NPA Loiret

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On leur met le revolver sur la tempe » : à Orléans et Pithiviers, des soignants manifestent contre l’obligation vaccinale 

Ce mardi, les personnels soignants étaient réunis au pied de l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire, à Orléans, pour dénoncer l’obligation d’être vaccinés à partir de ce mercredi 15 septembre sous peine de suspension de leur contrat de travail. Mobilisation également à Pithiviers.

Comme un peu partout en France, ils sont venus crier leur colère et leur indignation sous les fenêtres de l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire (ARS), au coeur de la cité Coligny, à Orléans.

Ce mardi 14 septembre, à 10h30, quatre-vingts personnes ont manifesté à l’appel de la CGT santé action sociale.

Sous l’oeil des policiers et devant une banderole rouge « Pour les libertés, contre le pass sanitaire », ils se sont rassemblés dans le calme. Dans la foule, quelques blouses blanches mais aussi des libéraux, une aide-soignante à domicile salariée et des retraités venus par solidarité.

« En mars 2020, on était des héros »

Sylvie Bertuit, déléguée générale départementale, explique les réticences des professionnels de la santé et du médico-social, évoquant pêle-mêle tous les arguments contre le vaccin. 

Ce qui dérange aussi ces personnels du secteur de la santé, c’est la stigmatisation dont ils s’estiment victimes :

« En mars 2020, on était des héros, on est monté au front, sans gants, sans masque et avec des blouses en sac poubelle. Et aujourd’hui, on nous fait croire que nous propageons l’épidémie« , exprime Sylvie Bertuit.

Certains manifestants sont vaccinés

Il n’y a pas que des anti-vaccin. Des manifestants sont vaccinés, certains de leur plein gré, d’autres par obligation. Car c’est bien la méthode qu’ils dénoncent aussi : « Si encore ça concernait toute la population ! », s’indigne cette aide-soignante.

« On leur met le revolver sur la tempe« , estime Sylvie Bertuit.

Certains employeurs n’hésitant pas à « harceler » les soignants, par des relances de courriers, des appels, voire des menaces et des affichages de liste de personnels non vaccinés, avance-t-elle.

Pour contre-attaquer, la CGT verra son avocate ce mardi après-midi :

« Nous ferons un recours collectif aux prud’hommes et une procédure pénale en cas de harcèlement », assure la syndicaliste.

Des statistiques sous-estimées, selon la CGT

Cette dernière conteste également les chiffres donnés par la direction du CHRO.

Elle estime que, d’après les remontées de terrain de la CGT, les personnels non vaccinés sont plus nombreux que ce qui est avancé officiellement. Et de
citer : 

  • à Montargis, plus de 300 personnels sur les 2.000 du Cham et des Ehpad, dont 45 médecins qui refuseraient la vaccination,
  • au CHR d’Orléans : 50 médecins et 250 personnels (infirmiers, aide-soignants…) refuseraient d’être vaccinés. La direction de l’hôpital indique elle, que 97 % des personnels sont vaccinés et que « moins d’une dizaine », sur les 5.000 employés, ont reçu un arrêté de suspension de leur contrat. 
  • à Daumézon : 150 lettres auraient été envoyées au personnel réfractaire,
  • à Pithiviers : 15 à 20 % des personnels y seraient opposés.

Des problèmes d’effectif à venir

Ce qui n’est pas sans poser de gros problèmes d’effectifs, à court terme. « C’est malheureux dans un département où l’on manque déjà drastiquement de personnels. On va accentuer les difficultés d’accès aux soins », conclut Sylvie Bertuit.

Une délégation a été reçue par la direction de l’ARS en fin de matinée. 

Les syndicats s’attendent à ce que les premières lettres recommandées signifiant un rendez-vous préalable à la suspension du contrat arrivent à leurs destinataires non vaccinés dans les prochains jours. « La suspension peut durer deux mois. Ensuite, c’est le licenciement. »

Le Conseil constitutionnel, dans un avis du 5 août 2021, rappelle que la loi « exclut que le défaut de passe puisse constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement ».

« On manque déjà de personnel »

À Pithiviers, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital, pour protester contre l’obligation vaccinale des professionnels de santé.

« Aujourd’hui je peux faire mon travail, demain je ne pourrai plus. Mais qu’est ce qui aura changé en moi ? », s’interroge tout haut Carole, secrétaire médicale.

« Ce sont des gens qui ont fait énormément d’heures, ont sacrifié leurs vies de familles, qu’on a applaudi… et maintenant on les pointe du doigt ? », abonde Stéphane, venu soutenir les manifestants.

Les effets sur l’organisation des services à partir de demain sont, eux, difficiles à estimer à l’avance à Pithiviers. La proportion de personnel concerné n’est, pour l’heure, pas vraiment connue.

« Mais on manque déjà de personnel, alors ça ne va rien arranger », pointe Dominique Chéron, représentante CGT. Qui, comme ses collègues, regrette « la division » induite, entre vaccinés et non-vaccinés.

Marie Guibal La République du Centre

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