NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

A Lille, le suicide de Fouad, lycéenne transgenre, secoue l’institution scolaire !

C’est dans des moments aussi terribles que le constat est à faire : Les « institutions » françaises comme en pareil cas l’Education Nationale, sont des appareils, des mastodomptes, à l’inertie terrible. Un certain ministre, dont  l’histoire a déjà oublié le nom,  l’avait qualifié le Mammouth …réel ! Les enseignants s’en étaient offusqué pas l’appareil alors que, bien sûr, ministre après ministre, le dit appareil est capable de faire avaliser les pires réformes éducatives que les EnseignantEs devront appliquer et nos enfants avaler !

NPA Loiret 18-12-2020

18 DÉCEMBRE 2020 PAR KHEDIDJA ZEROUALI ET FAÏZA ZEROUALA

Mercredi 16 décembre, Fouad, jeune lycéenne trans de 17 ans, s’est donné la mort. Quelques jours plus tôt, l’administration lui refusait l’accès de la classe parce qu’elle portait une jupe. Devant le lycée Fénelon, l’émotion est forte et l’urgence est à la protection des jeunes LGBT, y compris au sein de l’école. L’Éducation nationale, elle, a beaucoup de retard théorique à rattraper sur le sujet. Entretiens avec des lycéens mobilisés, et explication d’une déconnexion sociétale.

Devant son lycée, où les drapeaux sont en berne, Annabelle relit les derniers messages échangés avec Fouad. De son index rougi par les basses températures du Nord, Annabelle remonte les dizaines de notes vocales, de photos, de mots de soutien que contient leur discussion sur la messagerie privée d’Instagram. « Ça fait bizarre de relire tout ça », chuchote-t-il. Depuis son arrivée à la mi-septembre au lycée Fénelon de Lille, Fouad semblait avoir trouvé un semblable en Annabelle. Fouad se genrait au féminin, aimait porter des barrettes bariolées, des boucles d’oreilles, du maquillage et puis, un jour, elle osa la jupe au lycée. L’adolescente était au début de son parcours de transition, et préférait qu’on l’appelle par son prénom de naissance jusqu’à ce qu’elle en adopte un nouveau. Elle hésitait entre Luna et Avril.

Annabelle, lui, ne se sépare que rarement de ses costumes achetés seconde main à Emmaüs, ni de son sac aux couleurs du drapeau LGBT. Annabelle préfère qu’on se réfère à lui comme à un homme, au lycée et en dehors, et aimerait voir valser les normes de genre. 

Difficile pour le lycéen de retenir son émotion en lisant les derniers messages adressés à son amie. Mercredi 16 décembre, à 17 heures, Annabelle envoie un premier message resté sans réponse : « Salut !! Tu vas mieux ? » Puis un second, quelques heures plus tard : « Fouad, je suis tellement désolé de tout ce qu’ils t’ont fait. Je me suis battu à tes côtés et je continuerai de me battre pour toi. Tu étais quelqu’un de formidable. Je suis ravi d’avoir eu la chance de te connaître. » Après quelques secondes de flottement, il range vite son téléphone dans sa longue veste d’hiver et une amie le prend dans ses bras. « Ça va aller, ça ira. On ne la laissera pas tomber. Il faut que ce soit la dernière fois que ça arrive », se répètent-ils avec une sagesse qui étonne pour leur âge. 

Devant le lycée Fénelon où était scolarisée Fouad, une centaine de lycéens se sont rejoints, ce vendredi 18 décembre, à partir de 9 h 55 pour rendre hommage à leur camarade de classe qui s’est suicidée deux jours plus tôt. Tous ont dix-huit ans ou moins. Ils sont rejoints par des amis des lycées et quartiers alentour, de quelques étudiants et militants LGBT. Tous s’assoient enfin sur le pavé froid, discutent de la dernière fois où ils ont subi la discrimination parce que lesbiennes, pansexuels ou queer, observent une minute de silence et tentent d’organiser une manifestation dans la soirée.

« Il n’y a pas que la jupe, la CPE et le lycée. Quand on est trans, c’est tout un système contre lequel on doit se battre », répète Annabelle devant ses copines et d’innombrables journalistes. 

