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«L’Accélération bleue»: un nouvel élan capitaliste pour une industrialisation des océans

Par Ian Angus

La volonté inhérente du capitalisme de s’étendre est devenue démesurée au milieu du XXe siècle. Les tendances socio-économiques à long terme et celles du système Terre, mises en relief il y a quinze ans et mises à jour en 2015, montrent au travers de graphiques dits en «crosse de hockey» [tels que proposés en 1998 et 1999 par Michael E. Mann, climatologue et géophysicien, actuellement directeur du Earth System Science Center de l’Université d’Etat de Pennsylvanie] la variation de la température moyenne du globe vers 1950.

Appelée «Grande accélération», cette accélération est à l’origine de ce que les scientifiques du système Terre décrivent comme «la transformation la plus rapide de la relation entre l’homme et le monde naturel dans l’histoire de l’humanité» [1], marquant le début d’une nouvelle époque historique et géologique, l’Anthropocène. Soit une époque où «les activités humaines sont devenues si omniprésentes et profondes qu’elles rivalisent avec les grandes forces de la nature et poussent la Terre sur une terra incognita planétaire» [2].

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Great Acceleration, version 2015

Il y a longtemps, Marx et Engels ont montré que le capitalisme ne peut jamais s’arrêter ou se contenter d’une seule région [la dynamique de mondialisation est intrinsèque à la caractérisation par Marx du capital]. En obéissance à son premier commandement – Accumulez, accumulez! – «il doit se nicher partout, s’installer partout, établir des connexions partout» [3]. Il n’est donc pas surprenant que les tendances identifiées dans les recherches sur la grande accélération ne se soient pas seulement poursuivies, mais qu’elles ont continué à s’accélérer. Le capital, qui ne se contente jamais d’étendre ses opérations présentes, cherche constamment de nouvelles régions, zone et de nouvelles ressources à exploiter.

Il est parfois suggéré que parce que le capitalisme a occupé le monde entier, il n’y a plus de frontières et pas de nouvelles sources de ressources bon marché. Ainsi le pic d’appropriation est passé, conduisant le système dans un déclin terminal. De tels arguments méconnaissent et sous-estiment la contrainte du système à trouver de nouvelles sources de profit. Comme l’a écrit Marx, pour le capitalisme, «chaque limite apparaît comme un obstacle à surmonter». Il s’efforce toujours «d’abattre toutes les barrières spatiales… et de conquérir la terre entière» [4].

Les continents et les îles du monde sont peut-être entièrement occupés, mais 71% de la planète est encore en grande partie inexplorée et sous-exploitée. Une nouvelle étude réalisée par des scientifiques réunis dans le Stockholm Resilience Centre montre que le capitalisme s’attaque désormais à une nouvelle frontière – sur, dans et au fond de l’eau.

«L’Accélération bleue»

«The Blue Acceleration: The Trajectory of Human Expansion into the Ocean», publié en janvier 2020 dans la revue One Earth, décrit et illustre la volonté croissante du capital d’industrialiser les océans et les fonds marins. L’activité économique dans les océans se développe rapidement, et «des investissements considérables… stimulent la croissance des industries existantes ainsi que l’émergence de nouvelles, couvrant un éventail d’activités de plus en plus diversifié» [5].

Les auteurs estiment que «l’Accélération bleue» marque le début d’une «nouvelle phase dans la relation de l’humanité avec la biosphère, où l’océan est non seulement crucial pour soutenir les trajectoires de développement mondial, mais est fondamentalement modifié dans ce processus» [6].

Ils illustrent cette affirmation avec 12 graphiques qui ressemblent beaucoup aux graphiques de la Grande accélération, mais avec des courbes dites en «crosse de hockey» qui se produisent cinq décennies plus tard.

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Accélération bleue. Tendances mondiales en matière de (A) aquaculture marine; (B) production d’hydrocarbures en eaux profondes, y compris le gaz, le pétrole brut et les liquides de gaz naturel en dessous de 125 m; (C) superficie totale des fonds marins sous contrat d’exploitation minière dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale; (D) capacité cumulée de dessalement de l’eau de mer sous licence; (E) nombre cumulé de séquences génétiques marines associées à un brevet bénéficiant d’une protection internationale; (F) nombre cumulé d’empreintes ajoutées à la base de données sur les océans du monde ; (G) trafic portuaire de conteneurs mesuré en unités équivalentes à vingt pieds; (H) longueur totale des câbles sous-marins à fibres optiques; (I) nombre de passagers de croisières; (J) capacité cumulée d’énergie éolienne offshore installée; (K) superficie totale de la zone marine protégée; (L) superficie totale du plateau continental étendu revendiqué.

 

Les deux premiers graphiques sont des illustrations particulièrement fortes des efforts déployés pour surmonter les limites en déplaçant les capitaux et la production vers des lieux jusqu’alors inexploités, et pour obtenir des ressources en utilisant de nouvelles techniques et technologies.

