NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

Ce qu’il fallait dire avant le 17 novembre 2018 pour éviter de commettre une erreur !

Auguste Blanqui disait à propos des controverses dans le mouvement ouvrier « de la discussion peut toujours jaillir la lumière… »

La question était pourtant simple au départ, étions-nous favorables à ces augmentations de taxes sur les carburants, cette nouvelle injustice fiscale ? Si non que proposer pour les faire abolir ?

La  confusion des interprétations proposées au sujet du mouvement du 17 novembre révèle crûment l’état de dégénérescence de la gauche et par voie de conséquences de toutes ses organisations « éparpillées façon puzzle ». C’est la conséquence de son incapacité à proposer autre chose au peuple que la participation toujours décevante aux campagnes électorales et toutes les tendances de gris de la collaboration. On peut ajouter, ce qui va avec, la coupure entre les jeux de la politique institutionnelle et toutes les questions sociales, celles qui concernent la vie de toutes et de tous. Au fil des années, pour meubler le temps entre les élections politiques et syndicales, ses responsables militants se sont transformés en une sorte de clergé de professeurs rouges, toujours insatisfaits et déçus du niveau de leurs « élèves » qu’ils convoquent donc à toutes sortes de conférences bien-pensantes, plutôt que de se mettre au servir du peuple et défendre ses intérêts matériels. Pourtant il faut être concrètement utile pour prétendre être vraiment reconnu, car aucun discours ne remplace l’expérience.

Pour comprendre les subtilités des divisions de la gauche qui s’expriment de façon si magistralement destructrice, dans le kaléidoscope des positions concernant le 17 novembre, il faut appartenir à ces nouvelles églises, au moins être un adepte fidèle et avoir suivi toute la liturgie et ses grands messes pendant des années, sans broncher : Etre un initié, savoir réciter le catéchisme.

A toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus, qui veulent, pour exprimer leurs justes et légitimes colères, bloquer le pays, sur cette affaire de taxes, il faudrait aller leur dire que pour faire un référendum anti-Macron dans la rue, ce n’est pas la bonne thématique, ni le bon jour et qu’ils vont être « instrumentalisés » alors que ces gens, heureusement pour eux, sont  « indisciplinés » puisqu’ils n’ont pas suivi tout le « programme » des maîtres en politique, c’est mission impossible.

C’est le vide laissé par la gauche qui permet l’émergence de ce mouvement, hors des rites consacrés. Mais, compte tenu de l’expérience des manifs sans lendemains de ces dernières décennies, c’est peut-être sa chance. En tout cas c’est l’occasion d’un investissement politique, pour répondre à des questions qui nous touchent touTEs, sans arrières pensées et calculs politiciens unanimement rejetés. Peut-être une bataille contre l’extrême droite et la fachosphère mais sur notre terrain, celui la mobilisation populaire et la rue. Si nous n’en sommes pas capables aujourd’hui, alors préparons-nous demain à nous cacher dans les caves !

Le président Máo Zédōng disait : « un révolutionnaire doit être au sein du peuple comme un poisson dans l’eau », le grand Karl Marx expliquait lui, que les révolutionnaires devaient être la plaque sensible du peuple à l’écoute de ses besoins et de ses intérêts avec cette image : «Il faut savoir, en révolutionnaire, « écouter l’herbe qui pousse ». Certains n’entendent même pas l’orage quand il tonne !

A touTEs ces militantEs  le dos courbé par tant de défaites qu’ils renoncent à la nécessaire mobilisation des masses, Gramsci rappelait  que sans le peuple « personne n’a de solutions, mais qu’avec lui, tous, nous sommes la solution », il expliquait aussi que « Le pessimisme de l’intelligence ne doit pas désarmer l’optimisme de l’action ».

Vive le 17 novembre

Ce qu’on pouvait dire juste après pour éviter la faute … :

Le mouvement des gilets jaunes comme cela était prévu, a fait la démonstration de sa capacité à bouleverser complètement la situation politique et sociale du septennat et mettre à nue la macronie et son petit roi. C’est ce qui s’est passé le 17 novembre,  c’est ce qui se poursuit encore avec une combativité qui surprend, concentrée sur des slogans radicaux autour de « Macron démission », chantés sur tous les tons.

