NPA Loiret

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Point de vue de Laurent Brun Secrétaire Général de la Fédération CGT des Cheminots sur le discours du Premier Ministre le 28 avril 2020 à l’Assemblée Nationale.

Après l’allocution du Premier Ministre, nous avons au moins une confirmation : les reprises de l’école et des transports ne se font que pour assurer le redémarrage de l’économie. Le diplôme des lycéens, ça ou la visite à la famille, ne sont pas la préoccupation. On ne peut pas dire que le risque de décrochage scolaire concerne principalement les crèches et les maternelles… ce sont donc bien les « garderies » qu’on rouvre pour que les parents aillent au travail.

Autre constat : le P.M. tente de se dédouaner en incriminant à 2 reprises les scientifiques, ce qui est assez lamentable. Il y a rarement un avis unanime parmi les scientifiques donc leur avis dépend de ceux qu’on écoute. Ensuite, le principe de la démocratie c’est la confrontation des points de vue et le choix politique. Ce gouvernement a un problème avec toute contradiction, qu’il méprise, et il a fait de mauvais choix. C’est tout.

Pour le transport ferroviaire, quelques remarques : pas un mot sur le transport de marchandises qui a pourtant joué un grand rôle dans l’approvisionnement et qui aurait besoin d’aides importantes, de redéploiement pour mieux couvrir tous les transports vitaux, etc…
Concernant le transport de voyageurs, le Gouvernement fait des choix politiques mais comme toujours il ne donne pas les moyens de les mettre en œuvre. Donc les annonces amènent plus de questions qu’avant l’intervention.
A propos du maintien de la distanciation sociale dans les trains, il faudra donc réduire par 4 le nombre de places et gérer les flux notamment dans les grandes gares. Par exemple, Paris Saint Lazare accueille 360 000 voyageurs par jour en temps normal. 30% sont des touristes ou ont des motifs de loisirs. En espérant que ceux là ne soient pas présents, ça nous laisse 250 000 voyageurs pour motif professionnel. Comme le Gouvernement ouvre les vannes sur la reprise d’activité économique et se contente d’incantations pour limiter l’affluence, nous en sommes réduit à la cérémonie vaudou pour espérer que la fréquentation soit au maximum la moitié de ce qu’elle est en temps normal (et encore moins si on prend en compte que le plan de transport sera à 50% au début du de-confinement). Sinon, ce sera le capharnaüm dans les gares, il faudra filtrer et refouler certains usagers, sans que nous ayons vraiment les effectifs pour le faire (et avec les risques sanitaires que provoquerait un engorgement des gares).

 

Plusieurs annonces semblent farfelues ou inapplicables (réserver les trains des heures de pointes aux salariés, limiter à 100km les trajets inter-régionaux, etc…).
Et enfin, le masque est rendu obligatoire mais le PM ne cite pas une seule foi les FFP2 dans son allocution. On comprend donc que ce sont les chirurgicaux et artisanaux qui devront être portés. C’est déjà pour nous un problème étant donné qu’ils ne filtrent pas les aérosols et que le train est un espace réduit et confiné (voir le message précédent sur ce sujet). Mais c’est également un problème pratique : qui distribuera les masques ? Qui vérifiera leur efficacité (c’est de la sécurité publique donc ça ne rentre pas dans les prérogatives des agents SNCF) et comment (un FFP2 c’est facile à reconnaître… un artisanal, on ne saura pas trop s’il est valable ou pas) ? Que faire en cas d’absence : amende comme certains le préconisaient (dans ce cas il n’y a aucune utilité sanitaire puisque le contrevenant prend quand même le train) ou interdiction de voyager (ce qui constitue une restriction des libertés publiques et n’est aujourd’hui pas légalement possible) ? Nous continuons donc à exiger des masques FFP2 pour les usagers et les cheminots, distribués à l’embarquement (pour s’assurer de leur validité et éviter les attroupements ou les pillages sur les points de distribution… et ce serait une œuvre de salubrité publique puisque tous les usagers des transports collectifs seraient dotés pour 4h), et financés par l’Etat.

D’autres grosses interrogations ne trouvent pas de réponses : comment gère t on le plan de transport si certains départements sont effectivement maintenus en confinement strict ? Les salariés dont les enfants ne reprendront pas l’école le 11 mai seront ils encore autorisés à les garder ? Adaptation selon les demandes des autorités organisatrices ça veut dire quoi (peuvent elles déroger à des obligations ou à des interdictions formulées par le PM)? Etc…

Bref, le discours du PM révèle le problème de la méthode : le Président Jupitérien prend les décisions et ensuite le gouvernement concerte pour savoir comment mettre en œuvre, donc il n’écoute pas, il tâtonne et il produit de la casse pour respecter le cadre imposé.

 

On aurait préféré que les négociations aient lieu en amont pour que les moyens humains et techniques soient d’abord identifiés et assurés en fonction d’une planification stricte et phasée de la reprise, pour aboutir à des dates logiques et des décisions politiques pleinement opérationnelles. Bref. Une startup sur deux se plantent dans ses 3 premières années de vie… le goût du risque appliqué aux pouvoirs publics, est ce que c’était une si bonne idée ?

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