  • Le graphique A, «Aquaculture marine», montre la croissance spectaculaire des fermes aquacoles marines, qui étaient sans grande importance jusqu’en 1970, mais qui représentent aujourd’hui près de 50% de tous les poissons consommés par l’homme. En haute mer, les captures de poissons sauvages sont en baisse depuis les années 1990, mais ce déclin a été plus que compensé par l’aquaculture, principalement située dans les zones côtières. La production totale de poisson est plus importante que jamais et la transformation du poisson se développe plus rapidement que toute autre industrie alimentaire [7].

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L’aquaculture a connu une croissance de 10% par an à la fin du XXe siècle, et elle progresse de 5,8% par an aujourd’hui. UN Food and Agriculture Organization, The State of the World Fisheries and Aquaculture 2018, 2.

 

  • Le graphique B, «Hydrocarbures profonds», montre la production de pétrole et de gaz à plus de 125 mètres sous la surface de l’océan. L’extraction en mer représente déjà 30% de la production mondiale de pétrole, et «à mesure que les gisements en eaux peu profondes s’épuisent et que de nouvelles technologies émergent, la production s’oriente vers des profondeurs plus importantes et de nouveaux territoires, notamment l’Arctique où l’on s’attend à de vastes réserves de pétrole et de gaz non découvertes». L’industrie s’intéresse également de plus en plus aux gisements d’hydrates de gaz naturel (méthane cristallisé) enfouis à des kilomètres sous le fond des océans, qui «pourraient représenter deux fois plus de carbone organique que le charbon, le pétrole et les autres formes de gaz naturel combinés dans le monde» [8].

De nombreuses tendances à «l’Accélération bleue» impliquent de nouvelles technologies. Un co-auteur du rapport souligne que «le secteur de la biotechnologie marine n’existait guère à la fin du XXe siècle, et que plus de 99% des séquences génétiques d’organismes marins brevetées ont été enregistrées depuis l’an 2000» [9].

Plus généralement, comme le dit l’article de One Earth, «la combinaison de la demande mondiale croissante, du progrès technologique et du déclin des sources terrestres a rendu l’extraction d’un nombre croissant de matériaux océaniques non seulement possible mais aussi économiquement rentable».

«Des entreprises coûteuses telles que l’exploitation commerciale des grands fonds marins sont désormais considérées non seulement comme réalisables mais aussi comme imminentes. De même, la recherche de nouveaux composés bioactifs pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens est de plus en plus axée sur les micro-organismes vivant dans les grands fonds, alors que les contraintes d’espace sur terre ont contribué à la construction de grands parcs éoliens en mer et à l’investissement dans des installations en eaux profondes.» [10]

Aujourd’hui, la production offshore de pétrole et de gaz est de loin la partie la plus lucrative de l’économie océanique, tandis que le sable et le gravier destinés à la construction sont les minéraux offshore les plus extraits, en volume. L’exploitation minière en eaux profondes n’a pas encore commencé, mais l’Autorité internationale des fonds marins a déjà délivré 29 licences d’exploitation de minéraux et de métaux couvrant 1,3 million de kilomètres carrés de fonds océaniques [11].

La société DeepGreen Metals, basée au Canada [un pays qui privilégie et protège les entreprises minières], affirme que la zone des fonds marins de l’océan Pacifique couverte par la licence obtenue est «l’une des plus grandes ressources non exploitées de cobalt, de nickel et de manganèse de la planète» [12].

 

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Les compagnies minières des grands fonds prévoient d’utiliser d’immenses machines télécommandées pour racler les fonds marins, capturer les minéraux et déverser les boues restantes. Le processus tuera d’innombrables organismes dans les zones minières et au-delà.

L’équipement utilisé directement pour extraire ou produire des aliments, du carburant et des minéraux n’est qu’une partie de l’histoire. Les industries de «l’Accélération bleue» ont également besoin d’une surface et d’un espace côtier toujours plus importants pour leurs infrastructures, notamment les installations portuaires, les bateaux de pêche, les fermes piscicoles, les plateformes offshore et les équipements miniers pour haute mer. Dans les années à venir, ces installations pourraient être affaiblies, voire submergées, par la montée du niveau de la mer et les tempêtes de plus en plus puissantes.

Accélération de la destruction

Bien sûr, les sociétés humaines utilisent les ressources des océans depuis des milliers d’années, mais «l’Accélération bleue» semble marquer un nouveau point de bascule.

