NPA Loiret

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Grèce : ne laissons pas mourir le prisonnier Dimitris Koufontinas, en grève de la faim depuis le 8 janvier !

On l’a déjà dit à de nombreuses reprises : le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, rejeton d’une  famille de riches bourgeois accaparant les postes politiques, est celui d’une droite revancharde, sans autre projet politique que celui de multiplier les cadeaux à ses copains industriels et financiers, en cassant ce qui reste de services publics et en réprimant tout ce qui ose émettre la moindre critique, sans s’embarrasser le moins du monde avec ce qu’il est convenu d’appeler l’État de droit.

Justifications juridiques sans fondement

Dernier exemple en date : le refus d’accéder à la demande de Dimitris Koufondinas, membre du groupe 17 novembre condamné à la perpétuité pour meurtres, d’être replacé dans la prison de Korydallos, en banlieue athénienne, comme la loi l’impose. Pour justifier ce refus contre lequel Koufondinas a entamé une grève de la faim le 8 janvier et pour le maintenir dans une prison de haute sécurité loin d’Athènes, la fine équipe autour de Mitsotakis s’enferre dans des justifications juridiques sans fondement, laissant place à la vraie question : pourquoi cet acharnement meurtrier de la part du pouvoir ? On met en avant une volonté de vengeance familiale, l’une des victimes du groupe terroriste ayant été le beau-frère du Premier ministre. Mais cette explication, qui pourrait servir à Mitsotakis dans le cadre de « traditions de vengeance antique », ne tient pas : d’une part parce que Dora Bakoyannis, veuve de la victime et ancienne ministre des Affaires étrangères, demande que la loi soit respectée. Mais surtout parce que ce qui apparaît de plus en plus clairement, c’est une fuite en avant de cette droite extrême, qui malgré les cadeaux faits aux grands propriétaires de la plupart des médias, n’arrive plus à cacher qu’elle est incapable de faire face à la situation, en particulier sur le front sanitaire, où son refus de recruter des soignantEs et d’ouvrir des lits a amené à une situation gravissime : plus que 12 lits de réanimation libres ce jour dans la région d’Athènes ! Les sondages montrent une chute brutale des opinions positives, la droite commence à se déchirer, et ce que recherche Mitsotakis et ses ministres d’extrême droite (en particulier le ministre de l’Intérieur, ancien cadre d’organisations fascistes), c’est de se relancer en resserrant les rangs conservateurs et d’extrême-droite. Koufondinas pourrait bien être une victime idéale de cette cynique stratégie.

Empêcher ce crime annoncé

Ce que n’escomptait sûrement pas le grand stratège (sérieusement surnommé Moïse par une partie de son fan club !) Mitsotakis, c’est que la juste revendication du prisonnier Koufondinas serait soutenue non seulement par la gauche radicale, les libertaires et toute la mouvance anarchiste, mais aussi par Syriza, le KKE et même le PASOK (sous son nouveau nom de Kinal). Et surtout, c’est aussi une bonne partie du mouvement social qui exige le respect des droits humains, et ici le droit des prisonniers : se mobilisent pour empêcher la mort de Koufondinas, qui a désormais entamé une grève de la soif, le mouvement étudiant, la Fédération nationale du secteur public ADEDY, le syndicat national des marins, des unions d’avocats (celle du Pirée en particulier), et même l’union des juges et des magistrats, sans oublier des membres de la droite au pouvoir, qui refusent de se voir associés à un tel refus des droits humains.

De premiers rassemblements ont eu lieu assez tôt, immédiatement gazés et frappés par la police. Mais ces derniers jours, l’indignation est devenue telle que ce sont des milliers de manifestantEs qui défilent depuis dimanche dans Athènes, sans que la police puisse les empêcher. Du coup, le pouvoir tente de faire taire la protestation, en faisant « éteindre » les pages Facebook (par l’entremise de la multinationale française Téléperformance). Parmi les cibles, le site de l’organisation Synantissi (voir ci-dessous leur communiqué).

Pour empêcher ce qui pourrait être la première mort, sur le sol européen, d’un prisonnier en grève de la faim depuis Bobby Sands et ses camarades condamnés par Thatcher, la solidarité internationale est urgente. Les médecins sont très pessimistes pour les jours qui viennent. Pour empêcher ce crime annoncé, partout faisons entendre notre voix pour le respect des droits humains, le respect des droits des prisonniers !

__________

Communiqué de Synantissi (Rencontre pour une Gauche anticapitaliste et internationaliste)

C’est avec colère que nous voyons les médias faire silence sur le grand mouvement de soutien au gréviste de la faim et de la soif Koufondinas, à ses justes revendications. En même temps, nous voyons ces mêmes médias relayer sans aucune retenue la propagande gouvernementale, présentant l’affaire comme « une nouvelle bataille contre le terrorisme ».

Et c’est emplis d’indignation que nous voyons aussi la censure de la part de Facebook, qui prend soin d’effacer les posts s’efforçant d’exprimer la solidarité avec un gréviste de la faim qui risque de perdre la vie en cet instant même, en rendant publiques ses revendications et en décrivant la réalité telle qu’elle est.

