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USA : A Kenosha, Trump défend la police et qualifie la mobilisation de « terrorisme intérieur »

Aux Etats-Unis, les violences de l’extrême droite et des forces de police contre les manifestants anti-racistes et la population noire se multiplient avec en toile de fond les élections électorales. Ce mardi pendant que Trump était en visite à Kenosha qualifiant les manifestations anti-racistes de « terrorisme intérieur », un homme noir était tué par la police de Los Angeles.

Cécile Manchette

mercredi 2 septembre

Crédit photo : MANDEL NGAN / AFP

Depuis la semaine dernière, les manifestations antiracistes connaissent un nouveau sursaut suite au meurtre policier brutal de Jacob Blake à Kenosha. Quelques jours plus tard dans la ville du Wisconsin, après une manifestation Black Lives Matter, un jeune homme de 17 ans ayant des liens avec des organisations d’extrême-droite et avec le mouvement Blue Lives Matter, en défense de la police, tuait deux manifestants anti-racistes. Depuis, des recherches et plusieurs traces vidéos montrent comment cet acte raciste de l’extrême droite a pu être réalisé en connivence avec les forces de police.

Les actions de l’extrême droite qui agresse, voire tue, des manifestants anti-racistes, sont encouragées depuis des années par les discours et les politiques réactionnaires, et principalement par Donald Trump depuis son élection. Kyle Rittenhouse, le jeune meurtrier de 17ans, était d’ailleurs un fervent supporter du Président Républicain.

Depuis le début des mobilisations antiracistes, et dans une situation de crise sanitaire, économique, et sociale, Trump a opté en vue des élections pour une stratégie qui consiste à alimenter la violence et le « chaos », pour ensuite appliquer une politique répressive, de criminalisation des manifestations tout en portant un discours sur la « loi et l’ordre ». Ce mardi en plein milieu de cette recrudescence du mouvement anti-raciste, ce dernier a fait le choix politique, clairement provocateur, de se rendre en visite dans la ville de Kenosha.

La visite de Donald Trump a eu pour objectif d’attiser les braises. Le gouverneur du Wisconsin, Tony Evers, lui avait demandé d’annuler son voyage tout en autorisant parallèlement le déploiement de la Garde nationale et l’instauration d’un couvre-feu. Comme il avait pu le faire dans d’autres villes auparavant, Trump a donc quadrillé militairement la ville et en a profité pour affirmer son soutien à l’institution policière qui a tiré sur Jacob Blake.

Ensuite, après avoir défendu ouvertement Kyle Rittenhouse, le jeune de 17 ans actuellement poursuivi pour homicide, estimant que ce dernier avait été « violemment attaqué » par les manifestants anti-racistes, Trump a qualifié les manifestations de « terrorisme intérieur ». Cela s’inscrit dans sa rhétorique développée depuis plusieurs semaines qui consiste à qualifier les manifestants de « voyous radicalisés » ou encore d’agiter le spectre des « antifascistes ». Une rhétorique qui encourage les organisations d’extrême droite et suprématistes blanches à attaquer les manifestations.

Au cours de sa visite, il n’a donc fait aucunement mention aux violences policières racistes alors même que mardi un nouvel homme noir âgé de 29 ans était tué à Los Angeles par les forces de police qui affirment qu’il était armé d’un pistolet, et a rappelé au passage qu’il n’existe pas de racisme systémique. En réalité, Trump mise sur cette polarisation qu’il attise pour rassembler sa base électorale réactionnaire et raciste en vue des élections tout en donnant le champ libre aux groupes d’extrême droite et aux violences policières.

Son adversaire démocrate Joe Biden, de son côté, a dénoncé l’absence de condamnations des violences policières tout en soulignant que le président peut difficilement condamner ce dont il a fait lui-même le lit pendant des années. Pour autant, derrière leur condamnation de Trump et leur soutien affiché aux manifestations, les Démocrates joue un double-jeu évident puisqu’ils sont au coeur des institutions américaines et de la répression du mouvement dans les Etats qu’ils dirigent. Alors qu’ils sont aussi responsables que les Républicains du racisme et de la criminalisation des populations racisées, leur tentative de canaliser les mobilisations n’offre aucune perspective aux manifestants.

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Cette entrée a été publiée le 3 septembre 2020 par dans APARTHEID, RACISME, USA.