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La Réunion sous perfusion… de sucre !

La Réunion ne sait que faire de cet encombrant héritage colonial que sont les champs de canne à sucre. Enfin si, les industriels ont trouvé La solution pour vendre des produits de consommation plus sucrés avec un argument bien rodé : les réunionnais auraient un palais plus sucré, ainsi ce serait pour satisfaire une demande que nos sodas et yaourts débordent de sucre. Résultat, les chiffres sur le diabète sont alarmants : 8,8% de la population traitée pour du diabète à la Réunion contre 4,4 % en métropole en 2012 (chiffres rapportés par la Maison du Diabète). Néanmoins, pas de panique, tout est sous contrôle, le réunionnais s’habituerait de plus en plus à manger moins sucré selon nos chers industriels, par conséquent, ils se réjouissent de baisser les quantités de sucre dans nos produits au profit de… l’aspartame !

Une question me turlupine depuis bien longtemps : pourquoi la Réunion continue t-elle de produire autant de canne ?

Notre canne n’est pas compétitive, certes il y a la marque de sucre Saint Louis qui flanque ses produits d’un logo « canne à sucre de l’île de la Réunion », mais les premiers producteurs mondiaux demeurent le Brésil et l’Inde (selon les chiffres de 2014 du site Statista).

Quid des prix plus attractifs pour la remettre dans la compétition ?

Tereos Sucre Océan Indien vient de signer la convention canne qui accepte une augmentation du prix de la tonne suite au grondement des agriculteurs.

Le problème est que l’on produit de la canne et qu’on ne sait pas quoi en faire ensuite. La solution serait de mettre ce surplus de production dans nos produits locaux. Au moins tout le monde est content : les agriculteurs continuent de produire leur canne, les médecins ont leur cabinet rempli de patients diabétiques…

Pourquoi ne pas simplement cesser cette production irrationnelle et/ou la baisser significativement ?

Il s’agit de ne pas jeter les agriculteurs sur le bord de la route. En effet, si un agriculteur décide demain d’arrêter la culture de la canne et veut faire autre chose de son terrain, un long chemin tortueux dont il ne verra peut-être pas le bout l’attend. Il est très difficile de déclasser un terrain agricole pour en faire une zone constructible : il faut d’abord formuler une demande auprès de sa mairie. Premier hic, car certains maires sont des habitués des condamnations du tribunal correctionnel de Saint-Denis pour détournements de fonds, favoritisme, corruption d’électeurs… (étant née en 1996, je tombe encore des nues en relisant un article des Echos de 1997 sur la condamnation du maire de Saint Paul que j’ai vu être réélu en 2014 comme si de rien n’était). Ensuite, le site Partenaire Européen relève qu’ « en règle générale, une telle demande ne sera acceptée que si le projet présente un réel intérêt pour la commune et que certaines conditions sont remplies (article L 123-13 du code de l’urbanisme modifié par la loi du 2 juillet 2003) : pas d’atteinte à l’économie générale du projet d’aménagement et de développement durable du plan en vigueur, pas de réduction d’un espace boisé classé ou d’une zone naturelle et forestière, pas de risques graves de nuisance. » Des agriculteurs se retrouvent donc avec des terrains agricoles avec lesquels ils ne peuvent quasiment rien faire d’autre que ce pourquoi ils ont toujours été exploités depuis des années, donc de la canne à sucre, de manière complètement déconnectée des réalités concernant les demandes aussi bien du marché national que local (n’en parlons même pas à l’internationale).

Cette déconnexion est savamment orchestrée par les plus hautes sphères de l’Etat, en témoigne la mise en scène du Président Emmanuel Macron, alors candidat aux élections, manches de chemise retroussées et machette à la main dans un champs de canne de l’île. De surcroît, le directeur agricole de Tereos Sucre Océan Indien Florent Thibault se félicite quant à lui du dépassement du million de tonne de canne réceptionnée lors de la dernière campagne sucrière, mascarade annuelle dont les usines du Gol et de Bois-Rouge sont les principaux lieux de représentation.

Ajoutez à cela l’absence de culture vivrière digne de ce nom, qui entraîne une économie totalement dépendante des importations, faisant la joie de grands groupes comme Vindémia qui se font plaisir sur leurs marges en magasin et le tweet de Bruno Masure lors des élections « Dans les DOM, 70% d’abstentionnistes, mais 100% ravis de profiter des multiples aides publiques sur budget d état » laisse un goût d’autant plus amer.

Alors, au-delà de contribuer à positionner la ZEE de la France à la deuxième place des plus grandes du monde derrière les Etats-Unis, quelles sont les perspectives solides et rentables de la Réunion et de son économie ?

 

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Cette entrée a été publiée le 30 novembre 2018 par dans Actualités des luttes, AFFAIRES, anticapitalisme, GILETS JAUNES, LA REUNION.