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Orléans : Marche nocturne contre les violences faites aux femmes ! 25 novembre 2021 !

Environ 250 personnes ont défilé dans les rues d’Orléans ce 25 novembre 2021 lors d’une marche nocturne pour dénoncer les violences faites aux femmes par des hommes. 

Par Sophie Deschamps Mag’Centre

Marche nocturne d’Orléans du 25 novembre 2021 proposée par le collectif offensive féministe 45. Photo Sophie Deschamps

Le rassemblement s’est fait symboliquement place de la République sous la statue de Marianne à 18h30. Une marche nocturne proposée par le collectif Offensive Féministe 45 et comme l’explique l’une de ses membres Jany Maufrais «parce que nous voulons en tant que femmes nous réapproprier la rue, y compris de façon nocturne. On nous accuse parfois de chercher les ennuis en circulant seules la nuit. Donc nous voulons dire haut et fort que nous avons le droit à l’espace public comme tout le monde, y compris la nuit ».

Des femmes qui s’identifient à Rosie la riveteuse

Les femmes de ce collectif Offensive féministe 45 étaient habillées en Rosie la riveteuse. Une ouvrière américaine des années 40, égérie de nombreuses féministes aujourd’hui et reconnaissable à son bleu de travail et à son foulard rouge à pois blancs noué sur la tête. Une mise en scène soignée pour attirer l’attention et exprimer leur colère après les 101 féminicides de 2021 : « Oui nous sommes en colère car si nous regardons autour de nous, il y a des pays qui prennent des mesures. En Espagne les bracelets électroniques sont obligatoires pour les hommes violents afin de s’assurer qu’ils respectent bien les mesures d’éloignement du domicile de la femme. Il y aussi un référent par commissariat pour suivre les femmes. Et surtout il n’y a pas forcément besoin que la femme porte plainte pour qu’il y ait une poursuite. Toutes ces mesures ont fait leurs preuves au niveau des statistiques. » 

Autre préoccupation, l’éviction du conjoint violent du domicile : « On aimerait plus de logements pour les femmes victimes de violence. Mais qu’elles puissent aussi rester chez elles. C’est toujours à elles de partir alors que ce sont elles les victimes. On aimerait aussi plus de téléphones d’urgence, et plus de subventions aux associations qui militent et qui aident ces femmes.» 

Jany Maufrais reconnaît toutefois les progrès accomplis par les pouvoirs publics : « On voit que le juge de Montargis demande beaucoup de choses et les obtient. Ce sont par exemple des taxis pour emmener les femmes victimes de violences à l’hôpital ou dans des logements d’urgence et c’est très bien.» 

Prendre le problème à la racine

Pour Sabine Gauthier, autre membre d’Offensive féministe 45, il est urgent de prendre le problème à la racine : « Il faut prendre des mesures dès l’école, dans la sphère publique et privée, partout. Des campagnes à la télévision pour dire que c’est inadmissible, que ça ne fait pas partie de la normalité de la vie, que la violence est tout simplement interdite de cité. Sans oublier que les enfants subissent aussi les violences faites aux femmes. »

Faire entendre la voix de toutes les femmes

Le but de cette marche nocturne était aussi de permettre la prise de parole par des femmes pour que leur voix soit entendue. Un combat essentiel pour Jany Maufrais : « Oui, il faut redonner de la voix aux femmes. Parler aussi au nom de toutes celles qui sont mortes cette année, les 101 et de toutes celles qui ne peuvent pas s’exprimer, qui sont brimées. Témoigner, faire du bruit, être présentes et montrer que la violence ne peut pas continuer ainsi. Dire haut et fort que non, les femmes ne cherchent pas la violence. Que non, elles ne cherchent pas le viol. On a le droit de s’habiller comme on veut et il faut les aider. » 

Et combattre aussi toutes les violences, un impératif pour Sabine Gauthier : « Il n’y a pas que les violences physiques et les meurtres. Il y a aussi toutes les violences qui viennent avant. Notamment les violences psychologiques qui diminuent les femmes et les empêchent d’exister en leur faisant croire qu’elles sont des moins que rien alors qu’elles sont victimes. Sans oublier les violences économiques. Parce qu’effectivement quand on n’a pas de travail ou que l’on est dans la précarité, c’est beaucoup plus difficile de partir surtout quand il y a des enfants.»

Hélène de Nous Toutes 45 pendant la marche nocturne d’Orléans du 25 novembre 2021. Photo Sophie Deschamps

Nous Toutes 45 

Les pancartes violettes du défilé ont été conçues par l’association nationale # Nous Toutes pour la grande manifestation du 20 novembre dernier à Paris. Mais il existe aussi un collectif local Nous Toutes 45 dont Hélène fait partie : « Je suis engagée depuis 2019 et je trouve que Nous Toutes est plutôt intelligente et assez visible. Elle arrive à organiser des belles choses et c’est un mouvement qui me plaît. J’ai notamment participé aux formations de lutte contre les violences et notamment celle qui enseigne la règle des 5D pour réagir quand on est témoin d’une agression. Car c’est important de ne pas être passif et de ne pas laisser une femme seule. Déjà avant Nous Toutes, on se disait, va à côté d’elle et fais semblant de la connaître juste pour qu’elle ne soit pas seule. C’est cela la sororité. »

La présidente nationale du Planning Familial 

Sarah Durocher, présidente nationale du Planning Familial trouvait normal d’être présente à Orléans même si elle avait déjà défilé le samedi 20 novembre à Paris : « Cette manifestation a été un super moment. Il y avait beaucoup de monde, énormément de jeunes et d’associations féministes. C’était super d’être ensemble pour interpeller le gouvernement sur la question des violences. Donc pour moi ça allait de soi de venir voir mes camarades féministes sur Orléans. » Pour le Planning la priorité numéro 1 est la prévention des violences : « Aujourd’hui on a une clé pour agir, c’est l’éducation à la sexualité. Et le Planning en fait depuis 40 ans. On a donc une sacrée expertise et c’est vrai que c’est l’une des solutions. Ça prendra du temps mais il faut que cela devienne une obligation permanente dès le plus jeune âge et toute sa vie. »

Des hommes présents dans le cortège

Même s’ils étaient évidemment moins nombreux, des hommes ont défilé aux côtés des femmes : « Je suis là par solidarité. Il est plus que temps de faire quelque chose quand on sait la façon dont les femmes sont reçues au commissariat ou à la gendarmerie après un viol ou une agression. Il y a encore beaucoup trop de désinvolture et elles ne sont pas prises en considération. »

Des hommes aussi très lucides parfois sur les rapports hommes-femmes : « C’est compliqué d’empêcher un homme de mal faire. Il faut donc de la persévérance et de l’éducation, de la culture et de l’intelligence. D’une manière générale, il faut éduquer le monde. Et même pour ces hommes-là, il faut de l’éducation en prison pour qu’ils ressortent libérés de leurs démons.»

Le cortège s’est séparé place de Loire après une halte place du Châtelet avec de nouvelles prises de parole de femmes tandis que pour une fois les hommes ont écouté. 

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