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Transphobie : une étudiante de Montpellier se suicide !

Rassemblement le 28 septembre à 12h, à Orléans devant le Bouillon, à la faculté à l’appel de Solidaires Etudiantes, UNEF, UEC, NPA, ….

(Le Bouillon se situe sur le campus d’Orléans, en face de l’UFR Lettres, Langues, Sciences Humaines. Accès parking par la rue de Saint Amand – Orléans la Source Station Tramway & Bus : Université – Parc Floral / Université – Indien)

Une jeune étudiante de 19 ans, transgenre, a mis fin à ses jours hier en fin d’après-midi, à Montpellier. Un drame dont la cause semble être directement liée à la transphobie, et à la précarité.

Doona était une jeune femme très discrète, confrontée à la transphobie au quotidien. Que ce soit par le harcèlement de rue, ou par les gens qui ne respectaient pas ses pronoms, ne la genrant pas correctement. Une de ses proches nous confie par exemple qu’elle n’allait plus au CROUS à force d’être confrontée à la transphobie, volontaire ou non, des usagers et des personnels.

Avec ses amis proches, elle évoquait sa grande solitude, son isolement, sa difficulté à aller vers les autres, sa perception d’elle-même très négative à cause du regard des autres.

Doona a fait deux tentatives de suicide dans la semaine, et s’est heurtée à chaque fois une défaillance criante des services qui auraient pu et qui auraient dû l’aider et la soutenir. Entre le personnel qui manque de formation, les services débordés dans lesquels les conditions d’accueil sont souvent déplorables, le manque de moyens désastreux dans les services de psychiatrie, ainsi qu’un personnel formé aux problématiques trans, Doona n’a pas pu trouver d’interlocuteur qui puisse apporter une réponse à son mal-être.

De plus, le jour de son décès, la jeune femme a fait part à ses amis de l’angoisse de perdre son logement CROUS, et donc sa bourse de 400€ et de devoir abandonner ses études. En effet, le CROUS l’aurait prévenue qu’en cas de nouveau passage à l’acte, elle serait exclue de son logement. Des éléments qui, selon une amie, l’aurait encore un peu plus isolée, et l’aurait poussée à passer à l’acte, n’ayant plus personne à solliciter, ni le CROUS, ni le système de santé, après de mauvaises expériences.

C’est cette même précarité étudiante, et le manque de perspectives d’une jeunesse soumise à des pressions extrêmes de réussite et de succès, qui tue chaque année. On se rappelle ainsi l’immolation d’Anas l’an dernier, qui avait tenté de mettre fin à ses jours en dénonçant très clairement les conditions de vie horribles dans lesquelles il vivait, conditions de vies insupportables qui sont pourtant le quotidien de beaucoup trop de jeunes aujourd’hui.

Doona était d’autant plus exposée à la détresse et à l’isolement qu’elle était victime de transphobie au quotidien, provoquant d’autant plus de souffrance. Les personnes transgenres sont ainsi particulièrement surreprésentées dans les statistiques sur le mal-être. Selon une étude du Comité Idaho et du Think Tank République et Diversité publiée en 2014, 60% des personnes transgenres sont déjà tombés dans une dépression, et 20% d’entre elles ont déjà fait une tentative de suicide. Rappelons en effet que l’espérance de vie moyenne des personnes transgenres est bien en-deçà de celle des personnes cisgenres, du fait de l’incapacité de la société à accompagner les individus avant, pendant et après leur transition de genre, et à leur garantir une égalité de droit et une existence hors de toute oppression ou stigmatisation.

Car c’est notamment l’État qui fait tout son possible pour ne pas reconnaître les personnes transgenres au même titre que le reste de la population. C’est ainsi qu’il y a deux mois à peine, l’Assemblée refusait l’ouverture de droits aux hommes trans, ou encore que dans plusieurs universités, la bataille pour l’utilisation du prénom d’usage ou pour la suppression de la mention sexe sur les formulaires administratifs est encore d’actualité. Et à l’internationale, les crimes graves contre les personnes trans continuent de se multiplier.

Nous faisons part de notre soutien et de nos condoléances aux proches de Doona. Face à cette précarité et cette discrimination qui nous tue, il est plus que temps de s’organiser et de se battre pour un monde de demain sans exploitation et sans oppression, qui permette à toutes et à tous de s’épanouir et de vivre pleinement.

Le NA 45 appelle à se joindre au rassemblement prévu à l’appel d’organisations syndicales dont Solidaires (cf communiqué ci-dessous) LUNDI 28 SEPTEMBRE devant le BOUILLON à 12h.

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L’appel unitaire MONTPELLIER:  

Hier soir, Doona, une étudiante trans, a mis fin à ses jours à la gare Saint-Roch à Montpellier. Cette jeune femme avait déjà lancé plusieurs appels à l’aide sur les réseaux sociaux. De plus, ses problèmes étaient connus du service médical de Paul Valéry (médecin de la médecine préventive), et de l’hôpital Lapeyronie. Elle avait, en effet déjà fait plusieurs tentatives de suicide chez elle à la Cité Universitaire Vert-Bois, dont les équipes étaient au courant.
Lors de ses prises en charge à l’hôpital, elle a subit une maltraitance médicale importante dû à la transphobie portée par le personnel soignant, ce qui l’a poussée à s’enfuir avant d’avoir reçu tous les soins adaptés. Nous tenons à rappeler que la transphobie institutionnelle pousse nombre de personnes trans à ne plus aller consulter, que ce soit médecin généraliste ou urgences, ce qui nuit considérablement à leur santé ! Ca a été le cas de Doona qui depuis ces épisodes traumatiques à l’hôpital, n’a plus jamais voulu retourner aux urgences, alors que sa santé mentale se dégradait de plus en plus.
Suite à ces hospitalisations fréquentes, le CROUS lui a explicitement dit que si elle retentait de se suicider, ils lui retireraient son logement et enlèveraient ses bourses. Le jour même, elle mettait fin à ses jours. Encore une fois, l’État, à travers le CROUS, précarise les étudiant-e-s, dégrade leur santé mentale, parfois jusqu’au suicide. Nous demandons la justice pour Doona, comme nous l’avions déjà exigé pour notre camarade lyonnais, lorsqu’il s’était immolé par le feu devant le CROUS en raison de son extrême précarité et de l’inaction du CROUS.
Nous exigeons que le CROUS de Montpellier reconnaisse ses fautes et prenne des mesures concrètes en urgence : la formation des personnels CROUS et hospitaliers aux questions LGBTI+ et relatives à la santé mentale, l’impossibilité pour le CROUS d’exclure les étudiant-e-s de leurs logements (avec la transformation des droits d’occupations en baux de droits communs), la création de cellules psychologiques non-mixtes LGBTI+ afin de rendre compte à l’administration des universités de la transphobie et de ce qu’il doit être fait pour y remédier, la création d’une commission contre les discriminations au CROUS, ainsi qu’un fond d’aide aux personnes trans ; et de manière générale, des moyens à la hauteur des besoins pour que les étudiant-e-s vivent et étudient dans des conditions d’existence dignes.

Nous appelons donc à un rassemblement devant le CROUS de Montpellier à Boutonnet le 28 septembre à 12h.


ÉTAT COUPABLE, CROUS RESPONSABLE !

Signataires : Solidaires Étudiant-e-s Montpellier, RUSF 34, Bouclier LGBTI, NPA Jeunes Montpellier, SCUM, UEC Montpellier, SUD Recherche EPST, NPA 34…

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Cette entrée a été publiée le 27 septembre 2020 par dans ETUDIANTS, FACS, femmes, FRANCE, LGBT +.