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COVID-19 : apocalypse déchets

par Marc Laimé, 3 avril 2020

Après les services de l’assainissement des eaux usées, après les alertes relatives à la ventilation des bâtiments, c’est tout le secteur de la gestion des déchets qui est massivement impacté par la pandémie du coronavirus. Les innombrables acteurs d’une filière essentielle, dont les activités sont pourtant méconnues, et s’exercent parfois dans une grande opacité, sont en effet confrontés à une crise sans précédent. Près de la moitié des installations de gestion des déchets sont à l’arrêt, menaçant la poursuite d’une foule d’activités économiques, tout aussi essentielles. La mise en sécurité des personnels de la filière, exposés à la contamination, tarde et fait débat. Plusieurs groupes d’intérêt s’affrontent. Les ministères compétents semblent tétanisés. Autopsie d’une crise systémique.

Révélations. C’est dès le 28 janvier 2020, un mois et demi avant le confinement de tous les Français à dater du 16 mars 2020, que le Haut conseil de la santé publique adressait au ministère de la Santé, alors dirigé par Mme Agnès Buzin, un premier avis “relatif aux mesures d’hygiène pour la prise en charge d’un patient considéré comme cas suspect, possible ou confirmé d’infection à 2019nCOV” !

Suivi d’un second avis daté du 7 février 2020, émis par la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), relatif au “traitement du linge, au nettoyage des locaux ayant hébergé un patient confirmé à 2019nCOv et à la protection des personnels”.

Sur ces bases, le ministère de la Santé diffuse le 20 février 2020 un “Guide méthodologique” intitulé “Préparation au risque épidémique COVID-19 établissements de santé, médecine de ville, établissements médico-sociaux”.

Ensuite, plus d’un mois plus tard, le 10 mars c’est enfin M. Jérôme Salomon, Directeur général de la santé, devenu célèbre depuis lors, qui saisit le Haut conseil de la santé publique lui demandant de se prononcer sur « la gestion des déchets d’activités de soins (DAS) produits au cours de l’épidémie de Covid-19, en particulier en milieu diffus. »

On perçoit déjà clairement les inquiétudes du ministère quant aux problèmes qui ne vont pas manquer de se poser pour la filière déchets.

Tous les déchets infectieux doivent-ils être incinérés, ou peut-on, à certaines conditions, en « neutraliser » certains par le biais d’une désinfection, en les portant à telle ou telle température ?

Les déchets (…) produits par les cas infectés ou suspectés d’être infectés, confinés à domicile, peuvent-ils être collectés séparément, puis éliminés dans la filière des ordures ménagères ?

Les déchets (…) produits par les professionnels de santé et les agents chargés du transport sanitaire en ville doivent-ils être éliminés via les ordures ménagères ou via la filière DASRI,

Quid du compostage des biodéchets avant épandage sur des sols agricoles ?

L’avis du Haut conseil de la santé publique

Daté du 19 mars, publié le 20, l’avis du HCSP « présente les modalités de gestion des déchets d’activité de soins (DAS) produits au cours de l’épidémie de Covid-19, à la fois pour les établissements de santé, les professionnels de santé en exercice libéral et les personnes infectées ou susceptibles de l’être, maintenues à domicile ».

Le HCSP recommandait :

« Pour les établissements de santé, d’éliminer les déchets issus de patients infectés ou suspectés d’être infectés par le SARSCoV-2 selon la filière classique des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) de l’établissement sans les distinguer des autres DASRI produits par l’établissement, et de les traiter par incinération ou par prétraitement par désinfection.

Pour les professionnels de santé prodiguant des soins à domicile, d’éliminer les déchets produits par l’acte de soin via la filière classique des DASRI ».

Pour les professionnels de santé en exercice libéral et pour les personnes infectées ou susceptibles de l’être, maintenues à domicile, d’éliminer selon la filière classique des ordures ménagères (dans un double emballage), les déchets contaminés ou susceptibles d’être contaminés, notamment les masques, mouchoirs à usage unique et bandeaux de nettoyage des surfaces.