«La ruée actuelle vers l’océan se déroule avec une diversité et une intensité sans précédent. … La multitude de revendications qui illustrent collectivement l’accélération bleue indique un taux de changement phénoménal au cours des 50 dernières années, une forte accélération caractérisant le début du XXIe siècle.» [13]

Trois des grandes tendances à l’accélération identifiées en 2004 étaient liées aux océans: l’aquaculture, l’acidification des océans et la capture de poissons de mer. Les deux premières continuent de croître de manière exponentielle, tandis que les captures de poissons ont commencé à diminuer uniquement parce que la surpêche a pratiquement anéanti les principales populations de poissons. Combinées aux émissions de gaz à effet de serre et à d’autres polluants non comptabilisés, ces tendances ont eu des conséquences désastreuses. Le célèbre biologiste de la conservation Callum Roberts écrit que nous sommes confrontés à «la perspective de mers tellement maltraitées qu’elles ne garantissent plus les processus écologiques que nous prenons pour acquis et dont dépendent notre confort, notre plaisir et peut-être notre existence même» [14].

L’étude sur «l’Accélération bleue» montre que la grande accélération reçoit un nouvel élan de l’industrialisation des océans, qui «ouvre la voie à l’apparition de nouveaux risques et à des changements de régime … [et crée] les conditions pour que des seuils inconnus soient franchis» [15].

Le danger de dommages imprévisibles et non évitables est d’autant plus grand que l’on connaît si peu de choses sur la vie et l’écologie des grands fonds marins. La face cachée de la Lune a été mieux cartographiée que 95% des fonds océaniques, et seule une infime minorité d’organismes marins a été identifiée, sans parler de leur étude.

Néanmoins, les partisans du développement des océans profonds promettent que tout ira bien. La Banque mondiale, par exemple, affirme que l’économie bleue «favorisera la croissance économique, l’inclusion sociale et la préservation ou l’amélioration des moyens de subsistance tout en assurant la durabilité environnementale des océans et des zones côtières» [16]. De belles paroles, mais peu de choses sur la façon dont les océans peuvent être protégés en pratique.

En fait, comme Mark Hannington [Université d’Ottawa, spécialisé dans l’étude des volcans actifs sur le plancher océanique] du prestigieux Centre Helmholtz pour la recherche océanique l’a déclaré à l’OCDE, l’exploitation des fonds marins causera inévitablement des dommages environnementaux, et personne ne sait comment les minimiser.

«Même l’exploitation minière la plus prudente des fonds marins perturbera l’environnement marin. L’opinion générale est que l’exploitation minière à l’échelle industrielle infligera toute une série de dommages qui modifieront de manière irréversible les grands fonds marins, mais il n’existe pas encore d’image précise de ce que pourraient être ces impacts. …

»Il est difficile de savoir quel régime réglementaire devrait être mis en place pour faire face aux impacts environnementaux dans des zones qui n’ont jamais été cartographiées ou même visitées afin de les protéger contre des dommages encore largement inconnus et qui pourraient ne pas se produire avant des décennies.» [17]

Un article récent de la revue Nature est plus direct: «Les rares données existantes suggèrent que l’exploitation minière en eaux profondes aura des effets dévastateurs, et potentiellement irréversibles, sur la vie marine.» [18]

Le danger de permettre à des entreprises avides de profits de creuser pour trouver des minéraux et de forer pour trouver du pétrole dans les profondeurs de l’océan a été démontré de façon spectaculaire en 2010, lorsque la plateforme pétrolière opérant un forage le plus profond du monde a explosé, tuant 11 travailleurs et libérant 4,9 milliards de gallons de pétrole dans le golfe du Mexique. Comme l’a conclu la commission nommée par Obama sur la catastrophe de Deepwater Horizon, les actions de BP, Halliburton et Transocean …révèlent des défaillances si systématiques dans la gestion des risques qu’elles mettent en doute la culture de sécurité de toute l’industrie» [19].

Si l’on se fie à l’expérience passée des entreprises minières et de combustibles fossiles, personne ne doit se fier à leurs pieuses promesses de comportement écologiquement responsable en eaux profondes.

***

Il est impossible de surestimer l’importance des océans pour les systèmes qui entretiennent la vie sur Terre. Les organismes marins produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons, soit bien plus que les forêts tropicales. La quasi-totalité des pluies qui rendent possible la vie végétale provient des océans, qui contiennent 97% de l’eau de la planète. Ils contribuent à stabiliser le climat en absorbant 50 fois plus de dioxyde de carbone que l’atmosphère, et en transportant l’eau chaude loin des tropiques. Ils sont la principale source de protéines pour un milliard de personnes, et une source importante pour trois milliards d’autres. Les grands cycles biogéochimiques au cœur du métabolisme mondial de la Terre dépendent de la bonne santé des océans.

Une société rationnelle, consciente de ces faits, gérerait soigneusement sa relation avec les océans, en appliquant toujours le principe de précaution et en accordant la priorité absolue à la protection et à la régénération des écosystèmes essentiels.

