NPA Comité Orléans Loiret

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EHPAD ou camp de travail ? Ca suffit l’exploitation de la vieillesse !

À l’heure où les EHPAD faisaient la une de l’actualité tous les responsables sanitaires du pays, ministre comprise, juraient leurs grands dieux qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Et on a vu. Ce sont les salarié-es qui une nouvelle fois vont être mis à contribution avec la suppression d’un autre jour férié pour financer les dépenses liées à la grande dépendance des personnes âgées. Toujours les mêmes combines et les mêmes à la manoeuvre, libéralisme oblige. 

 

Surfant sur ces perspectives sonnantes et trébuchantes, le secteur privé commercial des maisons de retraite accélère ses acquisitions et étend son empire sur l’Europe entière. Rachetant de petits établissements privés au capital familial, des groupes, comme le tristement célèbre KORIAN, imposent une vision de la prise en charge de la dépendance s’inspirant directement des méthodes de production industrielles. Soins à la chaine, 20 toilettes en 2 h par agent, repas au lance-pierre, changes de protection pour les incontinents laissés 24 h aux fesses des résidents, une douche…parfois, il parait que les personnes âgées détestent les douches ! Ce sont surtout les actionnaires qui les détestent, trop gourmandes en temps et personnel, donc en dividendes. Et puis au prix de l’eau tiède et du savon !

Enfin un total bordel concernant les qualifications et les responsabilités dans les équipes avec des agents de services à qui l’on impose de faire des injections à certains résidents pour pallier au manque d’infirmières. La règle de base c’est le moins de personnel possible, le moins qualifié possible, des tarifs les plus élevés possible pour des bénéfices juteux et sûrs le plus souvent possible !

Ephad Korian V1

Korian avec la filiale assurance du Crédit Agricole, Predica SA, comme investisseur principal est à la manoeuvre dans cette rentabilité à outrance de la fin de vie. Aux mains de grands groupes financiers, du Crédit Agricole à un Fond de Pension (The Public Sector Pension Investment Board), d’une banque norvégienne (Norges Bank Investment Management) à JP Morgan ou Malakoff Médéric sans oublier la BNP, le business c’est leur métier. L’humanité et la solidarité beaucoup moins pour ne pas dire pas du tout. Alors tirer profit du malheur des familles contraintes de “placer” un parent ils ont vite appris à faire et sont devenus champions.

 

Brochures luxueuses, campagnes médiatiques, site internet vantant la qualité des prises en charge et justifiant des tarifs invraisemblables, jusqu’à 5500 € en province par mois pour être abandonné dans une petite pièce rebaptisée pompeusement, tout est fait pour jouer sur la corde sensible des enfants des résidents rongés par un éternel sentiment de culpabilité. En extorquant ces tarifs prohibitifs, le groupe financier rassure les enfants des résidents en laissant croire que la qualité des soins est au rendez-vous. Le capitalisme est décidément une escroquerie permanente dans tous les domaines. Et quand il touche à l’intime des personnes et à la fin de leur parcours de vie il en devient puant, puant comme la mort de toute humanité.

 

Les politiques au secours des actionnaires

Korian a cependant un problème majeur. La perte du pouvoir d’achat des familles et le chômage les coupent d’une part de marché fondamentale, les pauvres et les classes moyennes, le coeur de cible comme ils disent. Et c’est là qu’arrivent à la rescousses nos joyeux drilles de « La République en marche » et de leurs amis “Républicains » ou “Socialistes ». Deux objectifs pour favoriser le développement des escrocs de Korian et consorts, casser le secteur public qui est moins cher et augmenter l’aide publique aux familles pour rendre accessibles leurs palaces lucratifs en carton-pâte.

 

Dans tous les départements de France, le nombre de lits d’EHPAD publics est en chute libre. De rénovations en restructurations, ce sont des milliers de lits qui disparaissent. Parallèlement des milliers de lits commerciaux voient le jour. Une vraie génération spontanée ! Et pour financer le tout étranglons un peu plus les pauvres ! Ils n’ont pas grand chose, mais ils sont nombreux. En plus des cotisations sociales transformées en impôts et échappant à tout contrôle de la représentation du personnel, on va leur proposer de juteux contrats d’assurances et on va leur piquer encore un jour férié et les forcer à travailler gratuitement. Génial non ?

 

Brisons nos chaines

Pour achever sa main mise sur ce marché de l’or gris, Korian a une politique offensive impressionnante. Il faut rassurer les investisseurs :

 

Sur le plan financier le groupe a le vent en poupe, 832 établissements en Europe, EHPAD, Cliniques, centres de rééducation, 78 000 lits, leader en France et en Allemagne, mais aussi très développé en Belgique, en Italie et en Espagne. Plus 7,6% de chiffre d’affaire en un an, plus 43,3 % pour le résultat net du groupe l’an passé, de quoi faire pâlir les GAFA.

 

Et sur le plan des dépenses il faut gérer à la Schlag le personnel et casser toute velléité de résistance. Comme à St Clément, à côté de Sens dans l’Yonne, où comme dans beaucoup d’EHPAD le personnel est à bout, brisé par des conditions de travail indignes et démoralisé par la dégringolade de la qualité des prises en charge. On cache la triste réalité aux familles pour éviter la fuite de la clientèle. A St Clément l’EHPAD Korian n’arrive plus à remplir ses lits, 68 occupés sur 90. Cela devient dangereux pour la rentabilité car il faut remplir à 100 %.

 

Face à la création et au développement d’une petite section syndicale SUD, la direction de l’établissement est en panique. Devant la dénonciation de la maltraitante institutionnelle, la réponse a été rapide. Les représentantes du personnel sont trainées devant les tribunaux d’exception internes. Une vraie parodie de justice, la vraie justice patronale, avec ses faux témoignages extorqués auprès de collègues manipulées et effrayées de perdre leur emploi, l’ignorance des recommandations de l’inspection du travail, la totale.

 

Apparement dépassée la jeune directrice est écartée de la procédure gérée directement par des cadors du groupe arrivés en renfort rapidement. Mais les syndiquées elles aussi s’organisent et résistent. Leur affaire fait le tour du groupe Korian, la presse raconte leur histoire et la réalité de la dégradation de la prise en charge des résidents et SUD santé sociaux localement, comme l’intersyndicale nationalement, apporte un soutien sans faille mettant en difficulté les requins de la finance soucieux de leur image. Rien que de leur image.

Une représentante est clairement menacée de licenciement pour avoir oser rompre l’omertà. Deux autres collègues sont menacées de sanctions car elles ont refusé de charger leur camarade. Des méthodes dignes de mauvais films noirs. Et le constat que le groupe Korian dépense plus d’énergie dans sa chasse aux syndicalistes que dans l’amélioration de la qualité de ses prestations.

 

Il faut en sortir

La première exigence c’est l’arrêt immédiat de cette chasse aux sorcières et de ce procès truqué.

L’autre exigence, qui est une véritable urgence, c’est la nationalisation immédiate de ces établissements sans indemnités ni rachat. 

Surfer sur les financements publics et les détourner, exploiter le personnel à outrance et escroquer les résidents et leurs familles méritent bien cette sanction salvatrice pour retrouver un peu de dignité dans ce secteur en grande souffrance. 

 

Jean Delhosto

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Cette entrée a été publiée le 21 février 2019 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, EPHAD, FRANCE, PERSONNES AGEES, santé.