Avis_HCSP_sur_DAS_19-03-20_-_pdf

Avis HSCP sur DAS, 19-03-20 -.

Deux poids, deux mesures…

On est d’emblée frappé par une étonnante disymétrie.

A l’hopital, ou quand un médecin intervient à domicile, les déchets issus de patients infectés seront éliminés par incinération, à l’hopital même, ou par l’intermédiaire d’une filière spécifique, la filière des déchets d’activiités de soin à risque infectieux (DASRI).

Mais à domicile, les mêmes déchets infectieux, placés durant 24 heures dans un simple sac en plastique par le malade confiné ou ses proches, après avoir ensuite été emballé dans un second sac en plastique, devront être évacués via… la poubelle verte des ordures ménagères !

Il est vrai que “comme personne n’avait prévu ce qui a fini par arriver”, nul ne pouvait imaginer en effet devoir résoudre la question des déchets infectieux des dizaines de milliers de personnes cantonnées à domicile pour ne pas encombrer les urgences, au risque de voir s’effondrer tout le système hospitalier…

On estimait fin mars qu’un minimum de 50 000 personnes présentant des symptomes de contamination ont été maintenues à domicile dès que la décision du confinement décidée par le gouvernement est devenue effective le 16 mars.

Avec des variantes, le processus mis en oeuvre selon les directives du ministère de la Santé afin d’éviter l’arrivée massive de patients aux urgences, consistait à mobiliser, autour des SAMU et des établissements hospitaliers, des médecins-référents en charge d’une quinzaine ou d’une vingtaine de patients maintenus à domicile, dont les coordonnées proviennent des remontées des médecins de ville.

C’est sur la base d’entretiens téléphoniques réguliers effectués à distance que le médecin-référent décidait ou non d’une hospitalisation, qui devait en fait n’intervenir qu’à l’apparition de syndromes de gène respiratoire aigüe.. “Je leur pose une vingtaine de questions, et c’est à leur souffle et au son de leur voix que je détecte l’aggravation de leur cas, et là je les fais hospitaliser”, nous a confié l’un d’entre eux, mobiliisé depuis un mois auprès d’un CHU du centre de la France.

 

Grand brouillard sur le front des déchets

Les mesures de confinement ordonnées par le gouvernement à dater du 16 mars contraignent les collectivités locales en charge de la compétence déchets à réorganiser leurs services dans l’urgence.

Réduction brutale du personnel, fermetures des déchetteries ordinairement accessibles au grand public, rumeurs de suspension de la collecte sélective, modifications des circuits ou diminution des fréquences de collectes affectent en quelques jours l’ensemble du territoire.

 

Très vite la galaxie très complexe des acteurs concernés se mobilise

L’Association des Maires de France (AMF) rappelle ainsi les préconisations à suivre dans le cadre des plans de continuité d’activités (PCA) instaurés à la suite de l’épidémie de H1N1 en 2009.

L’urgence absolue c’est la gestion de la réduction brutale du personnel, en raison d’arrêts-maladie, de garde d’enfants ou d’absence de transport.

Or certaines activités sont absolument prioritaires. Il faut en effet assurer impérativement les services de salubrité, c’est-à-dire le traitement des ordures ménagères et les collectes de fermentescibles, ainsi que celles des activités de soins à risque infectieux (DASRI) et autres déchets issus des activités sanitaires.

Si les collectes en porte-à-porte, et notamment leurs fréquences, vont être impactées par le manque de personnel, il faut aussi lister les établissements prioritaires dont l’activité doit être maintenue, comme les Ehpad ou les prisons.

Pour les ordures résiduelles « en deçà de 70 % » de présence du personnel Il sera « nécessaire de passer en mode dégradé », précise la note de l’AMF.

HCSP_Avis_Agents_Dechets_1_

Il va falloir gagner du temps et de ne plus effectuer d’arrêt devant chaque logement desservi. Les PCA préconisent donc de rassembler les points de collecte en regroupant, par exemple, les bacs de plusieurs immeubles. Ce qui impose de laisser lesdits bacs sur la voie publique, ce qui n’est pas toujours évident.

