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Algérie : Contractuels grévistes-direction Sider El Hadjar : Le conflit se durcit

Mohamed Fawzi Gaidi, El Watan,  décembre 2018

Une semaine après le déclenchement de la grève de 1020 contractuels recrutés dans le cadre des Contrats de travail aidés (CTA) et Contrat à durée déterminée (CDD), la situation se complique davantage. Pour saper la volonté des grévistes, notamment ceux qui ont passé hier leur sixième nuit consécutive au niveau du site du haut fourneau n°2, la direction générale aurait ordonné avant-hier à la police interne qui quadrille le site de ne pas permettre aux protestataires d’être ravitaillés.

Couffins à la main, des parents de grévistes, sollicités par leurs enfants affamés, ont, en effet, essuyé un refus catégorique d’accéder, selon eux, au complexe. «Depuis les deux dernières nuits, nous n’avons pas eu un seul repas. Même les autres sidérurgistes qui ne sont pas concernés par notre débrayage ont été avertis de ne pas nous approvisionner en produits alimentaires sous peine d’être sanctionnés, voire licenciés», regrette l’un des grévistes joint hier au téléphone.

Contacté, Réda Djemaï, secrétaire général du syndicat de l’entreprise Sider El Hadjar, confirme : «Pis, j’ai été saisi hier (samedi) par deux travailleurs, dont un est ouvrier de la PMA. Ils ont été interdits d’accès au complexe sur instruction du PDG. On leur reproche d’avoir remis la veille de l’eau aux grévistes.»

Qualifiées d’atteintes aux droits de l’homme, ces pratiques ont poussé des parents de jeunes protestataires à saisir la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), a-t-on appris de leurs proches. En effet, conduite par Mahmoud Djenane, une équipe de la LADDH était hier devant le portail du complexe pour s’enquérir de l’état de santé des grévistes affamés.

Du côté de la direction générale, c’est le black-out et aucun cadre n’a voulu s’exprimer sur cette situation aux conséquences incertaines. Quant à la production, le HF est toujours à l’arrêt et les jeunes diplômés occupent les lieux de jour comme de nuit, empêchant ainsi l’approvisionnement de la chaîne de production en aval, en fonte ou acier liquide. Ainsi, depuis le début de la grève il y a une semaine, aucun compromis heureux n’a été trouvé lors des multiples réunions auxquelles ont pris part, outre le PDG de Sider El Hadjar, le secrétaire général de l’union de wilaya (UGTA), l’inspecteur du travail, le directeur de l’emploi, celui de l’énergie et des mines, ainsi que des représentants des contractuels CTA.

Maatallah Chemseddine, le PDG de Sider El Hadjar, campe toujours sur ses positions, selon les négociateurs, et ne veut rien entendre sur la titularisation des contractuels, recrutés dans le cadre des dispositifs d’emploi CTA et CDD. Mieux, il a poursuivi en justice le secrétaire général du syndicat de l’entreprise, fraîchement élu, et une vingtaine de jeunes diplômés, parmi les manifestants qui réclament des contrats à durée indéterminée (CDI). Ce qui a attisé la colère de ces derniers dont les rangs ne cessent de grossir, atteignant des centaines de jeunes diplômés, avons-nous constaté sur place. «Nous disposons de preuves matérielles que ce même PDG a recruté, en septembre dernier, un chef de projet génie civil en CDI avec un salaire net de 90 000 DA.

Un autre en août 2018 en CDD en tant que superviseur de projet avec un salaire net de 65 000 DA. Ces deux recrutements sont destinés à la direction technique de l’entreprise. Et lorsqu’il s’agit de notre cas, il prétexte le manque de moyens alors que nos salaires sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 12 000 DA/mois assortis d’avantages fiscaux et parafiscaux pour l’entreprise», affirment des grévistes qui nous ont remis une copie de ces deux décisions.

Ce qui a mis en colère d’autres chefs de projet qui, avant même que le débrayage des jeunes diplômés ne soit déclenché, ont saisi la direction technique à propos de cette disparité salariale flagrante. «Nous réclamons l’alignement des salaires de base avec l’encadrement qui a été récemment recruté. Nous vous informons que la moyenne d’expérience acquise au sein de notre entreprise est de 15 ans minimum. De ce fait, nous demandons la valorisation de notre expérience et savoir-faire que nous avons prouvés durant notre carrière», lit-on dans une correspondance datée du 12 novembre dernier, adressée par des chefs de projet au directeur technique de Sider El Hadjar.

Entre-temps, la situation au complexe sidérurgique s’envenime. Le PDG menace de faire appel à la force pour évacuer le site du HF et prévient de licencier les jeunes diplômés protestataires. Le wali d’Annaba refuse tout usage de la force, évitant ainsi que le conflit passe à la rue, d’autant plus que des émeutes ont été signalées hier ça et là après l’affichage des listes d’attribution de logements sociaux locatifs. A suivre…

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