Mercredi 2 décembre 2020, Fouad est arrivée au collège habillée tout de jeans. Un pull carrelé noir et blanc, une veste en jeans, une jupe en jeans jusqu’aux genoux, des collants noirs, de larges créoles argentées, les cheveux légèrement bouclés et plaqués en arrière. Une tenue qui ne semble pas convenir à la CPE du lycée. À 10 h 45, la jeune femme envoie un message à son ami Annabelle. « J’ai été virée de cours parce que je suis venue en cours en jupe. » Dans un message vocal, elle précise : « Je suis allée à la perm’, la surveillante est arrivée vers moi et m’a dit : “Il faut qu’on parle.” Elle m’a envoyée chez le directeur et tout, parce que c’était provocant, trop choquant alors que ma jupe arrive aux genoux. » Annabelle lui répond que ce n’est « qu’une bande de ploucs », qu’il les déteste.

Depuis jeudi 17 décembre, une vidéo qu’avait tournée Fouad circule sur les réseaux sociaux. On la voit, assise dans un bureau. La jeune femme semble au bord des larmes alors que la CPE lui assène, d’un ton colérique : « Je comprends ton envie d’être toi-même. Ça, je le comprends très bien. Et tout ça, justement, c’est fait pour t’accompagner au mieux. C’est ça que tu ne comprends pas. Parce que, encore une fois, il y a des sensibilités qui ne sont pas les mêmes, à différents âges. Tout simplement. Des éducations qui ne sont pas les mêmes ! » Et après un long silence, la lycéenne de répondre : « Mais c’est eux qu’on doit éduquer, pas nous… » La CPE la coupe pour lui répéter qu’elle est d’accord. « Bah voilà, alors je ne comprends pas où est le problème, vraiment. Je comprendrai jamais, de toute façon… », s’agace finalement la lycéenne, le souffle court. 

Auprès de Mediapart, Annabelle et une dizaine d’autres lycéens confirment que la voix est bien celle de la CPE. La vidéo originale avait été publiée sur le Snapchat de la jeune fille, envoyée à quelques copines via Instagram. 

Plusieurs élèves, dont certains font partie de la classe de Fouad, attestent que sa référente de l’aide sociale à l’enfance s’est rendue au lycée le jour même. Fouad avait 17 ans et était placée en foyer d’accueil. Interrogé, le département du Nord a confirmé, auprès de Mediapart, que l’adolescente était prise en charge par les services de l’ASE mais a refusé de communiquer tout autre élément. 

La jeune femme profite de l’incident pour prévenir ses camarades de classe qu’elle n’est pas un homme. Un simple message vocal envoyé sur le groupe Snapchat de la classe, que nous avons pu écouter. « On comprenait, on l’a tous soutenue », s’accordent à dire trois de ses amies proches, Zya, Louise et Anouk. Réunies devant le lycée, les trois jeunes filles ne se lâchent pas et répondent aux journalistes, d’une même voix, que l’urgence est à la protection des jeunes trans. Elles en veulent à l’administration, qui continuait à lui accoler des pronoms masculins, malgré ses demandes. Pourtant, elles ont rapidement tu la colère. « On ne veut pas de vengeance, on veut que ça s’arrête », annonce Anouk, 17 ans.

Le lendemain après l’incident de la jupe, la jeune fille retourne en cours, à 10 heures. Plusieurs de ses amis affirment que le proviseur lui-même aurait appelé le foyer de Fouad pour prévenir la jeune fille qu’elle pouvait désormais venir en jupe. Alors qu’elle reprend normalement les cours, plusieurs de ses amis collent des affiches sur les murs du lycée. « La transphobie tue », « Respectez les pronoms des personnes transgenres », « Nos tenues ne sont pas indécentes, c’est vos regards qui le sont ». Elles seront retirées quelques minutes plus tard. Les lycéens se demandent encore qui ces affiches, proprement collées, dérangeaient. Certains d’entre eux, filles et garçons, viennent en jupe par soutien.