Pour le personnel, outre le rappel des gestes de sécurité, « la nécessité d’éviter les contacts trop proches entre personnes peut amener à revoir les conditions d’occupation des cabines de conduite et la composition des équipages” tandis que “les risques de pénurie d’équipements imposent également d’envisager le lavage des gants ».

Et déjà le tri sélectif fait problème. Car demander aux habitants de mettre les emballages triés dans la poubelle des ordures résiduels pourrait provoquer une « saturation de la collecte résiduelle ».

Or il n’est « pas possible de collecter les déchets résiduels et les déchets d’emballages en mélange sans utiliser les bacs jaunes car la dotation en bacs résiduels est insuffisante, donc autant préserver le geste de tri ». De plus, les collectes emballages offrent plus de souplesse en matière d’adaptation des fréquences que les collectes d’ordures résiduelles.

Faut-il ou non maintenir des centres de tri ouverts ? Tout dépendra du personnel disponible. Il est préférable de ralentir l’activité que de l’arrêter puisque le redémarrage sera plus aisé si une activité réduite a été maintenue », rappelle l’AMF qui souligne, par ailleurs, que, en cas de fermeture ou de saturation du centre de tri, « il faut trouver des stockages temporaires pour les collectes sélectives des emballages ».

Et l’impact du COVID-19 ? L’utilisation de masques, lingettes et autres mouchoirs va produire des quantités de déchets résiduels « plus importantes que d’habitude ».

Ces déchets étant susceptibles d’être contaminés par le Covid-19 devront être « enfermés dans des emballages étanches ». « Dans la pratique, le plus simple est de recommander aux habitants de les mettre dans un premier sac-poubelle fermé, ensuite placé dans un second sac-poubelle fermé ». Ces sacs pourront, dès lors, être placés avec les ordures résiduelles et seront incinérés.

Par ailleurs, à ce stade, les déchetteries doivent être fermées au public. Ce sont les mesures de confinement qui ont été arrêtées qui imposent ces fermetures « afin d’éviter les regroupements ». Il est conseillé d’en informer les éco-organismes et recouvrir les bennes et les contenants. Toutefois, et bien que les encombrants ne représentent pas un service prioritaire, un service réduit peut être maintenu « afin d’éviter les dépôts sauvages ».

Noter enfin que, dans certains cas particuliers, les déchetteries pourraient devenir des lieux de stockage provisoires, pour les déchets d’activité de soin à risque infectieux (DASRI), par exemple.

 

AMORCE sonne l’alarme

Quelques jours plus tard un premier bilan fait apparaître un grand nombre de préoccupations.

La collecte des ordures ménagères résiduelles et la gestion des déchets sont bien prioritaires, mais le sort des flux d’emballages ou le fonctionnement des centres de tri sont plus problématiques. Les collectivités demandent dès lors au gouvernement de se positionner pour proposer des réponses territoriales cohérentes et protéger les agents.

Ici un centre de tri qui ferme ses portes, là une collecte de biodéchets qui se poursuit… Les collectivités sont dans le brouillard. Une impression confirmée par une enquête que rend publique l’association AMORCE dès le 24 mars.

Amorce est un réseau de services aux collectivités créé il y a 32 ans à Lyon, qui compte aujourd’hui 950 adhérents, collectivités locales et entreprises, et 41 groupes d’échange, particulièrement actifs dans la période, à l’instar des autres plates-formes mises en place depuis quelques années par des structures comparables comme la FNCCR ou le réseau Ideal-Connaissance, qui organise chaque année au mois de janvier à Rennes le Carrefour de la gestion locale de l’eau, qui accueille plus de 10 000 congressistes. On peut augurer sans peine, comme le démontre déjà la crise du COVID-19, confinement obliqe, d’un développement fulgurant de ces plates-formes d’échange numérique et de formation à l’horizon des toutes prochaines années.

Les 125 collectivités qui ont répondu à l’enquête-flash d’Amorce (représentant 18 millions d’habitants), continuent, une semaine après le début du confinement, à ramasser les ordures ménagères. 17 % ont en revanche interrompu leur service de collecte sélective (emballages, papiers, verre) et 57 % le ramassage des encombrants. 42 % des centres de tri sont partiellement ou totalement fermés, de même que la quasi-intégralité des déchetteries publiques (même si 13 % d’entre elles continuent malgré tout à accueillir les gisements des entreprises).

Cette grande hétérogénéité traduit un besoin de clarification. Une cellule de crise composée de plusieurs associations de collectivités, mais aussi des professionnels de la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement (Fnade), ou de la Fédération des entreprises du recyclage (Federec), dont la communication officielle demeure très institutionnelle) demande dès lors instamment au gouvernement de définir plus précisément la marche à suivre pour gérer la crise du Covid-19 dans le secteur des déchets..

Comme on le constatera à la lecture des documents rendus publics par Amorce le 24 mars (pdf ci-dessous),, la demande peine à être entendue. Les pouvoirs publics, au premier rang desquels le MTES, semblent tétanisés. Des représentants du ministère concèdent quelques explications orales, mais personne ne semble vouloir s’engager formellement par écrit…

Or les problèmes à résoudre d’urgence sont innombrables et donnent le vertige…

« On doit d’abord nous préciser si ces activités de collectes séparées sont prioritaires », martèle Amorce. Le plan de pandémie grippale de 2009 avait estimé que tel n’était pas le cas. Et si la même réponse était apportée, les collectivités pourraient arrêter plusieurs de leurs services afin de protéger leurs agents et ceux de leurs délégataires… Une manière aussi de livrer des messages plus clairs aux habitants, par exemple pour leur recommander de stocker leurs déchets d’emballages secs et de jeter temporairement le reste en mélange.

Si ce service public est au contraire considéré comme prioritaire pour des questions de salubrité publique ou pour éviter la saturation des exutoires, les autorités sont invitées à évaluer précisément les risques pathogènes et à définir quels sont les gestes barrières à mettre en place et selon quelles modalités : suspension de certains gestes de tri, stockage temporaire voire élimination des gisements… Alors qu’aujourd’hui, on laisse les acteurs décider en leur âme et conscience, « on a besoin de documents officiels qui s’appuient sur des bases scientifiques », insiste Nicolas Garnier, délégué général de l’association.

Crise_du_coronavirus_et_SPGD_-_point_sur_la_situation_au_24_mars_2020-_-pdf

Crise du corona virus et SPGD. Point sur la situation au 24 mars 2020 – AMORCE -.

Au MTES, une première réponse était certes formulée le lundi 23 mars, mais les recommandations s’adressaient exclusivement… aux particuliers.

Pour éviter les risques de contamination, il leur était rappelé la nécessité de jeter leurs mouchoirs, masques et gants usagés dans des sacs plastique dédiés, résistants et disposant de systèmes de fermeture fonctionnel.

Surtout, chaque sac devait être « conservé 24 heures avant d’être placé dans le sac plastique pour ordures ménagères ».

Et de souligner que ces déchets ne doivent pas être mélangés aux emballages…

Une nécessité pour éviter les risques d’infection dans les centres de tri. Du moins dans ceux qui restent ouverts. Car cette question n’était toujours pas tranchée à cette date.

Dans un courrier adressé aux opérateurs publics et privés dès le 20 mars, le ministère se contentait en effet d’une recommandation a minima : «  maintenir aussi longtemps que possible la collecte séparée (…) et l’activité des centres de tri ».

Une crise multiforme sur tout le territoire

Les témoignages d’une crise profonde se multiplient.

Reporterre publie un reportage saisissant de Nicolas Mollé et Yves Monteil :

« Ni masque ni désinfection du camion : les éboueurs nantais s’inquiètent pour leur santé.

(…)

« Récemment, près d’une clinique, on s’est retrouvés face à une montagne de sacs percés, on a dû tout reprendre à la main », raconte le délégué CGT Yves Lamy.

(…)

L’entrée dans la crise a été rude : pas de masques de protection en dehors de ceux qu’ils se sont eux-mêmes fabriqués en se basant sur des patrons disponibles sur Internet, rien que des lingettes pour désinfecter la cabine du camion benne, des quantités jugées limitées de gel hydroalcoolique… Et surtout un non respect flagrant des distances de sécurité. Les agents se sont retrouvés serrés les uns contre les autres dans les vestiaires, en salle de pause ou dans l’habitacle de leur camion.

(…)

« Ce qui est assez saisissant dans la période actuelle, conclut Baptiste Monsaingeon, c’est que l’on s’aperçoit, alors qu’elles étaient totalement invisibilisées dans les périodes de fonctionnement normal des sociétés, que l’enlèvement et les services autour des déchets font bien partie des activités dites essentielles. »

Lire l’enquête de Reporterre :

https://reporterre.net/Ni-masque-ni…

Ailleurs, la communauté de communes du Grand Charolais adresse une alerte à ses administrés :

« Collecte des déchets pendant l’épidémie de Covid-19 : OM maintenue, recyclables suspendue.

Le Grand Charolais vous informe que la collecte des ordures ménagères au porte à porte et/ou en apport volontaire est maintenue. Néanmoins, il est possible que des modifications d’horaires de collecte interviennent au regard des contraintes exceptionnelles liées au confinement.

En revanche, suite à la fermeture du centre de tri et de certaines filières de recyclage, la collecte sélective de déchets (les emballages en mélange : plastiques, cartonnettes, alu, acier, briques alimentaires, journaux-revues) aussi bien en porte à porte qu’en apport volontaire, est suspendue à compter du mercredi 18 mars, à 18 h, jusqu’à nouvel ordre.

Cet arrêt de la collecte, indépendant de la Communauté de communes, va entraîner une saturation des points d’apport volontaire.

C’est pourquoi il est impératif de ne plus y déposer aucun déchet recyclable. Cet appel au civisme de chacun (pas de dépôts aux pieds des colonnes) doit permettre d’éviter tout problème de salubrité publique.

En conséquence, il est impératif que chacun respecte les consignes suivantes :

Stocker au maximum chez soi, les emballages en mélange (bouteilles plastiques, cartonnettes, canettes en alu) qui peuvent être facilement compactés ;

Stocker au maximum chez soi, les emballages en cartons et les journaux-revues-magazines, qui peuvent se plier et/ou s’empiler ;

Stocker au maximum chez soi, les bombes aérosols (en alu) et les boîtes de conserve simplement à étuver (ex. boîtes d’haricots, de petits pois, etc…) après les avoir rincés pour respecter la nécessaire salubrité ;

Présenter exceptionnellement, à la collecte des ordures ménagères, les boîtes de conserve sales (ex. boîtes de sauce tomate, raviolis, etc…) ainsi que les briques alimentaires (ex. briques de lait, de jus d’orange, etc…).

Ces efforts demandés pour stocker ces déchets recyclables sont importants, mais indispensables pour préserver le fonctionnement indispensable de la collecte des autres déchets ménagers qui demeurent la priorité en terme de salubrité publique.

Le Grand Charolais vous remercie de votre compréhension et de votre respect des consignes. »

Lingettes : l’appel au civisme du Centre d’information sur l’eau

Notons aussi le « cri d’alarme » du CIE (Centre d’information sur l’eau), qui appelle les Français à cesser de jeter les lingettes désinfectantes dans les toilettes. « Près des trois quarts des interventions de terrain des professionnels de l’eau concernent le débouchage de canalisations d’eaux usées, à cause des lingettes, alerte le CIE. Cessons de jeter aux toilettes nos lingettes désinfectantes : elles génèrent actuellement des centaines d’interventions, évitables, pour déboucher les canalisations d’eaux usées et préserver le bon fonctionnement des stations d’épuration. C’est autant de temps et d’énergie gaspillés pour celles et ceux qui, chaque jour, assurent la continuité de la distribution d’eau et de la dépollution des eaux usées ! ». Jeter les lingettes désinfectantes à la poubelle et non dans les toilettes est donc « un geste solidaire et citoyen » qui permet « d’aider les équipes des professionnels de l’eau à assurer la continuité du service ».

Depuis Arnas, dans la banlieue de Chalon-sur-Saône, Jean-Pierre Andry, lanceur d’alerte historique, qui se bat depuis 40 ans contre les pollutions historiques au plomb qui ont fait des milliers de morts dans le nord et l’est de la France depûis les années 70 nous adresse ce témoignage :

« Les résidents en immeubles collectifs sont exposés aux germes concentrés, confinés eux aussi, qui macèrent et se multiplient au sous-sol dans des sacs poreux mélangeant pelures et pansements de « déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés » (DASRI), et par effet de cinétique, VMC et aération ascendante, pénètrent dans les logements et les poumons des occupants.

Ces déchets DASRI, mélangés aux déchets ménagers, macèrent en effet enlacés dans les sacs et bacs non étanches regroupés en vrac au sous-sol des immeubles, pendant 3 jours et plus, laissant la VMC propager dans les étages les germes qui s’en échappent.

Autre sujet d’inquiétude avec le tabac et l’alcool, dont la consommation, qui monte en flèche avec le confinement, augmente les risques sanitaires des personnes infectées. Ces victimes ainsi fragilisées par leur addiction seront dirigées vers l’hôpital, vont engorger les services avant de trépasser Et pendant ce temps, les porteurs de virus gardant une chance de survie vont la perdre suite à cet engorgement !

L’Etat a choisi : le fric des addictions au détriment de la vie d’autrui. Une éthique en toc qui fait un tac de caisse enregistreuse : sur 10E du paquet de clopes, 8 pour Bercy.

Sans compter l’obligation de confinement due au manque de tests et de masques. Depuis 4 semaines toujours pas de production suffisante. Un stress grandissant, signe précurseur de crise de nerfs, martyrise les confinés dans leurs quatre murs, sans jardin, sans piscine ni spa, ni salle de jeux ni boudoir ! (autre salle de jeux) comme leurs voisins des « beaux quartiers ».

Soyons justes : Macron et son équipe ne portent pas toute la faute. Ses prédécesseurs y ont leur part.

Ne perdons pas le Nord ! L’Allemagne offre son modèle. Faudra pas trop attendre pour l’adopter, quitte à devoir, Marseillaise au vent, j’allais dire au c… venir expliquer à la Télé, en énarque accompli, le concept de la connerie, revu et corrigé par un adepte de Paul Ricoeur. Excellent sujet pour le bac !

Combien de morts, de suicides, de calvaires, de séquelles, de divorces, de violences, de vies déglinguées à cause de ceux et celles qui au gouvernement n’ont pas agi ou averti suffisamment tôt les victimes que, d’une façon ou d’une autre, nous sommes déjà, et allons être. La facture, dont la mort, c’est pour le peuple. Toujours ! »

Quelle protection pour les personnels de collecte ?

Le directeur de la Santé publique, Jérôme Salomon, vaita saisi le 24 mars dernier le Haut conseil de la Santé publique sur la question de la protection des personnels de collecte des déchets et des agents des centres de tri.

Le HCSP rendait son avis le 31 mars.

Avis_HCSP_sur_DAS_19-03-20_-_pdf

HCSP_Avis_Agents_Dechets_1_

Jérôme Salomon souhaitait en particulier savoir s’il faut prévoir des masques et des lunettes pour les rippeurs (éboueurs) et les agents des centres de tri des déchets issus de la collecte sélective.

Indépendamment de l’avis du HCSP, un avis de l’Anses (agence de sécurité sanitaire) a également produit un document destiné aux professionnels qui exercent dans un autre milieu que celui de la santé.

Il y a notamment rappelé que les personnels des services de gestion des déchets présentent un risque d’exposition plutôt plus faible que d’autres professions, puisqu’ils ne sont en contact ni avec les personnes malades, comme les professions de la santé, ni avec le grand public. Les gestes barrières sont néanmoins indispensables comme partout. Et les locaux professionnels doivent être ventilés de façon efficace pour limiter la présence de sécrétions respiratoires. La distribution de masques peut être envisagée, poursuit l’Anses, non pas afin de protéger les personnes qui les portent mais pour leur éviter de contaminer les autres.

L’avis du HCSP, en réponse aux questions du Pr Salomon, est plus spécifique. Il va plutôt dans le sens de déconseiller le port du masque pour les professionnels de la collecte et du tri : celui-ci, vu les voies de transmission du virus, n’est pas utile et peut en outre être difficile à supporter vu les efforts physiques que font les agents. Le port du masque pourrait en outre « conduire au relâchement des gestes barrières ».

Le Haut conseil recommande plutôt un très strict respect des mesures barrières, et « de ne pas rester à proximité de la benne pendant le fonctionnement du lève-conteneur ».

Comme partout, les déchets produits par les agents et susceptibles d’être infectés (mouchoirs, lingettes…) doivent être placés dans un double sac fermé et conservé 24 h avant d’être jeté.

Si un salarié est contaminé, les mêmes mesures seront prises que dans le reste de la fonction publique.

Par ailleurs, sur ce sujet, le gouvernement a réitéré son souhait, De réouverture, autant que possible, des déchetteries, afin De pouvoir sécuriser les approvisionnements en déchets verts.

Les déplacements vers les déchetteries sont dès lors autorisés en cochant sur son attestation la case « déplacement pour effectuer des achats de première nécessité ».

Avis CHSP Protection des agents de collecte » 31-03-20 -.

« En même temps », Mediapart publie un nouveau témoignage accablant de la détresse des éboueurs franciliens surexposés au coronavirus…

https://blogs.mediapart.fr/jeanne-g…

https://blogs.mediapart.fr/jeanne-g…

 

Déchets Infos enfonce le clou

Dans son édition n° 181 datée du 1er avril 2020, la Lette d’information « Déchets infos », qui s’est imposée en quelques années comme un acteur incontournable du secteur illustrait à sa manière, incisive, la crise multiforme qui affecte violemment tout le secteur des déchets.

« Coronavirus : la crise par inhalation non exclue : la possibilité d’une contamination par voie aérienne, hors gouttelettes, ne peut être écartée à l’heure actuelle, les particules en suspension semblent jouer un rôle. »

« Les nouveaux masques inadaptés : les nouveaux masques annoncés par le gouvernement ne protégeront pas contre les particules, potentiellement liées au coronavirus. »

(Au lendemain de la parution de l’enquête choc de Mediapart qui dénonçait, concernant l’affaire des masques, un scandale d’Etat, il est vrai que ça fait désordre…)

« Collecte sélective du tri : les maintenir ou pas ? Le ministère de l’Ecologie pousse au maintien du tri, sans préciser avec quelles protections pour les salariés. Le caractère « essentiel » du tri des déchets ménagers se discute. »

« Coronavirus et travailleurs du déchet : l’ANSES s’autosaisit. La protection des salariés devrait bientôt faire l’objet de recommandations. »

L’avis de l’ANSES sur les boues d’épuration

Ne pas oublier, pour compléter le tableau l’avis de l’ANSES sur les boues de STEP :

ANSES_Boues_-

circulaire-2-avril-epandage-boues

« (…) Les boues de stations de traitement des eaux usées produites lors de l’épidémie de Covid-19 peuvent-elles contenir et disséminer le virus lors des épandages agricoles ? Saisie en urgence de cette question alors que la période d’épandage va débuter, l’Anses considère le risque de contamination par le SARS-CoV-2 comme faible à négligeable pour les boues ayant subi un traitement hygiénisant conforme à la réglementation.

