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Mahamadou, cousin d’Assa Traoré, meurt après avoir croisé la police, la famille lance un appel à témoins

Dimanche soir 13 septembre Mahamadou, père de famille de 35 ans, est mort après avoir croisé le chemin de la police. Alors que Le Parisien parle d’un « voleur de moto présumé », sa sœur remet en cause la version policière qui criminalise Mamadou et lance un appel à témoin aux côtés d’Assa Traoré pour rétablir la vérité.

« Le voleur de moto présumé se noie en fuyant la police » titre Le Parisien. Dans un article publié lundi matin, le quotidien raconte de source policière que l’homme était suspecté d’avoir volé des motos à l’aide d’une camionnette et qu’il aurait plongé dans la Seine à Marly-le-Roi (78) pour échapper à la police.

Le journal relate ensuite qu’un policier se serait jeté à l’eau « pour lui porter secours », sans succès puisque si « le fonctionnaire parvient à le récupérer et, avec l’aide d’un collègue, à le remonter sur la berge », « le voleur présumé est inconscient : les policiers lui prodiguent un massage cardiaque. Les pompiers et le Samu arrivent en renfort et tentent de le ranimer mais l’homme ne revient pas à la vie. »

Une version mise en cause par les proches du défunt nommé Mahamadou qui pointent qu’aucun témoin n’a assisté à la scène. C’est ce qu’explique un militant du Comité Vérité pour Adama pendant un direct Facebook devant le domicile de la famille à Noisy-le-Grand (93), où il était venu témoigner ses condoléances. Le militant explique aussi que l’homme âgé de 35 ans, était père de deux enfants, et le cousin de Assa Traoré.

Elle aussi présente pour apporter ses condoléances à la famille, la sœur d’Adama Traoré dénonçait quelques minutes plus tôt sur un autre live Facebook la présence d’une dizaine de policiers à ce moment là devant le domicile du père de famille. Elle interpelle l’un d’eux qui venait de braquer un jeune homme présent avec son LBD en lui demandant « c’est normal de nous braquer avec un flashball ? ». Ce à quoi le policier répond « oui, monsieur avait un bâton », et ajoute « je n’ai pas de compte à vous rendre »…

Cette présence policière devant le domicile du défunt montre une volonté d’intimider ses proches, alors que des représentants de collectifs de famille de victimes de violences policières étaient présentes – à l’instar du Comité Vérité pour Adama, mais aussi du Comité Paix et Justice pour Ibrahima Bah ou encore du Collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye – et que la version policière est remise en cause.

Dans une vidéo postée sur le compte Twitter du journaliste Taha Bouhafs, la sœur de Mahamadou, Kangne, explique : « je ne crois pas du tout à cette thèse que mon frère se jette dans l’eau ». Elle dénonce également la version relayée par Le Parisien qui « a criminalisé Mamadou », alors qu’elle-même décrit son frère comme « un père de famille responsable ». Elle y lance un appel à témoin, pour recueillir les témoignages des personnes qui auraient pu être présentes ce soir là à Marly-le-Roi et Bougival et auraient assistées à la scène.

Et pour cause, si l’IGPN a annoncé mener une enquête, le mouvement contre les violences policières et le racisme d’État a révélé au grand public qu’il n’y a rien à attendre des institutions policière et judiciaire. Pour obtenir justice et vérité, les familles de victimes ne peuvent compter que sur la mobilisation des habitants des quartiers populaires, en s’organisant pour mener l’enquête en toute indépendance des institutions.

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Cette entrée a été publiée le 15 septembre 2020 par dans FRANCE, POLICE.