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Oui, les troupes américaines doivent quitter la Syrie !

 

L’article ci-dessous n’est pas celui de « pacifistes », ni de démocrates contre les ingérences étrangères en particulier dans les pays du « tiers monde ». Il est celui d’un diplomate US uniquement soucieux des intérêts Us sous couvert « d’arrêter de verser le sang des boys pour des intérêts peu clairs » ! Derrière il y a toujours la défense du capitalisme international, en particulier celui des USA !

L’annonce par le président Donald Trump du retrait des troupes américaines de Syrie et de la réduction de leur présence en Afghanistan a provoqué une levée de boucliers. Et si, malgré une mise en œuvre brouillonne et chaotique, le président avait raison sur la nécessité de dégager son pays du bourbier du Proche-Orient ?

Nombre d’orientations et de décisions prises par Donald Trump depuis le début de sa présidence méritent d’être critiquées. Mais depuis les premiers jours de sa campagne présidentielle, il a exprimé au moins une conviction qui mérite d’être encouragée et non dénigrée : le désir de désengager les États-Unis des coûteux conflits à l’étranger.

L’impulsion non interventionniste de Trump a toujours été mal reçue par l’équipe de politique étrangère en constant remaniement qu’il a mise sur pied, en particulier par sa dernière configuration, plus « faucon », avec Mike Pompeo au département d’État et John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale. Pendant un certain temps, le président a cédé à contrecœur aux pressions de son entourage, ce qui a permis l’escalade des conflits sur pratiquement tous les théâtres de guerre qu’il a hérités. Mais récemment, ses préférences ont semblé prévaloir, au moins momentanément, puisqu’il a tweeté sa décision de retirer 2 000 soldats américains de Syrie et a suggéré qu’il ferait de même en Afghanistan en réduisant les effectifs de 7 000 soldats. Depuis lors, un bras de fer public déconcertant entre le président et son équipe de sécurité nationale entretient une atmosphère de confusion. On ne sait toujours pas si les États-Unis se retireront de la Syrie immédiatement ou progressivement, s’ils attendront que l’organisation de l’État islamique(OEI) soit totalement vaincue ou s’ils pensent qu’elle l’est déjà. Vont-ils protéger leurs alliés kurdes syriens, d’une manière ou d’une autre ? Vont-ils demeurer déterminés à atteindre leur objectif de mettre fin à la présence de l’Iran en Syrie ?

Une présence américaine perpétuelle ?

L’absence de tout ce qui peut ressembler à un processus décisionnel dans l’administration n’est pas surprenante. La surprise est que parmi les critiques les plus virulents de l’annonce du retrait du président Trump, on a entendu non seulement des faucons républicains, mais aussi un chœur de voix de la gauche. Les opposants progressistes au « trumpisme » devraient pourtant résister à la tentation de se tromper de cible. Nous ne serons pas sûrs de la politique de Trump tant que celle-ci n’aura pas été mise en œuvre, mais en Syrie et en Afghanistan, son intuition initiale — faire moins, avec moins — est juste. C’est son exécution, le choix du moment et son incapacité à tirer parti de ses décisions pour obtenir les meilleures conditions possibles de leur mise en œuvre qui sont préjudiciables.

En Syrie, quel que soit le point de vue que l’on a de la trajectoire tragique du conflit et des décisions politiques passées, en débat depuis longtemps, les États-Unis n’ont que peu d’intérêts en jeu : empêcher l’OEI de reprendre le contrôle de territoires, protéger les forces majoritairement kurdes sur lesquelles Washington s’est appuyé pour mener les combats antiterroristes et soutenir leurs alliés dans leurs efforts pour se défendre des menaces émanant du territoire syrien. Atteindre chacun de ces objectifs ne sera pas déterminé par une présence militaire à long terme, en plus relativement faible.

Donald Trump a induit le pays en erreur en prétendant que l’OEI avait été vaincue. Mais l’argument selon lequel il faut des soldats américains sur le terrain pour s’attaquer à ses derniers bastions aboutit en fait à une présence américaine perpétuelle, puisque le groupe terroriste représente une menace qui va durer une génération, qui peut être contrée et contenue, mais qui ne sera pas totalement vaincue à court terme.

En vérité, nombre de ceux qui, à droite, ont dénoncé l’annonce de Donald Trump l’ont fait principalement parce qu’ils voient la Syrie comme un terrain d’affrontement avec l’Iran. Mais ceci revient à poursuivre un objectif illusoire et dangereux : il est difficile d’imaginer comment quelques milliers de soldats américains pourraient contrer des dizaines de milliers de soldats iraniens ou soutenus par l’Iran, alliés à la fois avec Moscou et avec le régime du président Bachar Al-Assad qui a remporté haut la main la guerre civile. Un chœur de critiques a inévitablement suivi la récente déclaration de Donald Trump selon laquelle les forces iraniennes « peuvent faire ce qu’elles veulent » en Syrie. Pourtant, lu comme un constat plutôt que comme un feu vert, le président énonce un fait d’évidence : malgré les efforts réussis d’Israël pour limiter l’importation d’armes avancées de l’Iran en Syrie, la position de Téhéran dans ce pays est pour l’essentiel assurée.

Un retrait progressif et mieux préparé

Donald Trump a raison de dire que la meilleure solution est de nous extirper de la Syrie, mais son erreur fatale réside dans la mise en œuvre de ce retrait. De manière tout à fait scandaleuse, cette décision hâtive, prise lors d’une conversation téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan a trahi nos partenaires kurdes qui mènent la lutte contre l’OEI et risquent d’être exposés aux assauts de la Turquie et du régime syrien. Une solution plus responsable aurait été d’utiliser la perspective d’un éventuel retrait américain pour aider à éviter un conflit ultérieur entre les Kurdes et leurs adversaires. Si, comme il le suggère maintenant, le président retire les troupes graduellement plutôt qu’immédiatement, c’est encore possible. Il faut que ce temps soit utilisé à bon escient. Il devrait commencer par abandonner la dangereuse idée que la Turquie peut s’emparer de zones contrôlées par les forces kurdes. Si les Etats-Unis renoncent à protéger à long terme les Kurdes, il faut leur permette de négocier un accord avec le régime syrien. Cela pourrait impliquer le retour de certaines fonctions de l’État syrien dans le nord-est du pays, les forces kurdes conservant leur capacité militaire (mais réduisant leur visibilité) et un certain degré d’autogouvernement pour la région.

En Afghanistan aussi, le bilan que dresse Donald Trump est exact. Après plus de 17 ans de combats et une impasse virtuelle qui se poursuivra pendant plus d’une décennie au moins, il n’y a guère de raison de continuer à verser le sang et les ressources des États-Unis dans un conflit si mal engagé et dont les objectifs ne sont pas clairs. Mais là encore, le « grand négociateur » autoproclamé a commis une erreur en abandonnant les cartes limitées dont dispose l’Amérique sans rien obtenir en retour. Il aurait dû utiliser sa volonté de se retirer pour inciter les talibans — actuellement engagés dans des négociations avec les diplomates de Trump — à faire la paix.

Ne plus s’enferrer

Il y a tellement de choses répréhensibles à propos de l’ère Trump qu’il est difficile pour les critiques de savoir quelles cibles frapper. Mais une position fondée sur des principes exige que les opposants progressistes au président Trump ne renoncent pas à leurs convictions pour des victoires verbales faciles. Quelle que soit l’administration qui finira par succéder à celle-ci, elle aura de nombreuses crises à résoudre et devra distinguer celles qui comptent vraiment. Inévitablement, les États-Unis seront confrontés à des menaces qui nécessiteront le recours à la force militaire. Mais nous devons nous interroger sans cesse sur notre implication à long terme dans des conflits lointains, en particulier lorsque ces interventions ont un coût terrible pour les États-Unis et les populations locales, comme en Afghanistan et en Irak, qu’elle nous rendent complices d’abus, comme au Yémen, qu’elles nous amènent à nous allier avec des partenaires peu recommandables, comme ce fut le cas avec certains éléments de l’opposition syrienne, ou qu’elles exacerbent les sentiments antiaméricains, comme l’a souvent fait notre lutte globale antiterroriste.

Les retraits de troupes peuvent s’effectuer de manière désordonné et coûteuse, même dans les meilleures circonstances. Ce n’est pas une raison pour s’enferrer dans des guerres éternelles en cherchant une fin de partie parfaite. Raison de plus pour être clair au sujet des objectifs que nous cherchons et de n’intervenir que quand cela est judicieux.

Les décisions de Trump concernant la Syrie et l’Afghanistan, à supposer qu’il s’y tienne, pourraient bien avoir des conséquences désastreuses à cause de la façon dont elles seront exécutées, du moment où elles ont été prises, de l’absence totale de consultation avec des experts mais aussi avec nos alliés et de son incapacité totale à les utiliser. Tout cela mérite un verdict de faute professionnelle. Mais on peut rendre ce jugement tout en reconnaissant qu’opéré différemment, le retrait est une bonne chose.

Robert Malley

Robert Malley est président de l’ONG International Crisis Group. Il était auparavant conseiller du président Barack Obama pour

 

Jon Finer

Rattaché au Council on Foreign Relations, think tank américain, il a été chef de cabinet et directeur de la planification des…

 

 

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Cette entrée a été publiée le 23 janvier 2019 par dans anticapitalisme, économie, IMPERIALISME, USA.