NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

La Culture dans la rue : Manifestations à Paris, Orléans, Tours, Blois !

Alors que les lieux culturels demeurent fermés, plusieurs manifestations ont eu lieu jeudi 4 mars pour dénoncer « des promesses non-tenues » à l’égard du monde de la culture. Des manifestants sont entrés dans le théâtre de l’Odéon avec l’intention de l’occuper « toute la nuit »

© Fournis par franceinfo

Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté jeudi 4 mars en France, pour de nouveau crier leur ras-le-bol et demander la réouverture des lieux culturels, un an après les premières mesures de fermeture.

A Paris, des manifestants sont entrés à la fin du parcours dans le théâtre de l’Odéon qu’ils comptent « occuper toute la nuit », explique Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT, qui fait partie des « 80 personnes environ qui ont réussi à pénétrer à l’intérieur ». « Nous ne sortirons pas avant qu’un conseil national des professionnels du spectacle soit convoqué avec Roselyne Bachelot et Jean Castex », a-t-elle ajouté.

Un secteur à l’agonie

« Ca fait un an qu’on est bloqués chez nous« , regrette Louis-Marie Hippolyte, 34 ans, régisseur lumière dans le théâtre, ayant participé au rassemblement à Grenoble. Depuis la crise sanitaire, il travaille « 5 à 10 heures par mois » et vit de l’allocation pour les intermittents du spectacle.

« Ca fait un an qu’on est au point mort« , abonde Sabine Grislin, danseuse et trapéziste, devant la préfecture, à Strasbourg. « Les petites structures » ne sont pas assez soutenues, estime cette artiste qui dit avoir la chance de bénéficier « depuis un an de répétitions payées« .

« On est en train de crever !« , s’emporte Xavier, un quadragénaire dont les dettes s’accumulent, qui a manifesté place de la République à Paris, à l’appel de la CGT Spectacle. « Avant le coronavirus, je gagnais bien ma vie en enchaînant les contrats longs et courts dans l’événementiel, mais depuis l’annulation des festivals, je ne peux que remplir le frigo et je ne peux plus payer mon loyer tous les mois« , se désespère-t-il, préférant ne pas donner son nom.

« Des promesses non tenues »

Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, n’a donné aucune date de réouverture, attendant le résultat de plusieurs « concerts-tests » ainsi qu’une expertise sur la situation des intermittents.

A Lyon, où ils étaient plusieurs centaines rassemblés devant la halle Tony Garnier, Antoine Galvani, du Snam-CGT, a estimé que « les promesses d’Emmanuel Macron ne sont pas tenues« , alertant notamment sur l' »année blanche » (accordée aux intermittents), censée se terminer « fin août » tandis que les annulations de festivals d’été se succèdent. « Des concertations avec le ministère se tiennent depuis 3 mois et on est toujours au point zéro« , a-t-il dénoncé.

L’année blanche, annoncée en mai, correspond à la prolongation des droits d’indemnisation jusqu’au 31 août 2021 pour les intermittents arrivant en fin de droits entre le 1er mars 2020 et le 31 août 2021. Les professionnels de la culture réclament sa prolongation jusqu’en août 2022 et surtout, une réouverture des lieux culturels.

Après la manifestation à Orléans, des intermittents et artistes du Loiret ont présenté leur « plan de relance » pour la culture au président de Région

À la suite d’une manifestation des acteurs de la culture, à Orléans, le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau a reçu des représentants syndicaux, qui demandent notamment une réouverture des salles et proposent un plan de relance par l’emploi. 

À la fin d’un entretien qui aura duré près d’une heure avec le président (PS) de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, les syndicats des acteurs de la culture paraissaient soulagés, ce jeudi 4 mars. « C’est important d’être écouté et reçu. On espère que nos préoccupations ont bien été entendues et seront transmises aux plus hautes sphères de l’Etat », glissait Sacha Kovsky, musicien et représentant du syndicat Sud Culture Loiret.

Un entretien d’une heure 

Au total, cinq représentants de syndicats (CUIP 45, Sud Culture Loiret, Snam-CGT Orléans) ont fait part de leurs préoccupations au président de la Région. Parmi elles, l’on retrouvait notamment le prolongement de l’année blanche, la réouverture urgente des salles de spectacles mais aussi la mise en place d’un plan de relance pour la « reconstruction de l’emploi des artistes et intermittents ». C’est d’ailleurs ce point qui a été largement débattu. « Il y aura sans doute un embouteillage au retour de la crise. Nos problèmes doivent être résolus par le travail », a insisté Vincent Lemaire, représentant de la Snam-CGT Orléans qui alerte sur « la disparition de plus de la moitié des intermittents si la situation n’évolue pas rapidement ».

Un plan de relance présenté 

https://d976de16a7f293d5b052ee0e370bb024.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html Imaginé par les syndicats selon un chiffrage des intermittents et présenté à François Bonneau, ce plan de relance, espéré sur cinq ans, prévoit l’ouverture des lieux fermés (lieux culturels, bars, restaurants, salles des fêtes) aux répétitions et résidences d’artistes. Un dispositif qui serait financé par l’Etat et qui, en Centre-Val de Loire, représenterait sept millions d’euros. « Dans les structures qui sont aujourd’hui fermées, il y aurait des retombées positives », assure Vincent Lemaire. 

Un échange avec Roselyne Bachelot « de toute urgence  » 

« Le travail des artistes peut et doit se poursuivre », a commenté François Bonneau, en précisant que « cette année, le budget de la culture (plus de 23 millions d’euros, NDLR) reste inchangé malgré le contexte« . Sensible à l’avenir des acteurs du monde culturel, le président de la région Centre-Val de Loire devrait de nouveau échanger, la semaine prochaine, avec les syndicats régionaux. Il a également prévu de s’entretenir, « de toute urgence », avec la ministre de la culture Roselyne Bachelot pour notamment évoquer le prolongement de l’année blanche pour les intermittents et artistes. 

