NPA Loiret

Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

La Santé et Stéphanie ou l’art de la dentelle sans fil !

La République du Centre, jamais avare de scoop et de sensationalisme, est allée interviewer l’étoile montante de la politique dans le Loiret, Stéphanie Rist.

Roulements de tambours, ta ta tsoin !

En pleine crise sanitaire historique, notre département est fortement touché comme le reste du pays. Au 22 mars 2021 dans le Loiret, 56 personnes en réa, pleines à craquer, et une centaine dans des lits de médecine. Montargis, Gien, Pithiviers, Orléans.

Le personnel exténué fuit l’hôpital public faute de mesures sérieuses de renfort des équipes prises. Il y a moins d’infirmières et de médecins au CHR d’Orléans ce jour, qu’au début de l’épidémie, il y a un an.

L’aumône salariale distribuée avec parcimonie et à contre-coeur par l’ami Véran n’a pas enrayé le burn-out et le sauve-qui-peut. Trop, c’est trop.

Et on ne peut pas dire qu’ils et elles n’étaient pas prévenu-es. Tous les responsables médicaux, tous les syndicats, tirent la sonnette d’alarme depuis des décennies.

Refusant de répondre aux suppliques du personnel hospitalier en pleine rupture, le gouvernement et son Jupiter de Président misent tout sur la vaccination. Du confinement par ci, par là, une touche de paternalisme en direction des soignants, un zeste d’écoute et puis basta. Une petite rodomontade parce que les hospitaliers ne se précipitent pas sur les vaccins. Quels égoïstes finalement.

Rien pour l’hôpital qu’on continue à asphyxier comme si de rien n’était. Pourquoi se décarcasser pour l’hôpital, le personnel se démène pour tenir sans aucune aide et le vaccin arrive ! Pas de quoi s’affoler. Les milliers de collègues dont la vie est détruite ne pèsent rien.

Sauf que, grâce à l’incompétence crasse ministérielle, le vaccin arrive au compte goutte. Totalement asservis aux big pharma, les gouvernements se sont lancés, tels de vulgaires toxicos, à la chasse aux doses. C’est à qui piquera dans le stock du voisin. Sans aucune efficacité. Combien de morts et d’invalides par respect des brevets privés financés par nos impôts ?

Là encore, ce sont les gros costauds qui gagnent. La loi de la jungle chère aux puissants.

Et quand l’ami Lemaire, ministre de l’économie, serine son “Quoi qu’il en coûte !”, on mesure chaque jour qu’il ne parlait pas que d’argent. Car là, ce sont des vies sacrifiées au quotidien, celles des soignants et des hospitaliers, mais pire encore celles des patients qui subissent avec une grande violence la pénurie hospitalière organisée par Bachelot, Touraine, Buzyn et le beau gosse du moment.

Rien, même une pandémie mondiale et ses centaines de milliers de morts à travers tous les pays, ne peut enrayer cette soif de profits qui nourrit la bête immonde, le capitalisme.

Dans cette ambiance de fin du monde, que fait notre députée du Loiret ? Elle brode dans la République du Centre sur le Ségur de la santé. Et oui, le monde va changer de base grâce à elle et ses ami-es de LREM.

Et une dentelle d’une finesse exquise, le tout sans aucun fil. Elle est si fine que, de loin, on dirait un grand vide. Pas bégueules, on a décidé de s’approcher pour découvrir les détails de la pensée Ristienne. Ahurissant ! Le vide devient abyssal.

Aucune démarche envers ses collègues de travail qui crèvent au boulot pendant qu’elle réfléchit.

Chut, ici on pense. Pas un mot sur la misère hospitalière, pas une proposition de renforcement des équipes, de recrutement, de développement des capacités d’accueil.

Elle connaitrait bien le CHRO et travaille depuis des lustres main dans la main avec la direction de l’hôpital. Mais elle est muette. Son mutisme assourdissant ne couvre pas les cris de ses collègues obligés de faire le tri pour l’accès aux lits de réa, les cris de ses collègues qu’on contraint au jeu des chaises musicales pour trouver, au bout d’heures et d’heures de recherche, un lit pour pouvoir enfin hospitaliser un malade.

Les urgences de la Source sont débordées, la réa dégueule de malades, les médecines sont pleines à craquer et Mme Rist prétend améliorer l’accès aux soins. Quand on vous dit qu’elle brode sans fil. Faudrait-il peut-être lui rappeler que la bobine est vide depuis des années et qu’elle en est aussi responsable comme députée godillot qui vote le PFLSS (budget de la sécurité sociale) chaque année sans broncher.

Alors ses propositions godillotes…

Les exemples développés dans la République du Centre sont une leçon de chose.

