NPA Loiret

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Communiqué du NPA Loiret 07 juillet 2020. Macron renforce sa droite pour reprendre le train des réformes !

Le message du remaniement Macron est relativement clair. En premier lieu, il s’agit de consolider son assise à droite en convoquant plusieurs figures de cette famille politique. Gerald Darmanin, proche de Sarkozy comme nouveau ministre de l’intérieur, en est l’exemple le plus central. Quelques heures après la visite d’un commissariat de La Courneuve par Jean Castex qui assurait à la police un soutien « sans faille », l’éviction de Castaner semble en effet signifier que les manifestations réactionnaires des forces de répression ont été entendues. 
 
Dans le même sens, qui de mieux pour siéger au ministère du Travail que l’ancienne ministre des Transports, à l’origine du pacte ferroviaire ? Elisabeth Borne est en effet une des femmes politiques qui incarne le mieux les réformes néolibérales du mandat Macron. Après un temps à la tête de la RATP, c’est en effet elle qui s’est chargée de casser le service public ferroviaire en 2018, donnant lieu à une grève dure à la SNCF. Tenir tête au mouvement ouvrier, voilà donc ce qu’il fallait pour la nouvelle responsable du Ministère du Travail, à la veille d’une crise économique qui compte déjà des milliers de licenciements. 
 
En parallèle, la convocation à la culture de l’ancienne ministre de la santé sous Fillon Roselyne Bachelot permet à Macron de poursuivre son remaniement vers la droite tout en revendiquant une gestion victorieuse de la crise sanitaire. De fait, celle qui avait été la risée de l’épidémie de H1N1 pour avoir commandé trop de vaccins devient désormais le symbole de la prévention post Covid-19, en accord avec l’image que souhaite se donner l’exécutif. Et le maintien de Véran au poste de ministre de la Santé est un pas en ce sens également. 
 

Blanquer, Vidal et Riester : Macron reconduit ses fidèles et cajole ses alliances

 
Dans le tourbillon du remaniement, Macron semble avoir néanmoins choisi quelques points de repères. Pour tout réformer rien ne sert de tout changer, et ce sont donc un certain nombre de ministres qui conservent leurs responsabilités ou en acquièrent de nouvelles, dans un souci de stabilité. 
 
En ce sens, Blanquer se maintient au poste de ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse tout en obtenant le portefeuille du Sport. Un honneur pour une figure controversée du gouvernement Philippe, qui a dû faire face à la colère des enseignants concernant la réforme du Baccalauréat et aux recadrages de Macron à propos de la gestion de la crise sanitaire. En reconduisant Blanquer, c’est l’illustration des éléments de continuité alors que celui-ci a su faire face aux grèves et mouvements lycéens depuis le début du quinquennat. Sur le même plan c’est Frédérique Vidal qui conserve son portefeuille au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, alors que sa réforme de casse de l’université et de la recherche est remise sur le devant de la scène malgré les tensions croissantes. 
 
Mais c’est aussi un gouvernement qui illustre en définitive les faiblesses du macronisme que Castex a constitué. C’est ce qu’illustre le maintien de Franck Riester bien que largement désavoué en tant que ministre de la culture comme chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité. L’objectif ? Donner des gages pour maintenir une fragile majorité composite LREM-Modem-Agir. De fait, l’ancien ministre de la culture a le précieux avantage d’être président du groupe de droite Agir, avec qui doit coopérer le parti au pouvoir depuis que ce dernier a perdu la majorité absolue suite à de multiples défections au sein de ses propres rangs.

Ecologie, Justice : Macron feint le changement pour mettre le cap sur 2022

 
Pour contrebalancer le centre de gravité qui se situe indéniablement à droite, Macron cherche toutefois à maintenir un certain équilibre, principalement pour préparer 2022. À ce titre, la nomination de Barbara Pompili à la Transition écologique s’inscrit dans la bataille ouverte entre EELV et LREM sur le terrain de l’écologie. Ancienne figure des Verts, c’est une des premières politiques à rejoindre Macron en 2017. De la loyauté et de l’écologie, tout ce qu’il faut pour tacler l’ambitieux Yannick Jadot qui ne cache pas vouloir remporter les présidentielles. Et la mise en avant de Gabriel Attal au poste de porte-parole du gouvernement est aussi un pas en ce sens puisqu’il permet à l’exécutif de dialoguer avec la jeunesse que le jeune marcheur avait cherché à draguer l’année dernière lors des marches historiques pour le climat. 
 
Dans le même temps, l’arrivée tonitruante d’Eric Dupont-Moretti au poste de Garde des Sceaux semble renouer avec les racines de la Macronie. Ponte du droit pénal qui n’a pas la langue dans sa poche, l’éminent et controversé avocat pénaliste incarne à lui seul la tentative d’équilibre entre ministres de la droite traditionnelle et acteur de la société civile. Entre respect des principes juridiques et comportements sulfureux, Dupont-Moretti clashe avec l’effacée Nicole Belloubet. Mais pas sûr que la nomination d’un avocat parvienne à calmer la gronde de cette profession tant les méthodes de défense du nouveau ministre sont fustigée par ses collègues et la magistrature. 
 
Ce qui transparait de ce remaniement est donc la volonté assumée d’aller vite sur les réformes pour assurer un avenir à Macron en 2022. Plus d’Edouard Philippe capable de lui faire de l’ombre, le Président a choisi un gouvernement d’exécutants pour acter une fois pour toutes des réformes centrales de son quinquennat. Mais au-delà d’un équilibre fragile entre figures de la droite traditionnelle et couverture de son flanc-gauche, ce sont 18 mois difficiles qui se profilent pour le chef de l’Etat.
 
Face à la crise économique qui vient, le macronisme cherchera à faire payer la crise au monde du travail et à la jeunesse tout en donnant les gages à la bourgeoisie que son quinquennat n’a pas été vain. C’est ce qu’illustre la volonté de ce gouvernement de remettre la réforme des retraites, marqueur du macronisme, très vite au centre du débat. Des attaques que les voies institutionnelles de « l’union de la gauche » ne seront aucunement en mesure de stopper.
 
Face à un macronime plus que délégitimé, à l’image de l’échec cuisant des municipales, ce n’est pas en attendant 2022 que l’on pourra le faire reculer. Mais bien en préparant d’ores et déjà les futurs affrontements par les mobilisations.

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