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En région parisienne, 130 facteurs sont en grève depuis six mois !

Bastamag . Mercredi 26 septembre, 130 postiers et postières des Hauts-de-Seine ont entamé leur sixième mois de grève. C’est le licenciement de Gaël Quirante, secrétaire départemental de SUD-Poste dans les Hauts-de-Seine, qui a déclenché ce mouvement social d’ampleur [1]. Comme à Rennes, où les postiers ont arrêté le travail pendant quatre mois au printemps, ceux des Hauts-de-Seine dénoncent l’introduction d’une pause méridienne qui modifierait radicalement leurs conditions de travail et leurs rythmes de vie. Habitués à embaucher à l’aube pour finir vers 13h30, ils seraient obligés de revenir l’après midi pour terminer leurs tournées. Ils réclament par ailleurs un recours plus limité aux intérimaires, qui représenteraient déjà 40 % des effectifs dans leur département. Les postiers ne veulent pas non plus entendre parler de la « marchandisation » des liens sociaux qu’ils entretiennent au quotidien avec les personnes, souvent des retraités, à qui ils distribuent le courrier (voir notre article).

Si les grévistes tiennent le coup, c’est qu’ils sont très actifs, malgré des fiches de paie à zéro euro depuis six mois. Ils organisent, au quotidien, des prises de parole dans les bureaux de poste de la région parisienne et mènent régulièrement des actions telles que l’occupation des bureaux CNP Assurances, le 12 septembre dernier, pour dénoncer la fusion prochaine de la banque postale et de ce gros assureur, dont l’actionnariat a été partiellement ouvert au privé. La solide caisse de grève qu’ils font tourner lors de leurs actions est un soutien décisif. Les facteurs en lutte distribuent aussi un calendrier 2019 non conventionnel, avec des photos des moments clés de leurs luttes.

Photo : DR

Pour envoyer des chèques de soutien : Sud Poste 92, 51 rue Jean Bonal, 92250 La Garenne Colombes (mention Solidarité grévistes).
Pour commander le calendrier 2019 (10 euros minimum) à la même adresse (mention Calendrier). Virement bancaire possible également (IBAN FR76 4255 9100 0008 0033 2571 214).

Notes

[1] En 2010, la Poste tente de licencier Gaël Quirante, en l’accusant de séquestration alors qu’il avait participé à une occupation de la direction départementale de La Poste. Son licenciement avait été refusé successivement par l’Inspection du Travail en 2010, par le Ministre du Travail en 2011, puis par le Tribunal Administratif en 2014. La procédure a été relancée en avril 2017, suite à l’annulation des décisions précédentes par la Cour d’Appel du Tribunal Administratif de Versailles. L’Inspection du Travail a de nouveau refusé son licenciement, mais la Poste a contesté la décision de l’inspection du travail en introduisant un « recours hiérarchique ». C’est à ce moment qu’est à nouveau intervenu le ministère du travail, tenu de trancher. Et cette fois ci, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a donné raison à la direction de la Poste.

 

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Cette entrée a été publiée le 3 octobre 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, LA POSTE, SOCIAL ?, SOCIETE, SOLIDARITES.