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Une puissante mobilisation à la hauteur de leur colère !

Gien, 9 juillet, Clinique Jeanne d’Arc : les salariées ne veulent pas devenir les martyres des magouilles financières du groupe Ramsay et des tractations clandestines avec le CHR d’Orléans.

Cette clinique reconstruite en même temps que l’hôpital de Gien, et sur le terrain de l’hôpital, avait été en son temps l’aboutissement de la politique de santé de l’époque, précurseur des “rapprochements” public-privé. L’Agence Régionale de l’Hospitalisation, ancêtre de l’ARS, avait largement contraint ces deux entités à monter un « projet commun ». Une sacrée salade comme seuls savent en concocter les illuminés du ministère et leurs créatures relais dans les régions. De vrais génies de la technocratie triomphante.

Jeanne V3

L’hôpital voyait disparaitre sa chirurgie et gardait médecine, maternité et urgences, la clinique perdait sa maternité et gardait la chirurgie et le juteux secteur ambulatoire. La radio (comme le labo) était privée, tournait avec des agents publics et privés et des médecins libéraux dans les locaux de l’hôpital public et sans lien avec la clinique. Pourquoi faire simple ?

L’argument massue des technocrates était qu’il fallait sauver l’offre de soins et son corollaire, le plateau technique pour la population de Gien. En cas d’urgence obstétricale, c’était la clinique qui assurait avec en partie du personnel de l’hôpital (infirmières-anesthésistes par exemple). Très simple on vous dit.

 

Côté clinique, la Générale de Santé fondée par la « Générale des Eaux » a été avalée en 2014 par un plus gros requin, Ramsay Health Care, (normal de trouver des requins dans un groupe australien, et pour rester dans l’australisme certains diraient qu’ils sautent sur tout ce qui bouge question rachat de cliniques). C’est le plus grand groupe de cliniques du pays. 121 établissements en France et une présence forte en Suède, en Norvège, en Allemagne et au Danemark.

23 000 salarié-es, 6 000 médecins, 1 564 000 000 € de capitalisation fin 2018, 2 241 500 000 € de chiffres d’affaires pour un résultat net de 7,3 millions € entre 2017 et 2018.  On retrouve dans son conseil d’administration outre une flopée de grands patrons australiens de dignes représentants de la grande banque française, Crédit Agricole via Prédica qu’on retrouve aussi chez Korian et Natixis. Que des philanthropes passionnés de santé sonnante et trébuchante. Décidément nous sommes loin de la charité et des enfants de chœur et en plein dans le monde de la grande prédation financière.

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Alors à Gien comme ailleurs, question finances, ils ont mitonné une recette comme seuls des requins expérimentés savent le faire. Dans la santé commerciale, c’est l’immobilier qui est la plaque tournante des transferts financiers. Le montage est simple, on crée une filiale immobilière qui sera propriétaire des murs et qui louera le bâtiment à la clinique. Une vraie pompe à finances qui permet à Ramsay, qui est par ailleurs le patron de la filiale immobilière, d’encaisser par la bande 1,9 million d’euros de loyer annuel.

Côté activités médicales, il faut que les médecins et le personnel assurent, question productivité, pour pouvoir honorer de telles dépenses.

Pour les médecins c’est facile, on leur lâche la bride et on les laisse se gaver question dépassements d’honoraires. Et là c’est sans limites. Pour certains, ce sont des centaines de milliers d’euros qui passent des poches des malades aux leurs. Une manne, le tout couvert par les pouvoirs publics, ARS et consort, la sécurité sociale et les mutuelles, et bien sûr l’Ordre des médecins qui ne voit aucune malice à s’en mettre plein la lampe quand il s’agit de joyeux confrères sans scrupules.

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Pour le personnel c’est plus compliqué. Ce sont souvent les “petites mains” des stakhanovistes du dépassement d’honoraires. Peu écouté-es les collègues ont au fil des années réussi à grappiller quelques miettes qui pour des salaires modestes aident à faire bouillir la marmite et qu’elles ne sont pas prêtes à voir partir en fumée aujourd’hui. On les comprend parfaitement.

 

Mais pour le requin australien, ce n’était pas encore assez. Quelques exercices déficitaires et le voilà qui veut mettre la clé sous la porte. Les besoins de santé de la région de Gien, rien à foutre, on ferme ! Pas rentable.

Et là la fourmilière commence à s’agiter. L’ARS voit son montage génial s’effondrer, ce qu’on lui avait prédit, car comment faire confiance à un requin de la finance ? Et ce tremblement sanitaire menace l’hôpital shooté depuis des années au privé salvateur. La maternité publique, dont la sécurité n’est assurée que par le plateau technique de la clinique, est menacée à son tour. Encore une qui va crever, comme Le Blanc, Pithiviers, Amboise, Châteaudun, Vierzon en sursis et tant d’autres. Quant au service des urgences sans chirurgie, sans anesthésistes et peut-être sans maternité sa survie devient précaire. Et un nouveau désert médical créé de toutes pièces par la politique débile et dangereuse de l’ARS se profile à l’horizon. Comme à Pithiviers. L’irresponsabilité et l’incompétence érigées en statue de la connerie libérale incommensurable.

