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« On nous a claqué la porte au nez » : la déception des parents d’élèves éconduits lors de la reprise

 

Le Monde

Avec la réouverture progressive des écoles, la semaine du 11 mai, de nombreuses familles qui avaient repris espoir ont déchanté. Le déconfinement scolaire, que certains voyaient comme la fin d’une longue période d’école à la maison, est réservé en pratique à une minorité d’élèves. Dans la zone rouge d’Ile-de-France, le recteur de Paris a annoncé accueillir 24 % des enfants sur la semaine de la reprise (du jeudi 14 au jeudi 21 mai). Plusieurs communes franciliennes ont d’emblée décalé la rentrée au 18 ou au 25 mai, et uniquement pour un nombre réduit d’enfants considérés comme prioritaires.

Certes, tous les parents d’élèves ne souhaitaient pas remettre leurs enfants à l’école. « Entre ceux qui ont hésité, ceux qui ont changé d’avis, ceux que l’on n’a pas réussi à joindre », le nombre total des familles « volontaires » est difficile à estimer, précise l’entourage du recteur de Paris. Mais une chose est sûre, il y a eu des déceptions.

« Toutes les familles n’ont pas été satisfaites », estime Pierre Wallet, qui dirige l’école sise au 29 rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement de Paris. Lui accueille un quart de l’effectif de sa petite maternelle de trois classes. La moitié des familles projetaient de lui confier leurs enfants. Cette déception ne s’est pas traduite par une « pression » sur le directeur, assure-t-il, mais les réactions varient d’une école à l’autre. « J’ai des collègues qui ont eu beaucoup de parents mécontents », rapporte-t-il.

Douche froide

Les familles sont nombreuses, en effet, à faire part de leur incompréhension − sur les groupes WhatsApp entre parents, dans des mails échangés avec les directeurs d’école, mais aussi, parfois, dans des courriers adressés à l’inspection d’académie. Pourquoi le gouvernement a-t-il annoncé la réouverture des écoles, si la majorité des élèves ne pouvaient y être accueillis ? Comment expliquer que les décisions aient été prises si tard ?

« Le couperet est tombé mercredi soir, la veille de la rentrée », s’agace Julien, qui habite le 12e arrondissement de Paris. Ses enfants, scolarisés en CM1 et CM2, ne reprendront pas l’école, car la famille n’est pas considérée comme « prioritaire ».

Ce père de famille en télétravail depuis le début du confinement se doutait bien, vu les circonstances, que la classe ne reprendrait pas normalement. « On espérait au moins un accueil partiel, explique-t-il. Il y avait une porte ouverte dans les annonces du gouvernement. Là, on nous a claqué la porte au nez. »

Violette, qui vit dans le 19e arrondissement de Paris, rapporte la même sensation de douche froide. « On a vraiment cru que l’école allait reprendre, vu que mon aînée est en grande section de maternelle, un niveau prioritaire, explique-t-elle. On s’était projetés et notre fille aussi. Il a fallu lui expliquer que finalement, non, elle n’allait pas retrouver la cour de récré, la maîtresse et les copines. »

Manque de visibilité

Dans beaucoup d’écoles, on a promis aux parents de « refaire le point » à la fin du mois de mai. Mais certains enseignants ont préféré décourager les familles en douceur. « Clairement, il n’y aura que quelques jours d’école au maximum, d’ici au 4 juillet », croit savoir Lucie, une mère de famille montreuilloise. Dans cette commune de Seine-Saint-Denis, la rentrée a été décalée au 18 mai, et concernera douze « sites scolaires », qui accueilleront les élèves de 31 écoles, précise le rectorat de Créteil, sur les 54 que compte la ville au total.

« Mon employeur tolère encore le télétravail, mais jusqu’à quand ? », s’inquiète Julien

Adeline, architecte à son compte qui vit également à Montreuil, a dû annuler tous les rendez-vous qu’elle avait reprogrammés après le 18 mai. « Je voudrais qu’on nous dise les choses clairement, pour qu’on puisse s’organiser », plaide-t-elle. Le « manque de visibilité » est aussi ce qui agace Julien, le père de famille à Paris. « Si on nous avait dit qu’il y avait un problème d’organisation, ou que la situation sanitaire ne permettait pas de reprendre l’école avant septembre, on aurait fait avec, argue-t-il. Là, on n’a aucune idée de s’ils retourneront à l’école ou pas. »

Pour de nombreux parents, dont Julien, l’échéance du retour au travail « en présentiel » se rapproche dangereusement. « Mon employeur tolère encore le télétravail, mais jusqu’à quand ? », s’inquiète-t-il. Des parents salariés rapportent déjà que les employeurs ont réclamé un retour au travail posté, « puisque les écoles sont ouvertes ».

 

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