Nicolas Bontron La République du Centre 

Tours : Plus de 250 personnes manifestent pour le monde de la culture

Les professionnels de la culture manifestent, jeudi 4 mars à Tours.
© (Photo NR, Julien Pruvost)

Plus de 250 personnes défilent ce jeudi dans les rues de Tours, pour demander de nouvelles mesures en faveur du monde de la culture, fragilisé depuis un an par la crise sanitaire.

Depuis un an maintenant, le monde de la culture est particulièrement fragilisé, avec des fermetures et restrictions contraintes par la crise sanitaire, et sans avoir aucune perspective pour l’heure. 

Pour se faire entendre, plus 250 personnes défilent dans les rues de Tours ce jeudi 4 mars 2021. Elle participent à la mobilisation d’ampleur nationale des professionnels du spectacle et de la culture

Parmi les revendications : « une méthodologie de travail pour la réouverture, dans un calendrier réaliste, des lieux culturels », « une réelle concertation sur un plan de relance réaliste et adapté pour accompagner la reprise d’activité », « un fonds pour l’emploi direct dédié au secteur culturel permettant un maintien du volume d’emploi », ou encore « un engagement sans tarder sur la prolongation de l’année blanche au-delà du 31 août 2021 pour tous les intermittents du spectacle ».

Parti du théâtre Olympia, le cortège a défilé rue Nationale et se rendra au Grand Théâtre à 15h, pour y tenir une conférence de presse. 

Loir-et-Cher : les intermittents du spectacle « dans le brouillard complet »

Depuis près d’un an, le quotidien des intermittents du spectacle de Loir-et-Cher est bouleversé. Les situations divergent même si certains continuent de travailler.

Voilà bientôt un an qu’il est « en chômage forcé ». Intermittent du spectacle depuis environ 25 ans, Laurent Delaveau ne peut plus vivre de son métier de musicien (bassiste et contrebassiste) depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19 en France, et les restrictions sanitaires qui ont suivi.

Au total, le Blésois, installé à Mont-près-Chambord, ne comptabilise qu’une quinzaine de dates en 2020, entre les concerts et les séances d’enregistrement en studio, contre environ 80 lors d’une année normale.

Pour rappel, les intermittents du spectacle doivent réaliser un certain nombre d’heures par an pour avoir droit aux allocations chômage. Face au contexte inédit, Emmanuel Macron avait annoncé une « année blanche », avec une prolongation d’un an de leurs droits au chômage.

Malgré cela, Laurent Delaveau a perdu environ 50 % de ses revenus mensuels, les artistes ne percevant quasiment plus de cachets. « Mais je souffre plus de l’inactivité que de la perte de salaire », explique le musicien, qui insiste sur l’impact psychologique de cet arrêt forcé. Il ressent ainsi de la « colère » et l’impression « de ne plus servir à grand-chose ».
« Le plus dur c’est l’attente »« Le plus dur, c’est l’attente », estiment Coline Passeron et Luis Ferreira. Elle est chargée de régie de tournée musicale (gestion technique et logistique de la production d’un concert sur la route) et de production pour des festivals (gestion des transferts, de l’hébergement, de la nourriture pour les artistes…), lui est éclairagiste et régisseur lumière.

Installés à Blois, tous deux peuvent être amenés à travailler en France et à l’étranger. Sans surprise, leur activité a fortement diminué et ils ont perdu environ un quart de leur salaire mensuel.

Si les périodes d’activité leur ont permis de suivre diverses formations, la question s’est posée, pour Coline, d’envisager de se tourner vers une autre profession. Elle va d’ailleurs entamer une licence de droit à la rentrée : « Ce sera un bagage si ce genre de situation se reproduit ». Ce couple installé à Blois ajoute néanmoins avoir des perspectives et « attend de pouvoir reprendre » le cours normal de sa vie.

Du côté de la Ben Compagnie, qui peut faire travailler jusqu’à une quinzaine d’artistes sur des spectacles, l’année qui vient de s’écouler a également été porteuse de reports : « Ç’a été très violent à vivre », confirme Benjamin Kerautret, comédien, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie de théâtre blésoise.
Un avenir incertain

Cette dernière a néanmoins pu poursuivre son activité en continuant de proposer des spectacles dans les établissements scolaires, en s’adaptant aux protocoles en vigueur, ou bien encore des spectacles dans les quartiers nord de Blois. Le chiffre d’affaires de l’association a diminué de 20 % « mais on s’en sort très bien »,indique Émilie Kerautret, administratrice de production de la compagnie.

Tous sont désormais en quête de réponses à leurs questions et redoutent une « catastrophe », dixit Laurent Delaveau, sur le plan humain. L’année blanche va-t-elle être prolongée ? Quel va être le soutien de l’État ? Que va-t-il advenir des spectacles créés pendant cette période d’inactivité et de ceux qui doivent être reportés ?

« On est dans un brouillard complet : on ne sait pas quand et dans quelles conditions cela va reprendre », regrette Laurent Delaveau. Pour le musicien, « il faudra des années pour reconstruire le tissu » culturel, tandis que Benjamin Kerautret se demande « ce qui va ressortir de cette crise ».

La Nouvelle République

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 4 mars 2021 par dans Actualités des luttes, ANTISOCIAL, CULTURE.
%d blogueurs aiment cette page :