En cette phase d’une bataille féroce, notre activité sur Facebook s’est retrouvée sabotée, une réunion d’information par internet a été censurée et puis effacée, une publication a disparu, tandis que planait la menace de supprimer la page entière, celle d’une organisation politique qui n’a pas plié devant le récit dominant que le gouvernement est si furieusement déterminé à imposer.

Cette menace est devenue une réalité aujourd’hui : la page de Synantissi n’est plus en ligne. S’ils ont la moindre illusion de pouvoir nous faire taire avec cet acte de censure sans précédent, nous les informons qu’ils font ainsi grandir notre détermination à continuer le combat pour que la vie et la justice finissent par gagner !

Les tentatives de nous faire taire, qu’elles prennent la forme de la répression physique par la police dans la rue, ou qu’elles se produisent dans la sphère internet, ne nous effraient pas : au contraire elles nous confirment dans la certitude que nos voix leur font peur!

Et nos voix s’uniront à toutes les autres qui revendiquent la vraie démocratie et la liberté et qui continueront de réclamer justice. Tant dans la rue que sur les réseaux sociaux, nous continuerons de crier :

Non à la mort d’un gréviste de la faim !

Solidarité avec Dimitris Koufondinas !

Nous vous appelons à être notre voix et à partager le plus largement possible ce message.

Comme la situation ici, en Grece (covid, vie de Koufondinas, censure, etc.) devient tres tendue, je vous envoies un texte par Synantissi (l’organisation large ou nous militons). En anglais et francais.

Tassos

La liberté d’expression et la liberté de réunion sont attaquées en Grèce, alors que le gouvernement pousse un gréviste de la faim à la mort.

Au cours des dernières semaines, le peuple grec est devenu le témoin de violations flagrantes de ses droits politiques et d’un mépris manifeste de l’État de droit, sans précédent depuis la chute de la junte militaire grecque en 1974.

Le prisonnier Dimitris Koufontinas, membre de l’organisation de guérilla « 17N », aujourd’hui dissoute, est en grève de la faim depuis 56 jours et en grève de la soif depuis 11 jours, pour demander à la justice de faire valoir ses droits légaux concernant la prison dans laquelle il doit purger sa peine. La légalité de sa demande a été reconnue par Amnesty International, le médiateur grec, l’Association hellénique des juges et des procureurs, des avocats, des universitaires et par la majorité des partis politiques d’opposition.

Cependant, le gouvernement continue de refuser à Koufontinas ses droits légaux et semble déterminé à le pousser à la mort. Des milliers de citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre le mépris du gouvernement pour l’État de droit. En réponse, le gouvernement a décidé d’adopter une approche encore plus stricte en brisant les rassemblements et en usant de la force et de la brutalité policière contre des manifestants pacifiques. Plusieurs personnes ont été arrêtées simplement parce qu’elles avaient participé à une manifestation et, dans de nombreux cas, de fausses accusations ont été portées contre elles. Les photographes de presse qui ont enregistré les manifestations ont également été attaqués par les forces de police, ce qui témoigne clairement de l’hostilité du gouvernement à l’égard de la liberté de la presse.

L’attaque contre la démocratie s’est même infiltrée dans les médias sociaux. Ces derniers jours, Facebook a limité ou supprimé les comptes privés des avocats qui avançaient des arguments juridiques en faveur du cas de Koufontinas, des journalistes qui critiquaient le gouvernement pour sa position actuelle et des photographes de presse qui téléchargeaient des photos ou vidéos montrant les manifestations de masse et la brutalité des forces de police. Même les pages des organisations politiques, y compris la page de Synantissi, ont été partiellement censurées ou supprimées pour avoir soutenu la légalité des droits de Koufontinas. Des posts ont été effacés, des commentaires ont été supprimés, et même des événements en ligne et des conférences de presse en rapport avec cette question ont été interdits. Pour justifier la politique de Facebook, ses administrateurs ont avancé l’affirmation scandaleuse que toutes ces personnes et organisations font la promotion du terrorisme. Cette justification manifestement infondée est en résonance totale avec la tentative des médias pro-gouvernementaux d’attribuer à toute voix dissidente une tonalité extrémiste, afin de justifier l’attitude du gouvernement, celle de la vengeance contre Koufontinas.

La liberté d’expression et de réunion est attaquée en Grèce. Tolérer que l’État viole les droits de Koufontinas aujourd’hui, ce serait créer un mauvais précédent débouchant sur la violation des droits de chacun demain. C’est pour éviter cela que nous sommes mobilisés. C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien et de votre participation.

  • Nous résisterons.
  • Nous vaincrons.
  • Pour la dignité, la justice et la liberté.

Synantisi – Initiative pour une gauche anticapitaliste et internationaliste

Le 4 mars 2021


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Cette entrée a été publiée le 11 mars 2021 par dans anticapitalisme.
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