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Selon l’IGPN, 90% des victimes de violences conjugales seraient satisfaites de la police

Alors que le nombre de féminicides ne baisse pas, un audit conjoint de l’IGPN et de l’IGGN affirme que 90% des victimes de violences conjugales jugent « globalement satisfaisant » leur accueil dans les locaux des forces de l’ordre. Des chiffres contestés de toutes part par les associations féministes et les faits.

Ernest Everhard

 

En moyenne, on estime à 219 000 le nombre de femmes victimes de violences conjugales par an, un chiffre qui est loin d’être en baisse. Cependant, Christophe Castaner ministre de l’intérieur se dit pourtant satisfait des chiffres, qui, selon un audit, rapportent que 90% des victimes seraient satisfaites de l’accueil rencontré dans les locaux des force de l’ordre. Selon ce même audit, elles seraient 76% également satisfaites des délais d’attente de leur prise en charge et moins de 2% feraient état d’une discrimination ou d’un préjugé ressenti de la part des forces de l’ordre… Pour les « poins d’améliorations », 60% des victimes reçues par la police et 38% par la gendarmerie soulignent un manque d’information au cours de l’enquête et une victime sur cinq dit n’avoir par été orientée vers les associations d’aide.

Les associations, de leur côté, semblent stupéfaites de ces chiffres annoncés. Diverses prises de paroles contredisent ces derniers. Ainsi, Marie Cervetti et Madeline Da Silva, respectivement directrice de l’association FIT une femme, Un toit et porte-parole du collectif féministe Nous Toutes, dénoncent un constat « extravagant » et jugent aussi cet audit de « pas très sérieux ». Avant que la première n’ajoute : « sur le terrain on voit tous les jours des femmes qu’il faut qu’on accompagne parce qu’on n’a pas voulu prendre leur plainte, parce qu’on leur a dit de passer un autre jour. Cela me semble extravagant, ou alors on fréquente des victimes qui n’ont pas de bol  ».

L’audit a été réalisé entre septembre et décembre 2019 dans 40 commissariats et 411 unités de gendarmerie auprès de 635 victimes. Une méthode critiquée par Madeline Da Silva pointant que « 600 personnes, ça ne suffit pas pour dire que le problème est réglé ». Marie Cervetti, qui pour sa part, ajoute ne pas connaitre le « niveau d’impartialité » de l’IGPN.

Et les nombreux cas allant à l’encontre de cet audit sont nombreux. En septembre dernier, dans les Alpes-Maritimes, une femme mourrait sous les coups de son petit ami alors qu’une patrouille avait été envoyée sur place. Il en fut aussi le cas pour une autre femme, poignardée à mort par son mari dans le Bas-Rhin. Nous avions relayé, sur Révolution Permanente, le témoignage de Stella, la fille de la victime déclarait en novembre dernier avoir « eu le temps de voir mourir (sa) mère (…) j’ai eu le temps de défoncer la porte, d’être menacée par mon beau-père avec son couteau, d’appeler les pompiers qui n’osaient pas s’interposer puisqu’il était armé  », la gendarmerie n’étant toujours pas sur place alors qu’elle fut prévenue immédiatement. Durant 4 ans, la gendarmerie ne prenait pas en compte les signaux d’alarmes de cette femme en danger. Très loin d’être un cas isolés, ce n’est pas le Grenelle contre les violences faites aux femmes, qui n’est rien d’autre qu’un amoncellement de mesurettes sur les violences conjugales qui résoudra ces problèmes.

La création des rassemblements #BalanceTonComico, réunissant des manifestants dénonçant les féminicides et l’inaction des commissariats, appuie aussi en ce sens. C’est ce qui s’est passé sur le parvis du commissariat de Saint-Denis où plusieurs femmes avaient alors pris la parole en octobre dernier ; rappelant le meurtre de Leila, étudiante de Paris 8 à Saint-Denis, tuée quelques mois plus tôt juste après avoir déposé une main courante contre les violences de son compagnon dont elle était enceinte. Une dénonciation importante du rôle de la police dans ces affaires, qui laisse faire ces violences conjugales en n’acceptant pas les plaintes, en remettant en cause systématiquement la parole des victimes, montre son rôle de maintien de l’ordre patriarcal. Un rôle qu’elle montre aussi tous les jours, en défendant, dans les manifestations et sur les piquets de grève, matraque à la main, toutes les réformes anti-sociales du gouvernement, à commencer par la réforme des retraites, qui vont précariser en premier lieu les femmes travailleuses.

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Cette entrée a été publiée le 17 février 2020 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, femmes, FRANCE, LUTTES DES FEMMES, POLICE, VIOLENCES.