Près de deux semaines passent, rien à signaler selon les nombreuses copines interrogées. Puis, dimanche 13 décembre 2020, Fouad fait une première tentative de suicide, elle se retrouve à l’hôpital. Elle prévient Anabelle, par un simple message, qu’elle ne pourra pas venir au rendez-vous qu’ils ont fixé, s’excuse et prie son copain de ne s’inquiéter de rien, tout irait mieux. Mercredi 16 décembre, elle met fin à ses jours. La plupart de ses amis l’ont appris dans un courriel froid envoyé par l’administration, où il était fait référence à Fouad comme à un jeune homme.

 Pour le sociologue Arnaud Alessandrin, «une maltraitance institutionnelle»

En réaction au suicide de la jeune fille, le rectorat de Lille a publié un communiqué le 17 décembre. Il fait part jeudi du suicide « d’un » lycéen de Lille en passe « de changer d’identité sexuelle », assurant que l’élève était « accompagné dans sa démarche » dans son lycée, après un emballement des réseaux sociaux mettant en cause la responsabilité de l’équipe pédagogique.

« Valérie Cabuil, rectrice de l’académie de Lille, a appris avec beaucoup de tristesse qu’un élève de terminale du lycée Fénelon de Lille a mis fin à ses jours au sein de son foyer d’accueil mercredi. Cet évènement dramatique bouleverse l’ensemble de la communauté éducative », écrit le rectorat. « Une cellule d’écoute psychologique a aussitôt été déployée » pour les élèves et le personnel, poursuit le communiqué, précisant que des « conseillers vie scolaire » se rendront vendredi dans l’établissement. « La cellule psychologique, il aurait fallu plutôt la proposer à Fouad quand elle allait mal », s’agacent Anouk, Zya et Louise.

Le lycée Fénelon « a été informé du cheminement de l’élève et de sa volonté de changer d’identité sexuelle. L’élève, qui se trouvait dans un contexte personnel complexe, était accompagné dans sa démarche par l’équipe éducative de son foyer et de son établissement scolaire », assure la rectrice. Valérie Cabuil a indiqué qu’une enquête serait menée et reconnaît les efforts à fournir pour accompagner les élèves transgenres, rapporte le site Lille Actu. Outre l’enquête judiciaire sur le suicide de l’adolescente, le rectorat indique ouvrir une enquête en interne au lycée, comme le veut la procédure habituelle.

La rectrice a aussi regretté d’avoir « mégenré » l’adolescente dans son communiqué. « Cela fait partie des choses que nous devons apprendre. On n’est pas toujours parfait sur ces sujets-là. » Ce communiqué du rectorat, qui la genre au masculin, est « symptomatique d’une maltraitance institutionnelle », selon Arnaud Alessandrin, sociologue du genre à l’université de Bordeaux et auteur de la Sociologie des transidentités (Le Cavalier Bleu Éditions). « Ils auraient pu appeler quelqu’un de compétent comme le référent discriminations ou égalité hommes-femmes du rectorat pour rédiger ce communiqué. »

La maire de Lille Martine Aubry, ainsi que son adjointe à l’éducation, ont contacté le Dasen pour « demander autant d’informations que possible sur la façon dont les choses se déroulaient pour Fouad et l’accompagnement dont elle bénéficiait ».

Jean-Michel Blanquer s’est exprimé sur Twitter, en estimant que « la mort de #Fouad interpelle notre société sur tout ce que nous devons faire pour le droit de chacun à être respecté ». Son homologue chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Élisabeth Moreno, a ajouté que « le taux de suicide des personnes trans est 7 fois plus important que la moyenne. Nous devons absolument lutter contre la transphobie, partout ».

Assis au milieu d’un groupe d’amis, difficile de rater Ulysse. Un grand sac aux couleurs du drapeau LGBT, des ongles manucurés du gris argenté des fêtes de Noël et une veste de la même couleur. Aujourd’hui, le jeune homme de 16 ans, scolarisé au lycée Pasteur à Lille et originaire du quartier populaire de Fives, n’ira pas à l’école. « Bien sûr que je suis sensible à ce qu’il lui est arrivé… Moi aussi, j’ai déjà eu des idées suicidaires. Il m’arrive de me maquiller, de mettre des talons et des jupes. On m’a déjà filmé, on me regarde mal dans le métro, on m’insulte de “sale pédé”. » Peu importe, l’adolescent a élevé au rang d’art sa pratique du maquillage, à laquelle il a même dédié une toute nouvelle page Instagram sur laquelle il poste ses meilleures compositions faites de fards à paupières colorés, sans tache de mascara, comme Mediapart a pu le constater, photo très zoomée à l’appui. Sa marque préférée ? Nyx. Plus tard, il l’assure, il sera maquilleur artistique, peu importent les regards et les moqueries qui marquent déjà son adolescence. 