La question angoissée que le pouvoir se pose, relayée par un journalisme de connivence est maintenant : « mais comment tout cela va-t-il finir ? »

Il faudrait se plonger dans les archives de l’histoire du mouvement ouvrier – comme on disait- pour y déceler un épisode similaire, d’un mouvement authentiquement populaire, de contestation centrale du pouvoir en place, boudé par la quasi-totalité de ses organisations. Les voir toutes bien alignées dans leur quête d’un mouvement chimiquement pur est consternant. Comme si toutes préfèrent un entre soi classique mais qui convient, en attendant rien ou les prochaines élections. Un aveuglement à ce point si bien partagé est totalement surréaliste. Comment la gauche de la gauche a-t-elle pu passer à côté d’une telle manifestation de colère. La rédaction laborieuse du communiqué de la « nouvelle union de la gauche » rédigé l’avant-veille de la manifestation – pendant que des milliers de comités autonomes surgissaient partout pour mettre en place les blocages et rallier le plus de monde possible –  par nos professeurs rouges, au-delà des poncifs convenus et déconnectés de l’actualité, montraient juste à quel point ce nouveau clergé est obnubilé par la pureté du mouvement et de ses revendications. Une scolastique dont se foutent globalement les « gilets jaunes » et c’est peut-êtrela raison de leur succès, mais qui n’a pas permis l’immersion dans le mouvement d’un axe « lutte de classe » clairement social et écologique, disputant ses finalités aux secteurs les moins conscients des enjeux discutés. Il ne s’agissait pas de se mettre « à l’écoute » du mouvement, façon politicien opportuniste, mais de fournir des axes politiques, des objectifs et des moyens pour y parvenir et face aux confusions et désorientations habituelles, pouvoir indiquer où est le nord. Ce sont des secteurs les moins politisés et les moins organisés de la population qui ont trouvé ce moyen pour exprimer leurs exaspérations dans la rue, pour « bloquer » le pays. La jonction avec ceux qui depuis des années arpentent le pavé pour montrer qu’ils ne sont pas contents et ceux qui descendent dans la rue pour la première fois parce qu’ils veulent que ça change vraiment n’est qu’une question de temps.

Ce qu’en disait le grand Lénine aux dogmatiques coupés de masses :

« La révolution russe de 1905 a été une révolution démocratique bourgeoise. Elle a consisté en une série de batailles livrées par toutes les classes, groupes et éléments mécontents de la population. Parmi eux, il y avait des masses aux préjugés les plus barbares, luttant pour les objectifs les plus vagues et les plus fantastiques, il y avait des groupuscules qui recevaient de l’argent japonais, il y avait des spéculateurs et des aventuriers, etc. Objectivement, le mouvement des masses ébranlait le tsarisme et frayait la voie à la démocratie, et c’est pourquoi les ouvriers conscients étaient à sa tête.

A propos de l’insurrection irlandaise de 1916

« La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne « s’épurera » pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises. »

1) JMB précise la source du texte de Lénine, car pour le comprendre il faut connaitre le contexte, qui est l’Irlande révoltée en 1916.

2) JMB a ajouté à la citation de Lénine (le premier paragraphe) concernant 1905

3) Puisqu’il est question de Lénine, JMB rappelle que le parti bolchevik considérait que la situation n’était pas mure pour abattre l’Etat bourgeois lors de la révolte spontanée de juillet 1917, mais ils n’ont pas voulu abandonner les révoltés, donc ils y ont participé, en ont subi les conséquences répressives, mais y ont des galons, et se sont trouvés à la tête de l’insurrection victorieuse en octobre.

4) Norbert raconte aussi qu’au début des manifs de 17, le parti bolchevik avait envoyé ses militants dans les usines pour décourager les  femmes ouvrières de manifester. On peut se tromper au début et ne pas handicaper l’avenir…  reste à adopter une ligne juste par la suite.

5) Willy ajoute que Lénine aurait effectivement porté le bonnet rouge et le gilet jaune. Il rappelle que la procession du dimanche sanglant à St Petersbourg, au tout début de la révolution de 1905, était conduite par le pope Gapone, qu’il y avait des portraits du tsar, et que les revendications élémentaires étaient sous forme de suppliques au même tsar….donc ne faisons pas la fine bouche ! Allons y a fond !

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 30 novembre 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, DEBATS, GILETS JAUNES.