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France terre d’asile ? Severin, un Congolais qui a menacé de se suicider mardi à Saran, témoigne !

Ce mercredi, la France s’est engagée à accueillir trente « réfugiés » parmi la centaine de migrants bloquée depuis plusieurs jours sur le Gregoretti, un navire des garde-côtes italiens. Après marchandage un accord européen de répartition de cette « chair humaine » a eu lieu ; cinq États membres (la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et l’Irlande) et l’Église italienne ont accepté de prendre en charge les réfugiés sauvés en mer après un départ de Libye.

C’est le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner qui « a donné son accord » pour que « trente personnes, des réfugiés et non des migrants économiques » soient accueillies dans les prochains jours. En l’espace de deux ans, la politique migratoire orchestrée par Emmanuel Macron et son gouvernement a connu quelques ajustements, concédés au gré d’événements marquants. Une hypocrisie cachée sous des flots de bonnes paroles, qui mettent les dirigeants français au niveau du ministre de l’intérieur italien : ILS MÈNENT TOUS DES POLITIQUES ANTI IMMIGRES et sont également populistes dans leurs actes !

Récit d’un cauchemar vécu par une famille !

Quand la police est venue à son domicile dans la résidence La Factory, rue de la Montjoie, à Saran, mardi 30 juillet, Severin, qui fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, a menacé de sauter du troisième étage. Le tout devant ses filles. Il raconte son histoire.

« Si j’ai tout laissé, c’est pour rester avec mes enfants, ici à Orléans. D’autant que je vais avoir un bébé. Personne ne va couper le lien avec ma famille comme ça. »
Severin, 43 ans, est un sans-papiers congolais, qui vit à Orléans depuis 2017. Le 16 mai dernier, il est interpellé par la police des frontières dans le quartier de Saint-Marceau.  On lui remet alors une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mardi 30 juillet au matin, la police vient le chercher. « Ils ont frappé à ma porte », explique-t-il. « Là où je vis avec ma famille. Pour m’arrêter. Pour nous ramener au Congo ma femme et moi. Je ne pouvais pas cautionner ça. Je leur ai dit  que s’ils continuaient, ils me retrouveraient à terre. » Autrement dit qu’il sauterait de la fenêtre de sa chambre, située au troisième étage de la résidence La Factory, à Saran (en face de Quelle).

« Je n’ai commis aucun crime »

Policiers, serrurier et sapeurs-pompiers sont sur place. Un soldat du feu discute avec lui du haut de l’échelle, Severin étant toujours dans sa chambre : « Le pompier m’a dit qu’il était là pour sauver des vies, pas pour voir des gens mourir. »
Finalement, les forces de l’ordre et les pompiers s’en vont. Pour débloquer la situation. « Ils m’ont dit d’arrêter, de ne pas me faire du mal et ils sont partis. Je ne refusais pas le dialogue avec la police mais je ne voulais pas les faire entrer dans ma maison. On a dialogué à travers la porte. » Il insiste : « Je n’ai commis aucun crime, je ne suis pas un violeur, je n’ai volé personne non plus. Mais, je suis traumatisé. J’ai vu mes filles pleurer devant moi. Tout le monde pleurait. Ça m’a beaucoup choqué. »
Père de deux filles (une de 7 ans, née à Châteauroux et une autre de 4 ans née à Orléans), Severin (qui explique qu’il est bien aidé par l’association Abraysie ouverte) a travaillé au Congo dans une société de service pétrolier, comme opérateur de forage. Mais, après les élections de 2016, il doit quitter son pays pour venir à Orléans. « J’ai demandé l’asile deux fois, on m’a rejeté deux fois. Mais, je suis resté. »

« Je ne vis pas des aides »

On lui reproche de n’avoir jamais demandé un titre de séjour. Ce qu’il réfute : « On m’a dit que je ne vivais pas avec ma femme (aujourd’hui enceinte de six mois), que je ne m’occupais pas de mes filles. Alors que je m’en occupe. J’ai toutes les preuves (comptes en banque de ses filles avec de l’argent notamment, explique-t-il) ! J’ai répondu à tous les critères qu’on m’a demandés. Et je ne vis pas des aides. Je n’ai jamais demandé de la nourriture aux Restos du Coeur ou à la Croix Rouge, j’ai nourri mes enfants par mes propres moyens. J’ai investi beaucoup pour mes enfants et on me dit que non. Ce n’est pas juste. »
Comment Severin voit-il son avenir ? « Je ne connais pas mon avenir… J’ai joint le ministère de l’Intérieur mardi, qui m’a dit de contacter la direction générale des étrangers, ici, en France, de faire un recours. Je ferai tout ce qu’il faut pour rester avec mes filles. »

Propos recueillis par Alban Gourgousse La République du Centre

 

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