En revanche, au vu des données actuellement disponibles, il n’est pas possible de définir avec précision le niveau de contamination pour les boues non traitées, ni de préciser une période de stockage au-delà de laquelle le virus serait inactivé.

En conséquence l’Agence recommande de ne pas épandre de boues d’épuration produites durant l’épisode épidémique sans hygiénisation préalable.

Plus de 70% des boues issues des stations de traitement des eaux usées sont utilisées en agriculture, dans le but d’apporter aux sols de la matière organique et des éléments fertilisants comme de l’azote et du phosphore.

Des particules virales du SARS-CoV-2 ont été détectées dans les selles de certains patients. Si, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, on ne dispose à ce jour d’aucune preuve de la survie du SARS-CoV-2 dans les eaux usées, il a été montré que des coronavirus apparentés pouvaient rester infectieux dans ces eaux pendant plusieurs jours. Avant le début des épandages, les ministères en charge de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire ont donc saisi l’Anses en urgence pour expertiser les risques éventuels liés à l’épandage de boues de stations de traitement des eaux usées urbaines durant l’épidémie de Covid-19.

La transmission se faisant par les voies respiratoires, les préoccupations concernent surtout l’exposition aux gouttelettes et aux poussières susceptibles d’être émises lors de l’épandage des boues. »

https://www.anses.fr/fr/content/cov…

Avis ANSES Boues d’épuration 02-04-20 -.

 

La Note du ministère de l’Agriculture et du MTES 02-04-20 -.

(Déjà en cours : l’offensive de la FNSEA, « on veut continuer l’épandage des pesticides comme on veut, où on veut, quand on veut », sinon on n’épand plus les boues…

A venir : la transcription de la Directive déchets révisée. Ca va être rock and roll quand il va falloir trancher déchets ou compost, surtout quand il n’y a plus de déchets verts, pour les Playmobil à l’Assemblée…)

L’affaire Poirson

Rappelons aussi que durant toute l’année 2019, la dame Pöirson, ci-devant secrétaire d’Etat au MTES, a mis le secteur des déchets et des collectivités locales à feu et à sang, en imaginant, pour complaire à Coca-Cola et Nestlé, inventer une « consigne » des bouteilles en plastique qui auraient dès lors échappé au bac jaune, précipîtant collectivités locales et eco-organismes dans la mouise… L’affaire s’est traduite par une véritable guerre des tranchées, qui rend parfaitement illusoire toute perspective d’une quelconque union sacrée autour de la marquise des Playmobil, dont la furia consigneuse visait, après l’apothéose prévue l’été prochain avec le congrès mondial de l’UICN à Marseille, agrémenté de quelques croisières du Tara chassant le plastique en Méditerranée, à la propulser en quelque sinécure prestigieuse au siège de l’ONU à New York. Raté, déjà, pour commencer le congrès de l’UICN vient d’être annulé… Et attendons le prochain remaniement.

https://www.banquedesterritoires.fr…

L’Europe en appelle à la « libre circulation des déchets »…

Le mardi 31 mars, la Commission européenne publiait un document d’orientation ayant pour objectif de « garantir le transport des déchets dans l’Union européenne pendant la crise sanitaire du Covid-19 »…

« En ces temps difficiles, les entreprises qui traitent les déchets continuent à fournir un service essentiel à la société. La Commission travaille avec les États membres pour veiller au maintien de corridors de circulation pour les déchets afin qu’ils soient transférés sans délai pour servir de matière première à un autre secteur ou traités de manière appropriée dans l’UE. C’est une bonne chose pour la santé et la protection de l’environnement, ainsi que pour l’économie circulaire », estime Virginijus Sinkevicius, commissaire à l’environnement, les océans et la pêche.

La Commission a pour objectif de réduire les obstacles éventuels à la circulation des déchets « afin de maintenir un haut niveau de protection de la santé publique et de l’environnement. »

NOTE :

Poirson d’avril ou poison d’avril ? Dans notre immeuble, un petit panneau « DASRI dans la poubelle verte… » a été affiché dans le hall… le 1er avril !

 

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