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EPR : le gouvernement et E.Macron profitent de la crise du coronavirus pour accorder par décret un délai supplémentaire ruineux de 4 ans à EDF

Profitant de la crise sanitaire du coronavirus le pouvoir prend un décret, publié le vendredi 3 avril 2020 au Journal officiel, qui accorde un nouveau délai de 4 ans à EDF pour tenter de mettre en service le réacteur nucléaire maudit. Initialement autorisé par un décret du premier ministre D.De Villepin le 10 avril 2007 (entre les deux tours de l’élection présidentielle) l’EPR bénéficiait pourtant d’un délai maximal de treize ans pour voir son chantier achevé et le chargement du « combustible » nucléaire effectué.  Que ce soit sous les présidences de N.Sarkozy (droite UMP),  des socialistes F.Hollande/Valls/Cazeneuve et de la droite macroniste : l’entêtement et les compromissions avec la nucléocratie sont de mise.

Profitant de la crise sanitaire du coronavirus le pouvoir prend un décret, publié ce vendredi 3 avril 2020 au Journal officiel (1), qui accorde un nouveau délai de 4 ans à EDF pour tenter de mettre en service le réacteur nucléaire maudit. Initialement autorisé par un décret du premier ministre D.De Villepin le 10 avril 2007 (entre les deux tours de l’élection présidentielle) l’EPR bénéficiait pourtant d’un délai maximal de treize ans pour voir son chantier achevé et le chargement du « combustible » nucléaire effectué. Les nucléaristes comme leur obligés politiciens pensaient ainsi avoir vu très large en accordant alors plus de 10 ans à EDF pour mettre le réacteur en service.

 

En chantier à Flamanville (Manche) depuis 2008, le réacteur atomique EPR devait être achevé en 2012. En 2020 on est loin du compte, les retards succèdent aux retards et le budget est passé de 2,8 milliards à 12 milliards. Il est même en train de dépasser les 15 milliards d’euros, soit 5 fois le prix initial (2). Devant cette gabegie, les fabrications défectueuses des matériels, les dissimulations de dossiers, les incompétences, les malfaçons, erreurs, soudures défectueuses a tenter de réparer si possible : la sagesse et le bon sens auraient voulu qu’on arrête les frais depuis longtemps. Mais que ce soit sous les présidences de N.Sarkozy (droite UMP) ou des socialistes F.Hollande/Valls/Cazeneuve (3) l’entêtement a été de mise.

 

A présent c’est au tour de E.Macron et de son 1er ministre E.Philippe – ancien directeur chez Areva – (droite LREM) de jouer la même participation irresponsable. Le gouvernement repousse officiellement à 2024 le démarrage de l’EPR (4) soit un chantier désastreux d’une durée de …17 ans ! Ils emboîtent le pas et rallongent la sauce d’une précédente prolongation exceptionnelle de 3 ans supplémentaires accordée déjà en catastrophe en 2017, EDF s’engageait à achever le chantier au 10 avril 2020. Juré, promis, craché on s’y engage et c’est la dernière fois qu’on vous met la pression et que vous nous bricolez un décret sur mesure.

Mais comme depuis 2007 les conditions financières et le contexte économique et industriel ont profondément changés tout devient irréalisable et irréaliste. C’était déjà le cas en 2017 : conçu au début des années 1990, le réacteur nucléaire EPR est devenu dépassé dans les années 2000. D’autant que le coût de la production d’électricité renouvelable a considérablement baissé notamment du fait du développement de ce secteur. L’EPR et le nucléaire ne sont donc plus du tout rentable. C’est un gouffre sans fond et seul l’arrêt définitif (5) de ce chantier absurde pourra ne plus gréver les finances publiques dont déjà 9 milliards ont été détournées pour sauver Areva-Orano et EDF de la faillite. Des milliards d’euros gaspillés en vain au détriment d’une politique nationale sanitaire protectrice, énergétique moderne de renouvelables et environnementale réaliste.