« Je suis triste et j’ai la haine. Je souffre de savoir à quel point Fouad a souffert, même sans la connaître. À l’école, on nous répète toujours qu’il faut aller voir les profs, les psys quand ça ne va pas. Mais c’est dur, parfois impossible. Faut qu’ils viennent chercher les élèves qui vont mal ! »

Une position que partage Marlène, étudiante transgenre à l’université de Lille. Elle aussi a intégré la peur. Pire, elle ne sort jamais sans sa gazeuse. Elle raconte le ballet d’insultes quotidiennes, chuchotées, susurrées, parfois hurlées dans les rues. Mais aussi, le cauchemar administratif pour changer officiellement de prénom, les remarques anodines à la fac, au travail, dans le métro. Et puis, invariablement, les agressions psychologiques, verbales, physiques. « Je me rappelle cette fois où un homme m’a insultée, suivie dans les rues de Paris et a tenté de me frapper. On me traite de sale travelo, j’ai envie de leur répondre : Oui, et ? » Comme Ulysse, Marlène est aussi traversée d’idées suicidaires parfois. Pour s’en sortir, la jeune femme milite à Solidaires Étudiant-e-s. « Politiser ce qui m’arrive, c’est ma manière de m’en sortir. Je me dis, là, que je ne suis pas toute seule, que ce n’est pas de ma faute et qu’on peut changer les choses. »

«On est des mecs de cité, et on défend aussi les transexuels, les homosexuels… Et alors ?»

Le sociologue Arnaud Alessandrin n’est pas surpris par ce suicide. Il explique que les chiffres montrent des taux de déscolarisation important chez les jeunes transgenres ainsi que du harcèlement et cyberharcèlement. Les mineurs trans qu’il a interrogés témoignent aussi de violences intrafamiliales et de rejets. Ils sont aussi nombreux à souffrir de troubles du comportement alimentaire ou à s’auto-médicamenter en prenant par exemple des hormones sur Internet. « Il faut toujours un cas paroxystique pour que l’indignation se soulève. » Et de citer le cas des multiples agressions de Julia en 2018. 

Arnaud Alessandrin relève que les institutions sont en retard et n’ont jamais mis en place un texte de cadrage pour uniformiser les pratiques d’une académie et d’un établissement à l’autre. « En France, la recherche travaille depuis six ou sept ans sur cette question trans. Cela signifie qu’on a un ministère déconnecté de ce que produit la recherche, et déconnecté des personnes elles-mêmes. »

Il faut attendre 2018 pour qu’une circulaire mentionne la transphobie. 

En 2019, pour la première fois, le terme apparaît dans une campagne de sensibilisation à l’école. « Le temps de l’Éducation nationale est à ce point long qu’elle n’est pas en capacité d’absorber les besoins des adolescents transgenres. Ce qui m’étonne, c’est qu’on a un ministère qui se gargarise d’inclusion, mais n’est pas capable de donner des directives et un cadre pour pouvoir changer un prénom sur Pronote [le logiciel de gestion des notes dans les établissements scolaires – ndlr] », relève encore Arnaud Alessandrin.

L’autre problème demeure le manque d’accompagnement des personnels de l’Éducation nationale, en formation initiale et continue. Mais là encore, les plans académiques de formations à destination des infirmiers scolaires, les CPE, les chefs d’établissement sont inégaux, déplore le sociologue qui en dispense lui-même. Pour lui, il faudrait débloquer des fonds pour financer et davantage développer les formations et les interventions en milieu scolaire, et créer un texte réglementaire.

