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Allemagne : Fermeture d’Opel Eisenach : les travailleurs répondent par la lutte et la solidarité internationale !

Eisenach en Allemagne

Depuis le rachat d’Opel et de Vauxhall par le groupe PSA en 2017 à General Motors pour 1,3 milliard d’euros et un chiffre d’affaires record à la hauteur de 1,9 milliard en 2017 malgré ce rachat, tous les feux étaient au vert. En France, le groupe PSA avait baissé sa masse salariale et fait des gains dans ses usines avec les différents plans de suppressions d’emplois et les accords de compétitivité avec leur lot d’aggravation des conditions de travail, de blocage des salaires et une précarisation des emplois.

En 2019 est née Stellantis avec à sa tête Carlos Tavares et 400 000 salariés dans le monde de 150 nationalités différentes. Avec la fusion de PSA, Fiat et Chrysler, c’est un méga groupe mondial qui s’est créé, et les chiffres d’affaires pour les six premiers mois uniquement sont de 6 milliards. Mais ces profits gigantesques ne sont pas dus au génie de Carlos Tavares mais bien à l’exploitation agressive de ses salariés, aux suppressions de postes et aux fermetures de sites de production partout dans le monde. Aujourd’hui, c’est en Allemagne, chez Opel Eisenach, que Stellantis frappe les travailleurs.

Jean Pierre Mercier au rassemblement de soutien aux travailleurs d’Opel

Fin septembre, la direction d’Opel Eisenach a annoncé une fermeture temporaire de trois mois jusqu’en janvier 2022. Mais comment les croire, puisque Stellantis Opel a décidé de transférer l’ensemble de la production des Opel Grandland X vers le site de Sochaux en France ? Qui peut croire une seule seconde que dès 2022, le site d’Opel va à nouveau retransférer la production vers Eisenach ? Les travailleurs d’Opel sont en chômage technique pour des problèmes liés à la pénurie des semi-conducteurs, qui existe pourtant également à Sochaux. En réalité, le transfert de la production du site d’Eisenach vers celui de Sochaux signifie pour les salariés de Sochaux des heures supplémentaires, l’obligation de travailler le samedi et les jours fériés sans aucune embauche en CDI, et pour les salariés d’Eisenach, le chômage et une usine fermée.

La direction a convoqué les salariés de l’usine ce jeudi et vendredi sera leur dernier jour de boulot avant d’être en chômage technique. La direction de l’IG Metall, l’un des principaux syndicats en Allemagne, était en courant et n’en a pas informé les salariés de l’usine pour éviter un mouvement. Un autre point qui met les salariés en colère est le fait que lors d’une réunion des salariés le 29 octobre dans l’usine, lorsque les salariés ont voulu aller voir leurs postes de travail, cela leur a été refusé. Et pendant l’assemblée générale, seul le dirigeant de l’IG Metall de l’usine avait droit à la parole. Les ouvriers n’avaient pas voix au chapitre alors que leur emploi, leur vie et celle de leur famille était en jeu.

Solidarité internationale de la CGT PSA avec les travailleurs d’Opel Eisenach !

Le 29 octobre a eu lieu une journée de mobilisation contre les suppressions d’emplois dans l’automobile, initiée par l’IG Metall dans plus de 50 villes. À Opel Eisenach la manifestation a rassemblé plus de 2000 personnes, dont 1500 travailleurs de l’usine, d’où est partie la manifestation, et a réuni des délégations de la sous-traitance automobiles et de Volkswagen qui avaient pris trois bus pour venir soutenir les travailleurs d’Opel. Une délégation de 35 militants des usines CGT du groupe PSA de toute la France était également présente, avec notamment des camarades de Sochaux qui trouvent le transfert de la production et le risque de fermeture de l’usine d’Eisenach qu’il implique scandaleux. Cette solidarité rappelle que les travailleurs n’ont pas de patrie mais des intérêts communs, d’autant plus lorsqu’ils ont le même patron ! Elle montre la nécessité de commencer à se coordonner contre les suppressions d’emplois dans l’automobile, et ce, partout dans le monde, des sous-traitants à l’ensemble des salariés et à l’ensemble de la population, puisque l’ensemble de la région sera sinistrée. Mais cette lutte n’est pas que celles des salariés d’Opel Eisenach mais de toutes les usines du groupe dans le monde, puisque quand un seul ouvrier est attaqué, c’est nous tous qui sommes attaqués !

La direction de l’IG Metall doit engager une grève massive, dirigée et contrôlée par les ouvriers à la base

Nous savons que la bureaucratie de l’IG Metall ne veut surtout pas d’affrontement avec la direction et le gouvernement, et c’est d’ailleurs les camarades qui se sont organisés au sein même du syndicat dans une opposition de gauche qui le disent. Lors de la réunion du conseil d’entreprise la bureaucratie a refusé la présence de la délégation française de la CGT alors qu’elle avait été invitée pour populariser la lutte et mettre sur pied une coordination au niveau européen. Mais cela ne nous a pas empêchés d’organiser une distribution de tracts en direction des ouvriers de l’usine pour leur exprimer notre solidarité et leur dire que nous sommes prêts à organiser avec eux la lutte contre la fermeture de l’usine.

Puisqu’en Allemagne, la grève est très encadrée et que les grèves de solidarité sont interdites, il faut faire au vote de l’ensemble des salariés, et pour certains une grève de pression. Mais des camarades de l’usine Opel à Bochum, qui ont eux aussi subi une fermeture d’usine, étaient partis en 2004 en grève contre les 12 000 licenciements prévus. Cette grève, sauvage puisque considérée illégale par la loi, était une grève dirigée par la base des ouvriers. Et à l’époque déjà, l’IG Metall était en grande difficulté devant cette détermination ouvrière. Et si elle n’a pas pu empêcher la fermeture de l’usine, elle l’a reculée de dix ans. C’est cette voie que doivent suivre les travailleurs d’Eisenach et c’est un travail important à mener, car ce n’est pas à quelques syndicalistes grassement payés par le patronat allemand de décider des modes d’action de la classe ouvrière !

En Allemagne comme ailleurs, c’est au patronat de payer la crise !

Comme à chaque fois que la concurrence se durcit, le patronat fait payer la crise à la classe ouvrière. Mais dans ce cas, il faut exiger l’ouverture des livres de comptes : qu’ils montrent leurs soi-disantes difficultés financières aux ouvriers qu’ils veulent licencier ! Pour le groupe Stellantis, qui a fait 6 milliards en 6 mois, cela risque d’être difficile de les convaincre, surtout que d’ici la fin de l’année ces chiffres devraient encore augmenter, sans parler des dividendes versés aux actionnaires. Comme le dit le slogan : de l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! Et en termes d’économies, ce sont les ouvriers, qui construisent tout, qui sauront quelles sont les économies à réaliser, et en premier lieu sur les salaires énormes des dirigeants et des actionnaires parasites ! Surtout, contre la casse sociale orchestrée par Stellatis, il faut exproprier le groupe sans indemnité ni rachat, sous contrôle des travailleurs, qui sauront décider de la production au service de l’ensemble de la population et non pour faire des profits.

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