Là, la mise en scène a pris fin, ses membres ont été confrontés à la réalité terrifiante du désastre de la catastrophe atomique mondiale de Fukushima-Daïchi débutée le 11 mars 2011 et toujours en cours. Ils y ont constaté « l’importance des dégâts résultant d’une catastrophe nucléaire, tant sur le plan de l’environnement que ceux de la vie et de l’activité humaines. » (p13). Un entretien avec le premier ministre nippon de l’époque Naoto Kan (devenu fervent partisan de l’abandon définitif du nucléaire dans le monde) est venu les faire redescendre sur terre bien loin de la propagande tricolore et mondiale des fanatiques pro-nucléaires et manipulateurs de la destruction atomique.

2018_Macron_Istres_arme-nucleaire.jpgLe rapport de la Commission écrit noir sur blanc ce que les antinucléaires dénoncent depuis toujours : « La France est le premier pays au monde en nombre de réacteurs nucléaires en exploitation par habitant, 58 réacteurs pour 67 millions d’habitants au 1er janvier 2018. Ces réacteurs sont implantés au sein de 19 centrales nucléaires réparties dans l’Hexagone. Ensemble, ils produisent plus de 75 % de l’électricité totale d’origine nationale. En valeur absolue, la France est le deuxième pays au monde avec le plus grand nombre de centrales sur son territoire, après les États- Unis (104 installations nucléaires) » (p14). Et le pays le plus accro et dépendant à la destruction atomique. Et le plus menacé.

Militaire et terreur atomique en tête comme le précise incidemment le rapport (p 16) : « Les premiers réacteurs français ont été construits au cours des années cinquante ». Bien avant le pseudo « programme nucléaire civil » et bel et bien pour fabriquer la bombe atomique. Ce qui a conduit les criminels de la destruction à imposer leur premières ordures de morts : « les premiers déchets radioactifs ont été produits, selon le CEA, vers 1959. Les générations actuelles ont hérité de ce sujet qu’elles ont l’obligation de gérer. » Obligation de gérer ? Mais, mesdames messieurs les élu-es, à aucun moment le peuple n’a été consulté sur le nucléaire militaire et civil ! Ce n’est quand même pas aux victimes de co-gérer le crime, celui des chefs de la nucléocratie, du CEA et des armées. Vous savez, vos ami-es, et vous-mêmes. Celui des politiciens aux ordres dont les noms doivent être publiés et qui doivent répondre de leurs sales agissements. Assez de médailles et  rosette, finis décorations et diplômes honoris, plus de « reconnaissance de la nation », terminés les  avantages matériels et financiers, confiscation des biens et avantages, déchéance nationale.

Et si l’on additionne « l’ensemble des réacteurs nucléaires arrêtés mais ayant conservé des matériaux radioactifs, les réacteurs de recherche, les usines de transformation, les centres de stockage de déchets et différents autres sites, on en arrive à près de 130 installations nucléaires de base (INB) officiellement recensées. » (p14). La terreur est à la porte de chaque habitant et du centre commercial voisin.

Sur la route et dans le train la mort radioactive vous guette

2018_train-radioactif.jpgMenaces sur la vie aussi engendrées par les transports de matières radioactives dont la Commission valident les infos des antinucléaires : 650 transports annuels de matières radioactives, 300 de matière fissile atomique neuve – la Commission continuant d’utiliser le terme erroné de « combustible » (il n’y a pas de combustion dans la réaction atomique), 250 transports d’ordures-déchets irradiés mortels, 30 transports de matière fissile atomique hautement radioactive à base d’oxyde de plutonium et d’uranium répondant au doux nom de MOx (fabriqué par Areva-Orano à Marcoule dans le Gard et livré au réacteur n°3 de Fukushima-Daïchi Japon qui a explosé) et 60 transports de plutonium pour les bombes et autres atrocités d’armements dont les Présidents de la République successifs ne cessent de s’enorgueillir.

La Commission : « Ces transports de matières radioactives font partie intégrante de la problématique de sûreté et de sécurité du nucléaire français et constituent autant de points de vulnérabilité des différentes installations qu’ils desservent. Notre pays est particulièrement dépendant de cette source d’énergie où le moindre incident peut avoir des conséquences catastrophiques pour des millions de personnes et pendant des dizaines de milliers d’années. » (p14)

Tricastin, au tableau du déshonneur et du désastre, rivalise dans les tendances suicidaires des autres sites atomiques et du nucléaire dans son ensemble

Constatant que le nombre d’incidents sur des installations nucléaires de base ne cesse d’augmenter en France depuis 38 ans, la Commission prend acte que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) évoque régulièrement des sujets d’inquiétude. Et de citer « la mise à l’arrêt des quatre réacteurs de la centrale nucléaire EDF du Tricastin par l’ASN, le 27 septembre 2017, en raison d’un risque de rupture d’une partie de la digue du canal de Donzère- Mondragon. »  (p14).

2013_Tricastin_Reacteur_2_Scram_25_10_2013.jpgEt les autres sites atomiques ne sont pas en reste  (p14): « La chute d’un générateur de vapeur lors d’une opération de manutention –  (pourtant) considérée comme rigoureusement impossible (par les gens d’EDF et d’Areva) par une extension de la doctrine dite de « l’exclusion de rupture » – dans la centrale de Paluel, l’explosion survenue sur le site de la centrale de Flamanville ou divers incidents survenus dans d’autres installations ont appelé l’attention de la représentation nationale et ont conduit à cette enquête sur la sûreté des installations nucléaires de notre pays. L’anomalie, détectée le 7 avril 2015 par ASN quant à la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville, constitue également une source d’inquiétude, d’autant que les investigations de l’ASN ont mis en évidence la probable existence d’irrégularités dans certains dossiers de fabrication de l’usine Areva du Creusot. » Nous ajouterons aussi que « le 22 février 2018, alors même que la commission avait commencé ses travaux, EDF annonçait avoir détecté des écarts de qualité par rapport à ses exigences sur des soudures du circuit secondaire du réacteur nucléaire de l’EPR de Flamanville. Cet événement, lourd de conséquence en termes de coût, de calendrier et, évidemment, de sûreté, vient rappeler l’actualité des questions de sûreté et l’impérieuse nécessité de s’intéresser au risque nucléaire, toujours présent . » L’ASN, elle-même vient de recenser pour l’année 2017 : 1000 incidents nucléaires en France, certains avec des rejets radioactifs supplémentaires. Et il paraîtrait selon la légende nationaliste que la France possèdent les meilleurs ingénieurs et techniciens du monde et que le nucléaire est sûr.

La Commission reprend à son compte les mensonges et la propagande de la nucléocratie

La Commission reprend à son compte la fable des 40 ans de durée de vie d’un réacteur atomique (p15) distillée depuis quelques années par les exploitants nucléaires. Ce qui permet à présent à EDF de vouloir imposer une prolongation de fonctionnement de 10 ans supplémentaires voire, pourquoi se gêner, de 20 ans ou même, certains y pensent au vue du fiasco EPR, de 30 ans de rab. Il faudra certes engloutir des millions d’euros qu’on a pas, mais là n’est pas la question pour la nucléocratie.

Or les réacteurs nucléaires n’ont pas été conçu pour une durée de fonctionnement donnée et limite compte-tenu du peu de cas qu’en faisaient les concepteurs de l’époque. Ils étaient ivres de l’euphorie découlant de l’entente mondiale d’après-guerre vers un avenir radieux grâce au dieu « Atome for Peace ». Le moyen de continuer à construire et développer des bombes atomiques en faisant croire aux bons peuples qu’existait un nucléaire au dessus de tout soupçon. L’AIEA fut mise en place à cet fin.

1945_Atome-for-peace_timbre_stamp.jpgNi conçu ni même évalué cette durée de fonctionnement (tout au plus deux à trois décennies) car, à l’époque, aucune technique ne permettait de mesurer précisément le niveau d’impact destructeur des bombardements neutroniques sur les matériaux (cuve métallique du réacteur, gaines, enceinte béton, appareillages, effets des dysfonctionnements et des arrêts-redémarrages,…). Il ne fallait pas que cela pète voilà tout, ou pour le moins que cela ne se sache pas. Les techniciens et ingénieurs des Etats-Unis extrapolèrent donc et firent avec leur niveau de connaissance de l’époque en se disant qu’on verrait bien plus tard… Des Etats-Unis car les réacteurs nucléaires français ont été réalisé selon les plans acheté par EDF au nord-américain Westinghouse. Pas très tricolore et « indépendance » le nucléaire français… Il y avait bien eu la tentative d’une filière tricolore au graphite-gaz mais, avec l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Saint-Laurent des Eaux, on préféra se jeter dans les bras US.

Encore aujourd’hui nul ne peu assurer que dans cinq ans, dix ans, cent ans, mille ans il serait possible de maîtriser quoi que ce soit. On le voit avec les déchets radioactifs mortels que la nucléocratie veut enfouir sous terre malgré l’opposition farouche des populations dans la région de Bure et ailleurs. On le mesure pleinement avec la contrainte technique incontournable et inhérente au fonctionnement de réacteur nucléaire de devoir rejeter dans l’atmosphère et dans les eaux à chaque instant, jour et nuit, une part de la radioactivité générée par la destruction atomique (fission) au cœur même des réacteurs. On place quelques filtres de çi de là, voilà tout, et on érige des « normes » en fonction des besoins du business. Et les gogos gobent.

fissures_briconuk.jpgLa seule durée que les ingénieux ingénieurs et dirigeants du nucléaire des années 60-70 furent en mesure de servir aux politiciens avides de pouvoir et de domination a été transmis par… les comptables et financiers. La chose nucléaire, après de lourds et ruineux financements sur fonds publics, pourrait être amortie en… 30 ans. En espérant que la quincaillerie tienne le coup jusque là. 30 ans ! et quand on voit l’état de délabrement des réacteurs atomiques français, les bouts de ficelles ou chainettes et chiffons trempés dans l’huile pour colmater une fuite ou faire tenir une tuyauterie : le nucléaire est très loin de la modernité et du passage au XXIème siècle.

Donc, afin de ne pas se ridiculiser totalement, la Commission d’enquête parlementaire émet quelques réserves tout en ménageant le Maître comme le fait l’ASN  : (p15) « le prolongement de l’autorisation d’exploitation des réacteurs au-delà de la durée de 40 ans pour lesquels ils ont été originellement conçus (ndlr: faux) pose nombre d’interrogations tant sur le plan de la faisabilité technique, compte tenu des nouvelles normes édictées après la catastrophe de Fukushima, que sur le plan financier. » Autrement dit, d’entrée je vous accorde les 40 ans et, si il n’y avait pas eu cette foutue catastrophe de Fukushima-Daïchi et ses fâcheuses conséquences dont tout le monde a été témoin, et si nous avions quelques picaillons de millions d’euros supplémentaires en poche : banco, vous pourriez continuer. Mais on va trouver un petit compromis entre gens de bonne compagnie.

Et il y a aussi ces enquiquinants terroristes et ces accidents nucléaires enquiquinants

Bon, au niveau sécurité, on a compris « c’est pas ça qu’est ça » et comme la seule issue possible, rationnelle et logique – l’arrêt immédiat des installations criminogènes – on ne veut pas en entendre parler, enfourchons le dada de la « sécurisation ». Sécurisation et non  pas sécurité et absence de menace des installations elles-mêmes. Quelques miradors et auto-mitrailleuses autour des sites nucléaires peut-être suffiraient-ils ? Une députés LREM a déjà préparé le terrain en proposant que la France fasse comme aux Etats-Unis : tirer dans le tas sur les militants antinucléaires. Histoire de décourager les terroristes peur-être ?

Pourtant depuis plus de dix ans la faible sécurisation des installations atomiques est pointée du doigt (et même au-delà, dès les années 70 et le lancement du programme démoniaque atomiste français, et le slogan : « société nucléaire, société policière »)

gendarmerie-militaire_centrale-nucleaire.jpgMais les choses tombent bien pour botter en touche et rassurer le petit peuple avide de protection sécuritaire (p15) : à l’automne 2017, des militants antinucléaires d’une ONG « sont parvenus, à plusieurs reprises, à s’introduire dans l’enceinte de centrales nucléaires en activité : ce fut le cas à Cattenom le 12 octobre 2017 puis, le 28 novembre suivant, à Cruas-Meysse. » Pas de violence mais une démonstration des failles dans le dispositif de protection des installations et des risques pesant notamment sur les piscines de refroidissement. Pas nouveau du tout puisque ce risque avait été défini par la nucléocratie comme un « non risque », l’armée et la militarisation feraient leur office. Le Général trois étoiles y veillerait. Mais « À une époque où le terrorisme n’est plus un risque mais une réalité, la représentation nationale a considéré qu’il était de son devoir d’enquêter et de s’informer sur la sécurité des installations nucléaires à l’égard des éventuels actes de malveillance qui pourraient y être commis. »

Bien élevée au biberonnage pro-nucléaire, la Commission se gardera de passer outre certaines situations enquiquinantes, d’autant que la Ministre de la Justice l’a rappelé aux élu-es : des procédures judiciaires sont en cours alors respectons la séparation des pouvoirs et les droits des parties. Donc (p15) pas d’investigations particulières sur : l’explosion à la centrale nucléaire de Flamanville qui a fait quatre blessés, la non-déclaration immédiate d’incident ou d’accident nucléaire à la centrale atomique de Civaux en violation de la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et des règles techniques, le fonctionnement cahotique de la centrale de Fessenheim engendrant des effets nocifs sur la santé. Et pour que cela soit clair, le rapport de la Commission précise : « la commission d’enquête a toujours veillé à ne pas empiéter sur la compétence de l’autorité judiciaire. » Ouf, des fois que la vérité ait pu se révéler et que les élu-es aient pu enfin décider à la place de EDF/Areva-Orano/CEA.

Pas touche au nucléaire militaire et « civil », la manipulation des esprits continue

Il faut attendre la page 16 du rapport pour obtenir le fond de l’opération « Commission d’enquête parlementaire »  : « … la commission a acté dès sa création qu’elle se focaliserait sur les enjeux des installations nucléaires de production d’électricité et de recherche, excluant de son champ le nucléaire militaire et le nucléaire médical… » . Les enjeux du nucléaire et non pas son bien ou mal fondé ou une quelconque remise en cause et encore moins en matière d’armement et de terreur atomique. Ecran de fumée donc permettant de faire croire que… et se donner bonne conscience une fois de plus. L’essentiel est sauvegardé : le nucléaire continue et continuera. Et avec lui les contaminations et morts par la radioactivité civile et militaire. Les élu-es seront des auxiliaires zélés de l’ASN. Point barre.

Pompili-et-ses-amis-nucleocrates.jpgCes élu-es siégeant dans la commission ont été des plus vigilants et tiennent à faire part de leur allégeance au Maître (p16) : « L’un des principaux écueils de cette commission d’enquête aurait été de transformer le débat sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en débat sur le bien-fondé de la politique nucléaire de la France, autrement dit, sur l’opportunité de maintenir ou non, en France, une production d’électricité nucléaire… il n’en a rien été. »

Il s’agit donc de voir simplement comment aider les criminels de l’atome à mieux gérer leur merde et à embrouiller le peuple. Toujours cette perversion intellectuelle et morale qui entérine la manipulation des esprits en traitant uniquement la question du « comment ? » au détriment de celle essentielle et fondamentale, première, du « pourquoi ? ».

Aussi (p17) « Loin de se lancer dans un débat en faveur ou en défaveur du nucléaire, notre commission a donc entrepris de s’interroger sur les risques naturels ou humains liés au nucléaire. En travaillant à identifier ses possibles faiblesses, elle espère pouvoir contribuer à améliorer la sécurité et la sûreté de ce secteur central en France. » La messe est dite, circulez y’a rien à voir, dormez braves moutons.

La Commission réinvente les Shadock et…

Une fois éliminés de l’enquête et du débat tout ce qui dérange, les « représentants du peuple », élu-es de tous les bords ou presque, n’ont plus qu’à jouer la comédie permettant aux EDF-Orano/Areva et CEA de contester le secondaire, l’accessoire qui ne remettra jamais en cause leur autocratie. Et tout cela au pas lent du chamelier, assuré que leur ami ASN ne brusquera pas les choses. Chacun le constate, dix ans plus tard de retard et des triplements de besoins financiers à hauteur de 10 au lieu de 3 millions avec le sinistre feuilleton de l’EPR, et ces centrales nucléaires au bout du rouleau qui continuent de contaminer et menacer le pays à chaque instant.

victimes-du-nucleaire_thyroide_cancer.jpgLa commission d’enquête a donc identifié cinq sujets (p17) et allez vous faire voir pour le reste, foin des cancers radio-induits, les victimes au placard, tombez malade et mourrez en silence, acceptez la contamination radioactive de vos terres et territoires de vie.

D’ailleurs « la commission d’enquête n’a pas étudié les menaces qui pourraient résulter d’une guerre… » oh comme c’est dommage car «  Dans ce contexte, les réacteurs nucléaires pourraient constituer des cibles de choix et les moyens mis en œuvre par des militaires assaillants pourraient causer des dommages irréversibles à l’origine de forts dégagements de radioactivité». Oh, comme c’est original, la guerre détruit. Pourtant tous les Présidents successifs se vantent d’en vendre à la pelle de ces joujoux à faire la guerre. ET de ces centrales atomiques. Bon évidemment il n’y a pas que la guerre déclarée qui menace les sites nucléaires, il y a l’auto-destruction en cours, mais ceci est certainement une autre histoire…  Et la Commission de jeter pêle-mêle dans le chaudron maléfique serviettes, torchons et ciboulette mélangeant allègrement sécurité des installations et sécurisation des installations. Pas très rationnelle et scientifique comme démarche, plutôt idéologique et soumise aux ordres. Ainsi de :

. « l’évolution de la sûreté » et oui, la population a vu et les normes ont du être un peu modifiées depuis la catastrophe à Fukushima, survenue dans ce grand pays occidentalisé à la technicité sœur-jumelle de la France. Mais la commission en écho au pseudo-gendarme du nucléaire  reconnait que les exploitants atomistes rechignent à appliquer ces nouvelles normes (qui ne protègent pourtant pas de la mort radioactive). La Commission appelle cela une situation où «  les faiblesses sont également mises en évidence ». Des poètes ces élu-es.

. « l’apparition d’un risque sécuritaire nouveau ». Une sorte de révélation enregistrée à la grotte de Lourdes par ces nouveaux terriens, « partiellement mis en évidence depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis mais qui a pris de nouvelles formes avec les vagues d’attentats qui touchent l’Europe depuis 2015, avec des formes nouvelles (drones, cyberattaques, menaces endogènes, etc.) ». Comme si depuis le début de la monstruosité atomique des années 45 et suivantes, une installation nucléaire n’était pas un lieu à haut risque impliquant inéluctablement la militarisation de toute la société, l’Omerta et la manipulation-soumission des peuples.

2018_deviseshadok_si-il-n-y-a-pas-de-solution_c-est-qu-il-n-y-a-pas-de-probleme.jpg. « la gestion des déchets radioactifs que l’industrie nucléaire produit en grande quantité (combustibles* usés, gravats issus du démantèlement), qui constituent un danger pendant des périodes dépassant parfois l’entendement, qui sillonnent nos routes en permanence et qu’il convient de gérer ». Yaka, ça dépasse l’entendement mais on continue d’en produire tous les jours de ces ordures radioactives tant que les centrales et installations nucléaires fonctionnent. La Commission réinvente les Shadock.

. « l’amélioration du contrôle de l’ensemble de ces activités, qu’il s’agisse du contrôle technique réalisé par l’autorité indépendante chargée de la sûreté nucléaire, l’ASN (ah bon, indépendante l’ASN ?), ou du contrôle démocratique exercé par le Parlement au niveau national et par les commissions locales d’information au niveau local » (CLI qui n’ont pas le droit de discuter du maintien ou pas du nucléaire dans leur région et qui, de toute façon, n’ont pas pouvoir de décision). Tout ce petit monde replié sur lui-même, peu indépendants les uns des autres, aux mêmes manières de vivre et de penser, cette coterie si proche de la monarchie et de ses courtisans est-il vraiment le mieux placé pour s’octroyer des fonctions de contrôle, charges et autres colifichets ?

. «  enfin, le risque économique et financier des principales entreprises exploitant des installations nucléaires. » Bah oui, le nucléaire ça coûte la peau des fesses malgré la propagande effrénée et fanatique de ces cinquante dernières années nous vantant les bienfaits et avantages financiers de l’ordre atomique. Si tu ne payes pas sur ta facture tu payes sur tes impôts, et pas que les kilowatts/heure. Et ça dure depuis des décennies. Les 9 milliards d’euros filés depuis deux ans sur fonds publics à Orano-Areva et les 4 milliards refourgués à EDF pour les sauver de la faillite, les millions d’euros refilés en douce au CEA sous couvert de « grand emprunt » sarkozyste sont là également pour le prouver. Tels une gifle donnée à la population au détriment des budgets de la santé, de l’enseignement, de la culture, du social,…

Les regrets hypocrites de la Commission

La commission d’enquête est en fait une grande école du cirque qui émet « quelques regrets » (pardon aux professionnels du cirque que je respecte et salue avec gratitude d’autant que l’un de mes grands-pères faisait parti de cette belle confrérie).  On a osé la prendre pour ce qu’elle était dès l’origine par manque de lucidité, de responsabilité envers la population et les pays, par convenances et connivences, absence de dignité et d’effort intellectuel, fort peu d’éthique. Ainsi (p18), les roulé-es dans la farine regrettent que :

refus-de-repondre_nucleaire_AIEA.jpg. « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ait refusé d’être entendue, sous quelque forme que ce soit, par la commission d’enquête. Basée à Vienne, l’agence a refusé le principe d’une visioconférence qu’elle avait pourtant elle-même suggérée ». Qui c’est le patron, non mais, faudrait pas se tromper.

. « l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) belge, équivalent de notre Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, ait également refusé, après trois mois de silence ». Pourtant « Les événements survenus à Tchernobyl comme à Fukushima ont prouvé que tout accident nucléaire avait des répercussions internationales. La France et la Belgique disposent chacune d’un parc de réacteurs nucléaires conséquent, certains d’entre eux étant localisés à proximité de la frontière commune. Un peu plus de transparence, d’ouverture et de communication dans ce domaine de la part de l’autorité de contrôle belge à l’égard d’une commission d’enquête du Parlement français aurait été bienvenu ». Salauds d’étrangers, nous on est des gens de qualité en France.

. « M. Antonio Hodgers, conseiller d’État de la République et canton de Genève n’ait pas trouvé un créneau commun avec la commission d’enquête pour une visioconférence. Une telle rencontre aurait permis d’évoquer la problématique de la gestion des risques transfrontaliers, familière pour celui qui a porté plainte contre la centrale EDF du Bugey (Ain) » Re-salauds d’étrangers, nous on est des gens de qualité en France. Bon la France vous menace avec ses installations atomiques mais c’est vous les salauds, nananère.

Mais le pompon est que EDF crache au visage de la Commission pour bien faire comprendre qui gouverne en France : « la commission regrette le caractère plus que succinct des documents qui lui ont été remis par EDF en réponse à ses demandes. Elle déplore notamment que l’électricien ait refusé de lui fournir, malgré l’obligation qui lui en est faite par l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958, le rapport d’expertise du cabinet Aptéis relatif à la chute du générateur de vapeur de la centrale de Paluel. » Y aura-t-il des sanctions ? Là il n’y a pas de risque.

Schizophrénie française

La Commission embourbée dans une absence réelle de méthodologie et de démarche rationnelle, et idéologiquement soumise, a opté pour une démarche technocratique. Résultat : on veut mais on ose pas, on dit mais sans le dire, on constate mais on n’en tire pas les options et conclusions, on ménage pour son propre avenir les susceptibilités du Pater, on fait les gros yeux mais on caresse dans le sens du poil. Bref on en appelle à des citations extérieure pour mieux tenter de se convaincre qu’on a bien agit et finalement que ça change… pour que rien ne change.

JAPAN QUAKE/Face à la menace de destruction et cataclysme atomique, face aux atteintes sanitaires et environnementales quotidiennes, face au déclin du nucléaire dans le monde que la Commission ne parvient pas à masquer (p19) « la production d’électricité d’origine nucléaire dans le monde à atteint un palier depuis le début des années 1990, les réacteurs mis en service s’équilibrent avec ceux mis à l’arrêt, la consommation d’électricité diminue en France depuis 2008 » : la Commission louvoie.

Conclusion du préambule du rapport (p18) : « Pour mieux comprendre l’état d’esprit qui a animé les travaux de la commission d’enquête, il faut évoquer ce qui lui a été avoué par les officiels japonais lors du déplacement à Tokyo. Qu’un tel événement se produise à l’étranger, hélas… Mais nous n’aurions jamais cru que cela puisse se produire chez nous ! » Avant de conclure : « l’expérience nous a prouvé qu’un accident était toujours possible. Nous étions préparés à l’improbable. Il nous faut maintenant nous préparer à l’impossible. » En conséquence de quoi la Commission … ne demande pas l’arrêt immédiat de la menace et du crime à l’oeuvre.

Au terme de ces cinq mois : 33 préconisations pour maintenir le nucléaire… et quelques états d’âme

Le rapport de 276 pages de la « Commission d’Enquête Parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire » a donné la parole à tout ce qu’elle a estimé avoir son agrément. Ici pas de mécréants vivant au quotidien les affres et les méfaits de la destruction atomique mais que des gens responsables et respectables, des experts, des dirigeants d’entreprises, d’Administration, d’ONG fussent-elles antinucléaires ou supposées telles. Pas de sujet qui fâchent. Des désaccords certainement mais pas plus. Pas question de toucher au nucléaire civil et militaire.

2015_CAN84_Cruas-Meysse_morts-victimes.JPGLes 33 préconisations de cette commission (2) restent donc pleinement dans le cadre imposé par les pro-nucléaires, leur lobby et leurs hommes de mains, et ceux qui jouent le jeu du « fou du Roi ». Certains pourront dire qu’il vaut mieux ça que rien. Erreur gravissime car d’une part cela légitime la dictature nucléariste sur nos vies, notre présent, notre avenir et ceux de nos descendants et, d’autre part -ignoble- c’est oser passer en « perte et profit » les millions de morts qui forment le passif (60 millions de morts dus au nucléaire depuis 1945).

Si, se rendre complice d’un écocide, d’un crime contre l’humanité ne semble pas troubler certain-es, la conscience de l’odieux renvoie chacun-e à sa conscience, à sa soumission volontaire, à sa capacité à quitter les ondes enchanteresses du confort pour oser le pas de côté émancipateur et libérateur.

Jean Revest

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(1) La commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires était composée de :

Président M. Paul Christophe (« Agir, la droite constructive » macron-compatible, contrôleur de gestion, ancien fonctionnaire A, président de la commission locale d’information de la centrale nucléaire de Gravelines ),
Rapporteure : Mme Barbara Pompili (LREM Macroniste, science-po, assistante parlementaire, ancienne co-présidente du groupe écologiste EELV jusqu’en 2016, secrétaire d’État chargée de la biodiversité  dans les gouvernements Valls puis Cazeneuve sous F.Hollande),
Vice-présidents : MM. Julien Aubert (LR, science-po, énarque, auditeur puis conseiller référendaire à la Cour des comptes, intégré en 2013 au programme du lobby états-unien « Young Leaders » de la French-American Fundation tout comme le banquier-Président E.Macron et le Premier ministre E.Philippe ancien directeur chez Areva ), Anthony Cellier (LREM, Directeur de publicité grands comptes, conseiller municipal de Bagnols-sur-Cèze siège de Areva NC), Jimmy Pahun (Modem, champion de voile et consultant média-télé), Hervé Saulignac (PS Nouvelle Gauche, Assistant parlementaire, politicien Président du Conseil départemental de l’Ardèche et Conseiller Régional, n’a pas rendu consultable sa déclaration intérêts sur le site de la Hatvp), M. Claude de Ganay (LR, consultant en cabinet juridique, directeur de campagne régional pour-le Centre-Val de Loire de Bruno LeMaire, conseiller général, vice-président du Conseil général du Loiret, député, membre de l’OPECST),
Secrétaires ; Mme Bérangère Abba (LREM, commerçante, marié à un journaliste de France-élévision), M. Xavier Batut (LREM, cadre dans le privé), M. Philippe Bolo (Modem, ingenieur ingénierie et conseil du privé auprès des collectivités publiques ), M. Christophe Bouillon (PS Nouvelle Gauche, fonctionnaire catégorie A, politicien professionnel,  Président de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs/Andra, farouche pro-nucléaire), M. Fabrice Brun (UDI puis LR soutien de Laurent Wauquier, directeur départemental de la FDSEA d’Ardèche), Mme Émilie Cariou (LREM, Experte en fiscalité, colaboratrice au ministère de l’Économie et des Finances et dans des cabinets ministériels sous la présidence de F. Hollande, soutien  d’Arnaud Montebourg), MM. Pierre Cordier (LR, Fonctionnaire de catégorie A, politicien professionnel maire, Conseiller départemental des Ardennes, président du SDIS 08, Vice-Président d’Ardenne Métropole, Vice-Président de Valodéa, administrateur d’Habitat 08), Charles Amédée du Buisson de Courson dit Charles de Courson (UDI LC, major de l’École supérieure des sciences économiques et commerciales/ESSEC, Enarque, conseiller référendaire à la Cour des comptes, haut fonctionnaire à la direction du Budget en 1984, conseiller au cabinet du ministre de l’Industrie Alain Madelin), Grégory Galbadon (LREM, Fonctionnaire territorial, maire de Saint-Pierre-de-Coutances et suppléant du Ministre de l’agriculture Stéphane Travert), Mmes Perrine Goulet (LREM, cadre Responsable de projet chez EDF à la centrale nucléaire de Belleville, une plainte pour incitation au meurtre la vise à la suite de sa déclaration contre les militants antinucléaires : « Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis, (…) avec possibilité de ne pas se poser de questions et, quand il y a une intrusion, de tirer? » , elle se défend en disant penser « tirer dans les jambes » ), Sonia Krimi (LREM, professeur en management-comptabilité et stratégie d’entreprise,  consultante pour de grandes entreprises, membre titulaire de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ), Célia de Lavergne (LREM, Diplômée de l’École militaire polytechnique, membre du Conseil supérieur de l’énergie, consultante, Directrice Générale de Astee, Conseillère de cabinet à la Mairie de Paris), Sandrine Le Feur (LREM, exploitante agricole, fille d’un agent GRDF), MM. Adrien Morenas (LREM, suppléant de la secrétaire d’Etat Brune Poirson, carrière dans la marine nationale sur le porte-avion nucléaire Charles de Gaulle, actuellement ostéopathe ), Patrice Perrot (LREM, chef d’entreprise, n’a pas publié de déclaration de patrimoine à la Haptvp), Mme Claire Pitollat (LREM, ingénieur aéronautique Supaero, cadre dirigeant chez EDF), M. Jean-Pierre Pont (LREM, médecin, politicien professionnel), Mme Natalia Pouzyreff (LREM, Ingénieure chez Thales et Airbus, Déléguée générale d’Eurocopter en Chine, conseillère au commerce extérieur pour la France), M. Raphaël Schellenberger (LR, science-po Strasbourg, attaché parlementaire, politicien professionnel, opposé à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim), M. Jean-Marc Zulesi (LREM, master en administration des entreprises, chef de projet dans les activités nucléaires miitaires et civies et les radiations).

* il n’y a pas de combustion dans la fission atomique, les atomes explosent, on ne peu donc utiliser le terme « combustible » sauf à faire prendre des vessies pour des lanterne afin de masquer le réel de la chaîne de destruction atomique (la radioactivité) qui atteint et détruit toute matière notamment le vivant.

(2) rapport intégral de la Commission d’enquête ici