Nouveau retard et surcoûts aussi pour le chantier de l’EPR finlandais

Le chantier du réacteur EPR construit par Areva-Siemens à Olkiluoto en Finlande accuse lui aussi un nouveau retard supplémentaire.  Son propriétaire « Teollisuuden Voima Oy » (TVO) l’a reconnu publiquement dans un communiqué ce mercredi 8 avril 2020 . Cumulant déjà plus de dix ans de retard les planning explosent à nouveau et la mise en marche prévue finalement pour décembre 2020 n’aura pas encore lieu. Cette fois-ci l’argument en est le coronavirus, Areva étant dans l’incapacité de livrer et de charger en juin 2020 les produits de fission atomique (improprement appelés « combustible ») dans le réacteur. TVO n’ose donc plus annoncer une quelconque nouvelle échéance d’autant que l’atomiste n’a pas encore reçu, de son côté, l’autorisation de l’Autorité finlandaise de radioprotection et de sûreté nucléaire pour ce chargement atomique.

Selon les plans « très rigoureux » d’Areva et de TVO l’EPR finlandais, dont le chantier a débuté il y a plus de 15 ans, en 2005, devait être mis en service et livrer de l’électricité en 2009. Onze ans plus tard, on est très loin du compte. Les retards et surcoûts n’ont cessé de venir plomber cet extraordinaire projet mirifique au fil des ans.

En 2006, l’agence finlandaise de la sécurité des radiations (STUK) relève 700 dysfonctionnements et anomalies concernant la sécurité sur ce chantier EPR. Elle parle « d’impréparation » d’Areva et de laxisme dans « la qualité du travail…, l’organisation et le contrôle des activités sur le chantier », elle note aussi à propos de la construction du liner d’acier qui protège le cœur du réacteur, que les plans changent de manière intempestive, ce qui a pour conséquence que certains usinages ont été effectués à partir de plans obsolètes. En 2012, les travaux d’installation du réacteur et l’ingénierie du système de contrôle-commande de la centrale sous la responsabilité du fournisseur Areva n’ont même pas progressé conformément au calendrier d’Areva.

Fin 2019, TVO espérait encore toutefois un chargement du combustible en juin 2020, une première connexion au réseau en novembre et le démarrage de la production régulière en mars 2021. Encore raté.

Le nucléaire coûte cher très cher et n’est pas fiable dès sa conception. A tel point que les conflits financiers entre concepteur, ingénierie, maitre-d’oeuvre, fournisseurs et clients génèrent contentieux sur contentieux. Areva avait évoqué à l’époque un malus de 20 millions d’euros par mois de retard. Mais c’est aujourd’hui beaucoup plus. L’accord signé non sans mal par TVO et son fournisseur Areva-Orano en mars 2019 prévoit qu’Areva, responsable du fiasco et des retards, versera 450 millions d’euros de dédommagement/compensation à son client TVO.  Et ce n’est pas tout. Toujours aussi orgueilleux et irréaliste les super meilleurs ingénieurs nucléaires du monde pensaient tenir la martingale avec un système de bonus-malus de donnant-donnant. Si Areva et ses partenaires arrivaient à terminer ce chantier avant fin 2019 ils pourraient encaisser jusqu’à 150 millions d’euros de la part de TVO, faute de quoi ils devront  payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance (6). C’est le cas à présent.

JPS

(1) https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041759388&dateTexte=&categorieLien=id

(2) « le Canard Enchaîné », septembre 2019

(3) Le gouvernement de Valls et Cazeneuve sous la présidence de Hollande avait connaissance des graves défauts affectant la cuve qui sous un choc thermique peut se fissurer et entraîner une catastrophe nucléaire. Il a préféré prolonger le décret de 3 ans, jusqu’en 2020, avec l’espoir incongru d’une restauration miraculeuse du réacteur.

(4) Décret signé par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne.

(5) Démanteler un réacteur qui n’est pas radioactif est aussi bien moins dangereux et bien moins coûteux que le démantèlement d’un réacteur qui a fonctionné

(6) Areva étant une entreprise détenue à 86 % par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), un établissement public, une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge de l’État français, donc des contribuables. La garantie de la Coface qui est assimilable à une aide d’État a été contestée auprès de la Commission européenne

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