Mais nous ne vivons pas dans une société rationnelle. Comme l’écrit Michael Parenti, le capitalisme a des priorités très différentes.

«L’essence du capitalisme, sa raison d’être, est de convertir la nature en marchandises et les marchandises en capital, en transformant la terre vivante en richesse inanimée. Ce processus d’accumulation de capital fait des ravages dans le système écologique mondial. Il traite les ressources vitales de la planète (terres arables, eaux souterraines, zones humides, forêts, pêches, fonds marins, rivières, qualité de l’air) comme des ingrédients spécifiques d’une quantité illimitée, à consommer ou à intoxiquer à volonté.» [20]

C’est précisément ce que représente «l’Accélération bleue»: une volonté d’accumuler du capital en enfermant, exploitant et marchandisant les océans. Depuis soixante-dix ans, la Terre, à grande vitesse, passe de l’Holocène à l’Anthropocène, où les catastrophes environnementales se profilent à l’horizon. Aujourd’hui, le train du capitalisme, qui se dirige vers l’enfer, s’accélère, alimenté par l’accélération de l’industrialisation [qualifiée de développement] des océans.

Les arguments pour débarrasser le monde de ce système capitaliste mortel n’ont jamais été aussi forts. (Article publié sur le blog de Ian Angus Climate & Capitalism en date du 5 février 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Notes

[1] Will Steffen et al., Global Change and the Earth System: A Planet under Pressure (Springer , 2005), 131. Will Steffen et al., “The Trajectory of the Anthropocene: the Great Acceleration,” Anthropocene Review, April 2015, 81-88.

[2] Will Steffen, Paul J. Crutzen, and John R. McNeil, “The Anthropocene: Are Humans Now Overwhelming The Great Forces Of Nature?” Ambio 38, no. 8 (2011), 614. The new epoch has not yet been formally recognized, but, as the Anthropocene Working Group points out, “the Anthropocene already has a robust geological basis, is in widespread use, and indeed is becoming a central, integrating concept in the consideration of global change.”

[3] Karl Marx, Capital, vol.1, (Penguin, 1976), 742; Karl Marx and Frederick Engels, Manifesto of the Communist Party. Dans Le Manifeste communiste, on retrouve la phrase suivante: «Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions d’existence qu’ils entraînent.»  Dans Le Capital, Livre I, VIII section, chap. XXXII: «Corrélativement à cette centralisation, à l’expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l’application de la science à la technique, l’exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l’outil en instruments puissants seulement par l’usage commun, partant l’économie des moyens de production, l’entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d’où le caractère international imprimé au régime capitaliste.» (Réd.)

[4] Karl Marx, Grundisse, (Penguin, 1973), 408, 539.

[5] Jean-Baptiste Jouffray, Robert Blasiak, Albert V. Norström, Henrik Österblom, and Magnus Nyström. “The Blue Acceleration: The Trajectory of Human Expansion into the Ocean,” One Earth, vol. 2/1, January 24, 2020

[6] Jouffray et al., “Blue Acceleration,”  46.

[7] FAO, The State of World Fisheries and Aquaculture 2018. Nearly half of the fish consumed by humans today comes from fish farms.

[8] Jouffray et al., “Blue Acceleration,” Supplemental Information , 3.

[9] Robert Blasiak, “Blue Acceleration: our dash for ocean resources mirrors what we’ve already done to the land,” The Conversation, January 24, 2020.

[10] Jouffray et al., “Blue Acceleration,” 45, 43.

[11] The International Seabed Authority was created in 1994 by the United Nations Convention of the Law of the Sea. Elle est censée à la fois protéger l’environnement des grands fonds marins et promouvoir le développement économique. Dans la pratique, elle a donné la priorité au développement.

[12] DeepGreen, Media Release, September 24, 2018.

[13] Jouffray et al., “Blue Acceleration,” 46.

[14] Callum Roberts, The Ocean of Life: The Fate of Man and the Sea (New York: Penguin, 2013), 215.

[15] Jouffray et al., “Blue Acceleration,”  48.

[16] World Bank, The Potential of the Blue Economy (Washington, 2017), v

[17] quoted in OECD, The Ocean Economy in 2030 (Paris: OECD Publishing, 2016), 155.

[18] Olive Heffernan, “Seabed mining is coming — bringing mineral riches and fears of epic extinctions,” Nature 571 (July 25, 2019), 466.

[19] National Commission on the BP Deepwater Horizon Oil Spill and Offshore Drilling, Deep Water: The Gulf Oil Disaster and the Future of Offshore Drilling, 2011, vii.

[20] Michael Parenti, Blackshirts and Reds, (San Francisco: City Lights Books, 1977) 154-55

 

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Cette entrée a été publiée le 22 février 2020 par dans AFFAIRES, anticapitalisme, écologie, OCEANS.