NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

Liberté pour Vincenzo Vecchi !

par Nolwenn Weiler 27 septembre 2019

La justice française se penche actuellement sur le cas de Vincenzo Vecchi, arrêté en Bretagne où il se cachait après avoir été condamné en Italie à seize années de prison pour avoir participé à des manifestations. Sa liberté conditionnelle a été refusée. Ses amis mettent tout en œuvre pour empêcher son extradition.

Vincenzo Vecchi, arrêté le 8 août dernier en Bretagne par la brigade anti-terroriste pour être extradé vers l’Italie, reste pour le moment en prison. La justice n’a pas accédé à sa demande de liberté conditionnelle. Âgé de 46 ans, Vincenzo Vecchi a été condamné en 2012 par la justice italienne à seize ans de prison suite à sa participation à la manifestation altermondialiste de Gênes en 2001, puis à un rassemblement anti-fasciste à Milan en 2006. Seize ans de prison, pour des accusations de dégradation en manifestation… Deux mandats d’arrêts européens ont été émis par la justice italienne en 2016 [1]. Trois ans plus tard, la police française l’interpelle.

La stupeur et l’effroi

Pour son comité de soutien, mobilisé depuis plus d’un mois, le refus de la libération conditionnelle a été rude. Ils replongent dans la stupeur et l’effroi qui les ont saisis au cœur de l’été, quand ils ont appris son arrestation et le risque d’extradition. « Je me suis dit que je ne le reverrai jamais, se souvient Jean-Pierre. Je me sentais en deuil. » « On était en état de choc », ajoute Gaëlle. La jeune femme ignore alors, comme tout le monde dans le pays de Rochefort-en-Terre dans le Morbihan – où Vincenzo vit depuis huit ans –, qu’il est recherché par les autorités italiennes.

Pour les habitantes et habitants de ce coin de campagne, Vincenzo est devenu un ami. Il participe à un groupe de musique, tient des permanences au bar associatif du village, file volontiers des coups de mains. C’est un solide bricoleur aussi, qui a participé à de nombreux chantiers. Adopté par ses hôtes, il est devenu l’un d’eux.

« Assez vite, on s’est dit qu’il fallait qu’on tire notre pote de là »

En relisant le texto qui l’a informée de l’arrestation de Vincenzo, Mona est encore très émue. « Je me suis dit, c’est mort. Dans deux jours il est en Italie. » « Et puis, assez vite, on a réalisé qu’il fallait qu’on tire notre pote de là, reprend Gaëlle. On a décidé de retrousser nos manches, pour comprendre ce qui se passait, trouver une solution. » « Ils avaient prévu de l’extrader tout de suite, en silence. Mais nous sommes venus perturber ce calendrier », ajoute une amie.

« On s’est mis en quête d’une avocate, décrit Laurence. C’est elle qui nous a dit ce dont était accusé notre copain, et à quelles peines il avait été condamné. Ça nous a semblé totalement disproportionné, évidemment. Plusieurs, parmi nous, savaient que lors des manifestations de Gênes en 2001, la répression policière avait été terrible. » Mobilisés en premier lieu pour défendre leur ami, les membres du comité de soutien tiennent à relier l’histoire de Vincenzo au contexte politique de l’époque.

En juillet 2001, des dizaines de milliers de manifestants venus participer au contre-G8 se retrouvent piégés par la police italienne. Des centaines de personnes sont blessées, certaines sont arrêtées et torturées. Un jeune homme de 23 ans, Carlo Giuliani est tué. En 2015, la Cour européenne des droits humains condamne l’Italie pour n’avoir jamais poursuivi en justice, ni même identifié, les auteurs de violences policières contre des militants altermondialistes [2].

« En Italie, Gênes est un réel trauma, rapporte Jean-Baptise. Un froid hivernal s’est abattu sur le pays à ce moment-là. » « Ces journées ont laissé une marque indélébile chez les manifestants, ajoute Mattia, un ami de Vincenzo venu rencontrer ses soutiens français [3]. Les membres de la génération qui a suivi Gênes ne sont pas sortis dans la rue pendant dix ans. Par peur. »

« Nous avons peu mangé et peu dormi, mais nous avons appris énormément de choses »

Moins de trois jours après l’arrestation de Vincenzo, le café associatif de la Pente, adossé au village de Rochefort-en-Terre, devient le quartier général du comité de soutien. Une soixantaine de personnes s’y réunissent tous les jours pendant plusieurs semaines. « Ici, nous sommes habitués à faire des choses collectives, au quotidien, décrit Gaëlle. Cela fait des années qu’on expérimente d’autres possibles dans l’agriculture, l’artisanat, le social. Nous avons initié diverses expériences de coopératives, de co-présidence d’associations… Fonctionner collectivement, nous savons faire. Ce qui a bien sûr facilité la mise en place rapide du comité. »

Condamné pour « saccage et dévastation », Vincenzo encourt douze années de prison pour Gênes, plus quatre années liées à une manifestation anti-fasciste à Milan en 2006. « Ce délit de « saccage et dévastation » a été introduit dans le code pénal par le pouvoir fasciste dans les années 1930, rapporte Mattia. Il prévoit des peines de prison très dures, entre 6 et 15 ans, mais n’a jamais été utilisé pendant les années 70 et 80 qui ont pourtant été des années de conflits très intenses en Italie. Ce n’est qu’au début des années 2000 que les magistrats ont décidé de s’en servir pour frapper plus durement les manifestations de rue. »

Entre chaque réunion, le soutien s’organise. Un groupe s’attache à constituer un fonds documentaire avec des livres, des films, des BD qui racontent ce qu’a été Gênes. Un autre planche sur les communiqués de presse. Un troisième s’attelle à décortiquer le droit italien, et le mandat d’arrêt européen. « Nous avons peu mangé et peu dormi, mais nous avons appris énormément de choses, et finalement été assez efficaces », se félicite Jean-Baptiste.

COMMUNIQUÉ DU NPA Rennes

Arrestation et extradition d’un militant anticapitaliste italien :
liberté pour Vincenzo Vecchi

 

C’est une histoire qui en dit long sur l’état du monde: la France s’apprête à livrer au ministre de l’intérieur italien d’extrême droite Salvini un militant anticapitaliste et antifasciste pour des faits qui remontent à 18 ans. Après Cesare Batisti, livré par le fasciste Bolsonaro, c’est au tour de Castaner et Le Drian de livrer un militant anticapitaliste au fasciste Salvini.

Vincenzo Vecchi avait été condamné par la justice italienne à 13 ans de prison pour sa participation à une manifestation contre le sommet du G8 à Gènes en 2001. Rappelons que lors de ces manifestation, un autre militant, Carlo Guliani avait lui été tué par balle par la police. La cour européenne des « droits de l’homme » avait alors blanchi l’Italie de cet assassinat. Ces policiers, comme ceux de la « boucherie » du dortoir Diaz, sont aujourd’hui en liberté, il est hors de question que Vicenzo soit envoyé en prison pour des faits mineurs et une loi anticasseurs scélérates.

Un comité de soutien a vu le jours près de chez lui à Rochefort-en-Terre, le NPA Rennes le soutient bien évidemment et nous vous tiendrons informé.es de futures actions pour protester contre cette extradition intolérable.

Le NPA Rennes demande sa libération immédiate
et l’arrêt de tout processus d’expulsion.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s