« Cet événement dit deux choses : la suspicion qu’ont les jeunes vis-à-vis de l’institution est légitime. Et malheureusement, ce suicide reproduit l’imaginaire dramatique de la transition. Ce qui est un bon signal en revanche, il y a de l’indignation, la question trans est rentrée aujourd’hui dans les préoccupations citoyennes. Il y a moins de dix ans quand une personne transgenre mourait, on n’en parlait pas. »

Pour ne pas qu’on oublie, Tarek s’est filmé sur Snapchat et a prié ses amis de partager sa vidéo. Un coup de gueule vu plus de 110 000 fois sur Twitter, des milliers de fois sur Snapchat, aussi partagé sur TikTok. Ce matin, il s’est même vu sur BFM. Un choc pour ce jeune homme de 20 ans qui habite à Villeneuve-d’Ascq, au chômage après avoir été agent d’entretien à la SNCF. 

« De base, je fais des vidéos drôles. Mais là, c’était grave. J’étais obligé de parler. J’ai rencontré Fouad dans une soirée, c’était quelqu’un de bien… C’est une fille qui est née dans un corps de garçon. J’ai dis lui dans la vidéo que j’ai postée, mais j’ai pas fait exprès, on va dire elle », s’excuse-t-il, confus. « On est censé être libre dans ce pays. Si ç’avait été des élèves du lycée, parfois quand on est jeune, on n’a rien dans le crâne… J’aurais rien dit. Mais là, la CPE ?! » 

Sur la vidéo devenue virale, Tarek portait un survêtement Lacoste rouge. Le même avec lequel il s’est présenté, vendredi 18 décembre, au rassemblement devant le lycée. Quand on demande à Tarek et son ami Amin de poser pour une photo, le second retire naturellement sa sacoche Louis Vuitton. « Ça fait trop cité. Ils vont encore dire, regarde, c’est les dealeurs », lance Amin. « Non mais remets-la, lui oppose le snappeurOn est des mecs de cité, et on défend aussi les transsexuels, les homosexuels… Et alors ? » Amin s’exécute, pose fièrement avec sa sacoche noire, flambant neuve.

De son côté, le ministère de l’éducation nationale refuse de communiquer sur ce cas précis, renvoyant vers le rectorat de Lille.

Cependant, il reconnaît qu’une marge de progression est possible sur le plan des formations destinées à aiguiller les personnels pour les aider à réagir face aux transitions des élèves. Ce processus doit se faire avec bienveillance, insiste le ministère qui ne dispose d’aucun chiffre sur la question. Impossible de savoir combien d’élèves sont concernés.

Pour le moment, le ministère se contente d’actualiser les différents outils, tels que les guides. L’interministérielle poursuit son travail, assure la rue de Grenelle.

Une réponse largement insuffisante pour Alexis Guitton, du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire et universitaire. « Il faudra combien de suicides avant que le ministère de l’éducation nationale prenne ses responsabilités et protège les élèves et ses personnels ? » 

En octobre 2019, Jean-Michel Blanquer avait annoncé la mise en place d’un groupe de travail devant construire des outils pour aider les équipes pédagogiques à accueillir les élèves trans dans les établissements scolaires. Depuis, ce groupe n’a jamais été réuni. « Nous avons pourtant relancé le ministère à plusieurs reprises sans obtenir de réponse de sa part », regrette Alexis Guitton. 

En septembre, le suicide de Doona, étudiante trans, avait ému, rappelle Alexis Guitton. Le rapport 2020 de SOS Homophobie montre que 42 % des actes de transphobie visent des femmes trans. Selon une étude en 2014, 9 élèves transgenres sur 10 auraient déjà été injuriés en raison de leur identité de genre, et 1 sur 4 agressé physiquement à l’école. À cause de la souffrance générée par la transphobie, on estime que leur taux de suicide est 7 fois plus élevé que chez les personnes cisgenres, indique la Dilcrah dans sa fiche pratique sur le respect des droits des personnes trans.

Devant le lycée, les élèves et les soutiens partent un à un au fil de la matinée. Une enseignante, venue d’un autre établissement, laisse une fleur rose sur la fenêtre du lycée. Les copines de Fouad, avant de s’engouffrer derrière les grilles de l’établissement pour observer une seconde minute de silence, se promettent qu’au-delà des hommages, elles vont s’organiser, à coups de manifestations, de sitting, de projets, « autant qu’il en faudra ». Pour que plus jamais cela ne se reproduise. 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 20 décembre 2020 par dans FRANCE, LGBT +, LIBERTE.