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Affolée par la tournure des événements l’ARS missionne le CHRO pour sauver les meubles. Alors là on tourne à la farce. La direction générale du CHR qui brille de mille feux question gestion des déficits est chargée de “racheter” la clinique, du moins la partie exploitation, le personnel et le matériel. Pour les murs, il faudra continuer à verser un loyer juteux au requin.

Et le CHR d’Orléans se voit dans la même panade que la clinique précédemment. Comment tenir financièrement avec cette épée de Damoclès toujours vaillamment brandie par Ramsay et ses joyeux actionnaires ?

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C’est la naissance du conflit entre direction et personnel et médecins. Le CHRO veut bien reprendre une grande partie des agents, mais au plus bas de ce que la loi l’y autorise et pour la reprise des médecins la flambée des dépassements d’honoraires devient un sacré problème. Or sans médecin et sans personnel la survie de la chirurgie sur Gien est plus que compromise.

Le CHR tente de passer en force avec les sans grade comme d’habitude, embrouilles sur le net et le brut des salaires, primes envolées, tout y passe. L’unique proposition est une embauche comme contractuelle aux conditions imposées par le CHR. Refus catégorique du directeur général du CHR d’une intégration sous statut fonction publique : » ce serait long et compliqué, il faudrait une décision de Buzyn » et personne n’ose la déranger pendant sa sieste. Mais surtout, il faut précariser le personnel pour pouvoir s’en débarrasser au plus vite, si besoin.

Pour les médecins le ton officiel est différent. Nos technocrates marchent sur des oeufs, car ce sont les médecins qui génèrent l’activité nécessaire pour arriver à payer le loyer à Ramsay. Par-derrière les langues sont plus venimeuses. Mais on sait rester discret dans le beau monde, et très faux-cul surtout.

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Pour le personnel les revendications sont claires. Elles et ils veulent maintenir leurs revenus, primes comprises. Les plus jeunes demandent leur intégration sous statut FPH et non avec un CDI.

Une prime de bienvenue a été proposée aux cadres, jusqu’à 5000 € et à certains agents qualifiés de 1000 à 3000 €, à la tête du client. Mais les moins qualifiées ont été oubliées comme par hasard et c’est là que le siège éjectable risque de jouer à plein, le CHR ayant pointé des “sur-effectifs », sic. L’avenir est sombre pour certaines. D’autres parlent de partir. Et l’incertitude plane sur ce que les médecins vont faire. De quoi se mettre en colère et l’exprimer toutes et tous ensemble.

 

Devant l’opacité des négociations menées clandestinement entre le requin Ramsay et les ramollos du public, pour l’instant c’est 1 à 0 pour le requin, la colère des salarié-es a explosé. Pas très étonnant. Un inventaire, quasi à la compresse près, a été réalisé et validé par le CHR. Le privé les fait cracher un max. Une des raisons sans doute de l’acharnement pour des conditions de reprise du personnel beaucoup moins intéressantes. 

Cet accord signé en catimini le 16 avril vient tout juste d’être adressé à SUD sur le CHR. Il a été immédiatement distribué aux salarié-es concerné-es à Gien. Les représentant-es du personnel présent-es sur la clinique ont été tenu-es dans une totale ignorance de ces grandes manoeuvres. Et leurs syndicats départementaux les ont laissés totalement tomber. Seul SUD santé sociaux est venu apporter son soutien aux grévistes ce jour avec quelques gilets jaunes de Gien toujours mobilisés en défense des services publics.

Et dans le privé épargné par les assignations quand les salarié-es sont en colère ça barde. Désertant les locaux la moitié des agents se sont déclarés en grève et une assemblée générale s’est tenue devant la clinique. Tous les programmes opératoires ont dû être annulés. Certains chirurgiens avaient leur tête des mauvais jours : pas de bloc, pas de fric !

 

Mais ça ne suffisait pas à épancher cette rage sourde pour autant. Après quelques échanges, une opération coup de poing a été rapidement décidée et une trentaine de collègues sont venus perturber la quiétude quasi vespérale des locaux de la direction au CHRO. Peine perdue, le DG était en vadrouille et c’est la directrice du personnel qui s’est prise la vague. Après quelques échanges vifs rendez-vous a été pris officiellement la semaine prochaine pour le prochain round. On verra si les négociations démarrent sérieusement.

En attendant, la grève s’installe dans la durée. Abandonné-es par leurs directions syndicales, les salarié-es s’organisent en collectif de lutte. C’est plus sûr pour prévenir les coups de poignard dans le dos. Et c’est en AG demain qu’ils et elles décideront des suites du mouvement. 

 

Aucun licenciement

À travail égal, salaire égal

Maintien des revenus de toutes et tous, primes comprises

Intégration sous statut FPH pour ceux et celles qui le souhaitent

Ancienneté conservée lors de la reprise

Expropriation sans indemnités ni rachat des locaux et matériels de la clinique.

 

Jean Delhosto

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