EHPAD : pas de médecin ? Pas grave, grâce à la télémédecine, on fera une consultation à distance. Et on évitera la case urgences.

Quel baratin. Si les résidents des EHPAD sont adressés aux urgences c’est qu’il n’y a pas de personnel qualifié suffisant pour s’en occuper jour et nuit. Pas un seul EHPAD de base du Loiret ne peut aligner une infirmière la nuit 365 jours/an. Même pas une nuit par an !

Et dans la journée il n’y a pas d’infirmière tôt le matin et tard le soir. Les équipes peinent à assurer ne serait-ce que 12 heures/jour. Quant au manque de médecins en EHPAD, comme on fait essentiellement appel à la médecine libérale, ils et elles préfèrent faire tourner leur cabinet et engranger leurs consultations que de patiner dans un mouroir sans moyens comme le sont devenus, malgré eux, bon nombre d’établissements.

Sages-femmes : on ouvre leurs compétences pour les prescriptions, le suivi des femmes enceintes, les maladies sexuellement transmissibles. C’était l’urgence du moment vue par Mme Rist.

Pourquoi pas au final. Mais là encore on pallie surtout au manque de gynécologues obstétriciens. Pour rappel la faculté de Tours forme 5 gynécologues obstétriciens par an pour 6 départements en Centre Val de Loire. Grâce à la liberté d’installation, combien resteront dans la région ?

Et on continue dans la dentelle avec les pharmaciens :

Grâce au Ségur, eux aussi vont pouvoir prescrire pour les petits maux de la vie quotidienne, angines, infections urinaires… Mme Rist n’est pas avare d’exemples. Sauf que pharmaciens et médecins n’ont pas fait les mêmes études. Peu importe les diplômes alors ?

Et pourquoi pas l’automédication ? Ce n’est pas pris en charge par la sécurité sociale en plus. Ce serait génial. Et une bonne verveine menthe, une ! La pensée Ristienne, une vraie philosophie du manque.

Mais n’oublions pas le bouquet final avec ces salauds de médecins mercenaires :

Face à la pénurie organisée de longue date avec le numerus clausus et son ersatz actuel, validé par le ministère et ses locataires nombreux et avariés, l’Ordre des médecins et les organisations professionnelles, la chasse aux médecins est une activité obsessionnelle des patrons hospitaliers. Cette pénurie a été et est encore largement utilisée par les ARS pour précipiter la fermeture des services d’urgences, les maternités et les services de chirurgie. Tout cela a été très utile aux gestionnaires régionaux. Hasard ?

Profitant de cette situation en or, des petits malins, adeptes du capitalisme libéral ont appliqué, à la lettre, la culture de l’offre et de la demande. Les chiffres annoncés par Mme Rist dans le journal local (jusqu’à 5000 €/24 h, Il faut bien impressionner le lecteur chômeur ou smicard) sont très exagérés. Le prix habituel est entre 1500 et 2000 € pour une garde. Mais cela coûte encore très cher aux hôpitaux de faire appel à l’intérim. Ce ne sont pas les salaires du bâtiment. Ne mélangeons pas exploités et exploiteurs. Un smic mensuel pour une garde !

Mais qui a laissé faire, entretenu et même organisé cette pénurie et cette fausse solution qui pompe sans fin nos cotisations sociales ?  En fait qui sont les vrais salauds ?

Si les revenus de l’interim baissent, les médecins s’en détourneront, rentreront dans le rang et la pénurie continuera.

Car qui fait de l’intérim ? En grande partie des hospitaliers qui font cela en plus de leur travail hospitalier pour gagner plus. Vous savez le “travailler plus pour gagner plus”. Ça ne vous rappelle rien ? Certains l’ont mis en pratique avec bonheur.

Alors ces larmes de crocodiles, ces indignations sélectives, cet oubli de ce que vivent malades et soignant-es, n’inspirent que de la colère. Comment cette députée, médecin hospitalier, peut-elle passer avec autant de dédain sur la souffrance endurée par des dizaines de milliers de citoyens et citoyennes, par des centaines, voire des milliers, de ses propres électeurs et électrices, par ses collègues.

N’être qu’un relai de décisions jupitériennes solitaires donne une image de la représentation nationale catastrophique. Décidément broder sans fil à longueur de colonnes de la République du Centre donne une idée de ce qu’est le vide politique de cette équipe de godillots sans lacets.

Un commentaire sur “La Santé et Stéphanie ou l’art de la dentelle sans fil !

  1. Pingback: ORLEANS ALERTE L’HÔPITAL EST SATURE « On est un peu au bout du bout  : constat alarmiste du directeur de l’hôpital d’Orléans, où la réanimation est saturée | «NPA Loiret

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :