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Frappes françaises au Tchad: Le Drian entendu en commission …Çà suffit ?

Jean-Yves Le Drian a répondu aux questions de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Cette audition prend sa cause dans une d’un bombardement français,la semaine dernière, d’une colonne de rebelles tchadiens pour prêter main forte à Idriss Déby. Depuis, députes et sénateurs français interpellent le gouvernement sur le cadre juridique et le bien fondé de cette intervention.

Le député communiste Jean-Pierre Lecoq avait donné le ton lors de la séance de questions au gouvernement : « L’armée française est intervenue la semaine dernière au Tchad pour des raisons parfaitement contestables, réactivant les pires moments de la Françafrique. »

Quelques minutes plus tard, en commission des Affaires étrangères cette fois, c’est au tour de Clémentine Autain, députée de la France insoumise, d’attaquer frontalement Jean-Yves Le Drian : « Je terminerai juste sur le deux poids, deux mesures absolument édifiant, M. le ministre. Vous venez en aide à Idriss Déby, qui serait potentiellement victime d’un coup d’Etat et de l’autre côté vous soutenez un coup d’Etat contre Maduro », au Vénézuéla.

Le ministre se défend alors en expliquant que cette intervention s’est faite en conformité avec le droit international.« Il y a trois cas qui autorise l’usage de la force : le consentement d’un Etat, l’autorisation du Conseil de sécurité sous chapitre VII et le troisième cas c’est la légitime défense. Et là nous sommes dans le cas du consentement d’un Etat, c’est-à-dire qu’il y a une demande écrite d’un chef d’Etat. C’est en fonction de ce même article que nous sommes intervenus sur le territoire du Mali en 2013. »

Et Jean-Yves Le Drian d’ajouter : « Cela ne nous empêche pas de demander au président Déby de faire en sorte de mettre en oeuvre les réformes nécessaires sur le plan politique et sur le plan économique. »

Le ministre assure que l’intervention française n’a pas fait de victime civile, sans pour autant en dire plus. Le gouvernement ne veut clairement pas s’étendre sur le sujet. La proposition de la France insoumise sur cette intervention a d’ailleurs été écartée.

Tchad : 250 rebelles capturés après les frappes françaises contre l’UFR

Sur le nombre de morts ou de blessés tout comme sur d’éventuelles victimes civiles ou de dégâts collatéraux, la communication est muette, autant du côté tchadien que français, en attendant une audition en commission de Florence Parly, la ministre française des Armées. Pourtant l’armée tchadienne annonce un bilan qui renseigne sur l’ampleur des frappes françaises contre les rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR) dans le nord du Tchad. Il fait état de 250 rebelles capturés dont 4 chefs, d’une quarantaine de pickups détruits et de centaines d’armes saisies.

C’est un bilan sur lequel les autorités tchadiennes ne se sont pas privées de fanfaronner. Les manœuvres de l’opération militaire franco-tchadienne, consistant entre le 3 et le 6 février en une série de sommations et de bombardements par des avions de chasse français, ont permis de capturer 250 rebelles de l’UFR, dont 4 de leurs chefs, présentés dans un communiqué comme des «terroristes».

Dans son communiqué-bilan « exhaustif», l’état-major tchadien rappelle que « côtés forces de Défense et de sécurité, aucune perte en vie humaine et matériels [n’a été] enregistrée» après les frappes militaires françaises sur demande du Tchad.

Côte rebelles, le bilan fait état de « plus d’un quarantaine de véhicules tout terrain détruits», « 18 véhicules récupérés», «250 terroristes capturés dont quatre chefs principaux», d’une « centaine d’armes légères saisies» et de « plusieurs documents compromettants » retrouvés sur place.

Pour étayer ses propos, une équipe de la télévision d’Etat tchadienne, la seule à se rendre sur place, a diffusé les images d’épaves de véhicules calcinés et des armes saisies. Le ratissage se poursuit dans la vaste zone désertique et montagneuse située entre le Tibesti et l’Ennedi (dans l’extrême nord du pays).

Vers une audition de Florence Parly

C’est justement dans cette zone que le 3 février dernier, des Mirage 2000 français ont procédé à des manœuvres d’intimidation avant de procéder à des tirs sur une colonne de rebelles de l’UFR à bord de pickups en provenance de Libye. Mais les bombardements n’avaient pas, semble-t-il, stoppé la progression de la colonne. Des nouvelles frappes ont eu lieu entre le 5 et le 6 février derniers. On parle au total d’une vingtaine de bombes de précision larguées sur ces rebelles qui ont failli renverser en 2008, le pouvoir d’Idriss Deby.

Aujourd’hui, le bilan livré par l’état-major tchadien, se garde bien de mentionner des pertes en vies humaines dans les pickups dits «détruits». Le communiqué ne mentionne pas non plus si des civils ont perdu la vie ou ont été blessés dans l’opération militaire. A N’Djamena, Paris, les opinions publiques, les institutions s’interrogent pour être édifiées sur les motifs, le cadre légal et la pertinence de l’intervention. Le Sénat français a demandé une audition en commission de Florence Parly, la ministre française des Armées. Les réponses pourraient venir de là.

14-02-2019

 

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Cette entrée a été publiée le 14 février 2019 par dans AFRIQUE, anticapitalisme, FRANCE, FRANCE-AFRIQUE, TCHAD.